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La démocratie va de pair avec la bonne gouvernance qui exige transparence et ce que les anglais appellent accountability (responsabilité). 6 ans de gestion de Renaissance , 6 ans d’épreuves qu’est la gouvernance sous le contexte actuel où, si on n’y prend garde, n’est pas prêt à accepter d’être gouvernant qui le voudrait tant des contraintes d’un genre nouveau caractérisent désormais l’art de diriger les hommes. Le président Issoufou est le premier à se soumettre à ce contexte assez périlleux où subitement la citoyenneté est pleinement assumée en ce sens que les citoyens des villes et villages avec les merveilles des réseaux sociaux exercent également leur contrôle de l’action gouvernementale. Que dire de la gouvernance des autorités de la 7ème République face aux réseaux sociaux ? Cet article lance le débat.

Depuis le printemps arabe en 2010, ces contestations populaires qui avaient secoué le monde arabe, gouverner n’est plus une sinécure. C’est d’autant plus compliqué qu’avec l’avènement des réseaux ou médias sociaux, l’exigence des citoyens c’est de voir l’érection d’un e-gouvernement c’est-à-dire une administration où tout est public. Mais aussi et surtout où leur point de vue compte au quotidien.

« Les médias sociaux utilisent l’intelligence collective dans un esprit de collaboration en ligne. Par ces moyens de communication sociale, des individus ou des groupes d’individus qui collaborent créent ensemble du contenu web, organisent ce contenu, l’ indexent, le modifient ou le commentent, le combinent avec des créations personnelles. Les médias sociaux utilisent de nombreuses techniques, telles que les flux RSS et autres flux de syndication web, les blogues, les wikis, le partage de photos (Flickr), le vidéo-partage (YouTube), l’organisation de sorties amicales, les podcasts, les réseaux sociaux, le bookmarking collaboratif, les mashups, les mondes virtuels, les microblogs, et plus encore », nous informe l’encyclopédie en ligne.

C’est sous cet univers trop exigeant qu’en 2011 le gouvernement de la 7ème République sous l’impulsion du président Issoufou Mahamadou et le premier ministre Brigi Rafini avait pris les commandes des affaires du pays.

Un peu partout, l’on a vu des mouvements sociaux amplifiés par les réseaux sociaux faire chuter des gouvernements ou régimes. La Tunisie, l’Egypte, le Burkina Faso, pour ne citer que ceux-là, avaient mis en évidence les prouesses des réseaux sociaux.

Si traditionnellement, il suffisait pour les régimes de censurer les médias pour s’imposer ou imposer leurs mauvaises pratiques, avec les médias sociaux non seulement la censure est inopérante mais aussi les limites de celle-ci sont évidentes.

Sous la 7ème République, ces nouveaux acquis de notre temps ont joué leur rôle tant dans la promotion de l’image du régime et du Niger que dans la subversion. L’on a vu tour à tour ces communicateurs d’un genre nouveau taxés de « laudateurs » du gouvernement, ceux qui avaient choisi d’accompagner la Renaissance du Niger. Ceux-là considérés comme des « chiens de garde » ou laquais du régime en place sont mal vu et on tend à minimiser leur conviction ou leur bonne foi d’accompagner la gouvernance des autorités du moment.

Il y a également ce lot d’intellectuels indépendants, des opposants et bien d’autres nihilistes et pyromanes qui avaient tout tenté pour réaliser un « balaie citoyen » au Niger. On peut noter aussi ces têtes brûlées et coupeurs de cheveux en quatre, s’érigeant en éditorialistes de circonstance, s’autoproclamant indépendants, tapis tant dans des officines des partis politiques que de l’administration centrale, qui ont passé leur temps à pourfendre le régime d’Issoufou. Ceux-là ont fini par faire le deuil de leur prétendue indépendance car l’opinion avait très vite compris leur jeu.

Il y a eu par moments, des épreuves vécues par le régime d’Issoufou où véritablement les médias sociaux ont été mis à contribution pour nuire à l’administration d’Issoufou et à ses ténors. Parmi ces moments, on peut rappeler entre autres la crise à l’Assemblée nationale, l’achat du Mont Greboun (l’avion présidentiel), la construction des échangeurs à Niamey, l’affaire dite « Charlie » et les événements des 17 et 18 janvier 2015, le retour de Hama Amadou le 14 novembre, la crise scolaire avec l’assassinat de Mala Bagalé, etc.

Le mode opératoire des détracteurs du régime d’Issoufou reposait principalement sur une stratégie de communication assez spécieuse : propagation des fausses nouvelles, attaques en règle du régime sur des thématiques bien conçues et distillées aux animateurs des réseaux sociaux. Le pire c’est le recours aux messages identitaires comme armes de certains politiciens. Dans ce sens, l’on a vu des actions de réseautage, des vidéos dont l’appartenance des auteurs est bien connue.

Un coup d’épée dans l’eau…

Mais c’était sans tenir compte du fait que le président Issoufou s’était bien préparé à faire face au nouveau contexte tant des médias traditionnels que sociaux. Premier président à adopter la déclaration de la Montagne de la table visant à : « Abolir les lois sur la diffamation et l’injure publiques en Afrique et replacer la liberté de la presse au cœur des discussions. »

Cette déclaration, rappelle-t-on, « est un appel solennel à tous les Africains, et particulièrement ceux au pouvoir, à reconnaître que le progrès politique et économique qu’ils appellent de leurs vœux ne peut aboutir que dans un environnement où la presse est libre et indépendante de tout contrôle gouvernemental, politique ou économique. »

Et le président Issoufou, c’est un rappel, à l’opposition déjà, il a promis de ne jamais porter plainte contre un journaliste. Cette vision ou prédisposition a eu pour corollaire, sous sa gouverne, la dépénalisation du délit commis par voie de presse au Niger.

Au bilan, la presse est totalement libre aujourd’hui. Pour s’en convaincre, il suffit de parcourir les différents titres de la presse écrite nigérienne ou les médias audiovisuels dans ce pays où citoyens, journalistes, acteurs de la société civile ou hommes politiques jouissent pleinement de cette liberté fondamentale qu’est la liberté d’expression.

C’est vrai qu’on avait assisté un moment à la censure des réseaux sociaux. Une zone de turbulence savamment entretenue par les adversaires du régime. Ce qui est bien regrettable mais tout de même compréhensible puisque l’unité nationale était en cause à travers des propos malheureux que certains diffusaient sur les réseaux sociaux. Si le rang du Niger, classé par Reporter Sans Frontières, est passé 175ème en 2011 au 47ème en 2014, c’est justement parce le régime en place a bien voulu créer un terreau favorable.

Au Niger, contrairement à une époque récente où les autorités refusaient le fonds d’aide à la presse aux organes indépendants, sous la 7ème République les organes dits de l’opposition bénéficient du fonds d’aide à la presse. Et chaque année durant le 1er quinquennat d’Issoufou c’est 200 millions de fonds d’aide de 2012 à 2014 et 250 millions à partir de 2014 qui sont distribués par le Conseil Supérieur de la Communication à la presse privée. Et ce, pour contribuer à aider cette presse à jouer pleinement son rôle. L’on se souvient encore, sous la 5ème République, le premier ministre d’alors a dit à qui voudrait l’entendre qu’il ne donnait pas le fonds d’aide à la presse privée qui l’insultait, la presse indépendante, s’entend.

On le voit, les choses ne sont plus comme avant. Aujourd’hui avec les réseaux sociaux, la participation à la vie publique et le contrôle de l’action gouvernementale sont devenus l’affaire de chacun et de tous. Les différents candidats qui aspirent à gouverner ce pays doivent s’accommoder avec cette réalité.

Sous le royaume de Mark Zuckerberg (NDRL : fondateur de Facebook), tout citoyen devient un journaliste en puissance. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication obligent les gouvernants à avoir ce reflexe qui n’est que signe du temps. Nous sommes plus que jamais à l’ère de la bonne gouvernance où le gouvernant doit se dire que tout se sait en temps réel.

Le régime d’Issoufou qui a servi de cobaye à cette nouvelle ère, s’est plus ou moins bien tiré d’affaires. On a vu comment la tentation est grande pour le personnel administratif, souvent mu par la fibre patriotique, de mettre à la disposition des citoyens des informations ultra confidentielles. C’est dire que le remède à l’adversité des réseaux sociaux c’est simplement de se prémunir d’un esprit véritablement démocratique où la transparence et la rigueur dans les principes constituent les vertus cardinales.

Une diplomatie d’avant-garde…

Dans ce contexte où la facilité et l’irresponsabilité amènent certains à peindre tout en noir au Niger, le président Issoufou a plus que jamais boosté l’image de notre pays. Aujourd’hui au plan de la diplomatie, le Niger a axé son action sur l’amélioration de la visibilité du pays en présentant ses potentialités économiques et les avantages qu’offre le pays aux investisseurs. La diplomatie a également été axée sur le maintien de la paix et de la sécurité dans la sous-région à travers un fort d’investissement en moyens matériels, humains, et financiers dans ce domaine et sa participation aux efforts à l’échelle internationale.

Selon nos sources diplomatiques, la période 2011-2014 a été intense en activités diplomatiques se traduisant par des visites à l’extérieur des plus Hautes Autorités du pays, l’organisation et la participation à des fora, conférences, symposiums à travers le monde, afin de faire connaître le pays et ses potentialités, attirer les investisseurs et booster le développement. Pour élargir la carte diplomatique, plusieurs représentations diplomatiques ont été ouvertes à travers le monde et des représentations étrangères ont été accueillies au Niger. De plus, les relations existantes ont été renforcées et dynamisées avec une douzaine de pays africains, 10 d’Asie, 10 d’Europe, 3 d’Amérique et 2 de l’Océanie.

Des mêmes sources, l’on apprend que le Niger a organisé dans plusieurs pays du monde (Londres, Paris, Singapour, Istanbul, Bruxelles…) des tables rondes et des conférences afin de mieux faire connaître les potentialités d’affaires et présenter les gros chantiers du Niger. Cela a suscité un regain d’intérêt de la part de plusieurs investisseurs français, britanniques, chinois, Singapouriens et turcs pour le Niger.

C’est bien connu le Niger est présent de plus en plus dans tous les rendez-vous qui importent pour le monde et la sous-région. Et à ces rencontres, le Niger ne fait plus de la figuration. Sa voix porte comme récemment lorsque le président Issoufou rappelait aux pays du G7 le manquement à leur engagement au nom de la sécurité de sous-région du Sahel et du continent. En effet, il a raison cet acteur de la société civile qui a dit que la voix du Niger porte avec Issoufou non seulement le message du Niger mais aussi des autres. Récemment le président Issoufou a boycotté le Sommet de la CEDEAO pour être constant avec nos principes à savoir la constance de l’amitié de notre peuple à l’endroit du peuple palestinien. Cette prouesse est à mettre à l’actif du chef de l’Etat Issoufou Mahamadou qui ne s’est pas laissé décourager ou abattre par les mauvaises habitudes et le nihilisme de quelques-uns de ses compatriotes. Nous disons que Issoufou a tenu bon face aux réseaux sociaux. En cela mention spéciale à lui et son gouvernement. A ses successeurs de savoir tenir compte du fait qu’à chacun son tour chez le coiffeur !

Elh. Mahamadou Souleymane