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Quelques personnes essentiellement des membres de la famille d’Ali Téra et des militants du FA-Lumana (la formation politique pour laquelle il milite) ont manifesté Lundi à Winston Salem (Caroline du Nord) devant le bureau d’un parlementaire pour lui demander d’intercéder auprès de la Justice américaine afin d’éviter la déportation de l’intéressé vers le Niger où selon eux il risque la mort pour ses opinions politiques. Sauf que les ouailles du tristement célèbre Ali Marounfa doivent prendre leur mal en patience puisque son sort est désormais tributaire d’un juge fédéral.

Une demande qui a cependant très peu de chance d’aboutir car outre qu’Ali Téra est en situation irrégulière aux Etats-Unis depuis presque 25 ans, le prévenu a un mauvais casier judiciaire (bad criminal record). Ali Téra est un prototype de proie facile pour l’administration de Trump qui entend appliquer rigoureusement les lois et règlements sur l’immigration. Pour Washington, le Niger du président Issoufou Mahamadou est également un modèle de démocratie en Afrique, un pays sans prisonnier politique où la presse est libre et les droits constitutionnels garantis. Ce qui en dit long sur une éventuelle demande du Niger d’extrader cet indélicat apatride.

Que reproche-t-on à Ali Téra ?

M.Bryan Cox, le Directeur en Communication du Homeland Security Investigations (ICE), une unité spécialisée de la police américaine qui détient Ali Téra a pour l’instant refusé de détailler les charges qui pèsent sur lui pour des raisons d’enquête. Ce sera dit-il à un juge fédéral de l’immigration de décider de son sort, notamment une déportation ou extradition vers Niamey. Pour l’instant, on ignore en outre si le Niger a formulé une demande d’extradition du prévenu pour ses YouTube vidéos inflammatoires, ses incitations à la haine et à la violence et ses appels au renversement des institutions de la 7ème République. Selon une source non officielle, Interpol serait bel et bien saisi du dossier d’Ali Téra au moment fort de son terrorisme à l’encontre des autorités du Niger. Demande d’extradition ou pas, on se rappelle que Washington a décidé de renvoyer vers leurs pays d’origine les sans-papiers, prioritairement les criminels de la trempe d’Ali Marounfa, des gens qui constituent un danger public et une menace pour la sécurité du pays.

Un test de bonne foi de Washington en matière de lutte contre le crime organisé

Pour de nombreux observateurs, le dossier Ali Téra est un vrai test dans la coopération entre Niamey et Washington en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. C’est le moment disent-ils de démontrer que cette coopération n’est pas à sens unique. Les américains sont sur le point de construire au Niger une prison de haute sécurité. Il sera préférable qu’elle ouvre ses portes avec des criminels de la trempe d’Ali Marounfa estiment-ils, à la fois pour les crimes commis aux Etats-Unis mais aussi au Niger.
Mais attention préviennent certains compatriotes vivant à Greensboro (communément appelé petit Niamey) qui connaissent bien ce « trouble maker » (fauteur de trouble). « En vrai criminel Ali Téra n’a peut-être pas encore dit son dernier mot’’, préjugent-ils. Il se pourrait qu’il ne soit pas venu aux Etats-Unis avec un passeport nigérien, supposent d’autres. D’aucuns avancent déjà qu’il détiendrait un passeport Togolais ou Ghanéen !

Que risque Ali Téra ?

Trois (3) hypothèses se dégagent dans le dossier d’Ali Téra. La première hypothèse, ce que le juge fédéral d’immigration décide de lui accorder l’asile politique et régularise sa situation. Ce pourquoi justement ses proches se battent. Dans la seconde hypothèse, le justice refuse les arguments des avocats du prévenu et décide de le renvoyer vers son pays d’origine en se basant non seulement sur son mauvais casier judiciaire mais aussi sur le caractère démocratique du régime nigérien. C’est l’hypothèse la plus plausible. En fin, il n’est pas aussi exclu qu’Ali Marounfa fasse les frais de la coopération entre Niamey et Washington en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, un domaine chère aux américains. Dans tous les cas, le casier judiciaire de l’intéressé pèsera lourd dans la décision de justice.

Maaroupi Elhadji Sani (USA)