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Il y a un travers qui ne nous lâche pas au Niger : c’est la très forte influence des partis politiques dans la gestion de l’Etat. Le gouvernement de la République c’est le gouvernement des partis, l’administration publique c’est l’administration des partis et ainsi de suite. Or Dieu seul sait ce qu’on a comme partis politiques au Niger, ce qui explique que très peu acceptent d’affronter les urnes.

Tant que l’on ne déconnectera pas le gouvernement et l’administration publique de l’emprise mercantiliste des partis politiques, on aura toujours de gros grains à moudre. Le président de la République et le Premier ministre, ayant été pris en otage, ils n’ont eu d’autre choix que de constituer un gouvernement pléthorique et donc inefficace, bon pour caser quelques militants chevronnés. Cela se répercute sur l’administration qui est censée contribuer à impulser le développement. Une administration des partis, vue et admise comme l’endroit pour caser des militants « qui se sont mouillés les chemises et les boubous », ne peut être capable d’inventer et de planifier le développement, de consommer les crédits mis à sa disposition. La réforme de l’Etat passe nécessairement par la réforme de l’administration où seront nommés les personnes disposant du profil, en respectant la formule de l’homme ou de la femme qu’il faut à la place qu’il faut.

Ces derniers temps, on le voit, il y a une sorte de course contre la montre pour engranger le plus de postes dans l’administration. Peu importe les gens qui seront nommés parce que ce sont les partis qui nomment. On voit des gens sans profil adéquat, sans expérience, qui sont propulsés à de hautes fonctions, souvent pour avoir sous leurs ordres des personnes plus gradées qu’eux ou qui leur ont appris le métier. Même au sein des partis, les plus compétents sont souvent laissés sur le bord de la route au profit des zélateurs, des membres de la cour des chefs de partis. Il faut absolument revenir aux normes, à la vocation de l’administration si nous voulons emprunter la trajectoire du développement.

Tiémogo Bizo