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Activiste à la José Bové, l’ altermondialiste français, Nouhou Arzika se définit comme un ‘’anticonformiste’’. Très prolixe, Nouhou Mahamadou Arzika passe pour un grand exégète de la constitution qu’il connaît de mémoire. Le président fondateur du Mouvement Patriotique pour la Promotion d’une Citoyenneté Responsable (MPCR) excroissance de la coalition équité qualité pour la lutte contre la vie chère du 15 mars 2005 se veut un grand témoin et acteur de notre processus démocratique. C’est à cœur ouvert qu’il lève un coin de voile sur son approche du travail citoyen. Il a bien voulu répondre également aux questions d’actualité.

 

Niger Inter : Présentez-vous à nos lecteurs et internautes.

Nouhou Mahamadou Arzika : On m’appelle Nouhou Mahamadou Arzika. Je suis un économiste de formation et un acteur de la société civile, qui s’est intéressé très tôt à l’action société civile. J’ai perçu cela comme un angle par lequel je peux apporter ma contribution citoyenne à l’œuvre de la construction nationale. Voilà pourquoi, je suis ce que je suis aujourd’hui.

Niger Inter : Vous êtes justement connu comme un acteur de la société civile très engagé. Mais certains disent que vous êtes incompris du fait que même au sein de la société civile votre approche est assez singulière. Que répondez-vous ?

Nouhou Mahamadou Arzika : C’est sûr que notre approche de l’action  société civile peut être considérée comme singulière parce qu’en ce qui nous concerne, nous avons une perception assez précise de ce que doit être l’action de la société civile citoyenne qui a vocation à rendre possible, par l’action menée au titre de la société civile, la défense de l’intérêt général de la nation et du peuple, des droits de l’homme dans leurs diversités et de la démocratie.

De mon point de vue, on ne saurait être un acteur qui défend de façon impersonnelle la démocratie et les droits de l’homme en ayant un penchant qui puisse prendre la forme partisane. Cela pourrait entacher notre rôle et notre mission par rapport à ce que nous nous sommes assignés comme objectifs.

Défendre les droits de l’homme, c’est défendre l’homme tout court quelque soit son rang social, indépendamment de son appartenance raciale, ethnique, régionale, partisane ou autre. Qu’il soit civil ou militaire, nous nous sommes fait le devoir de lui apporter notre assistance selon la nature de son problème pour voir dans quelle mesure nous pouvons lui apporter notre contribution. Et nous avons considéré qu’il faut mener notre action société civile dans un cadre démocratique citoyen, qui permet à la vraie démocratie citoyenne de s’observer dans notre pays.

Pour nous la vraie démocratie, c’est celle qui  garantit à tous les citoyens leur dignité, qui respecte le peuple dans son ensemble en tant que détenteur exclusif de la souveraineté et garant de la dévolution démocratique du Pouvoir d’Etat.

A la différence des royaumes connus dans l’histoire où un seul homme détient tous les pouvoirs, en démocratie le pouvoir appartient à tout le peuple et c’est lui qui le délègue souverainement à qui il veut. C’est en cela qu’on parle de gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Niger Inter : Justement pour le cas du Niger d’aucuns contestent l’élection des autorités actuelles en disant que les dernières élections n’étaient pas régulières. Que répondez-vous ?

Nouhou Mahamadou Arzika : Justement il y a eu des appréciations divergentes des conditions de la tenue des dernières élections générales de 2016. Mais, Je vais donner mon point de vue indépendamment des considérations partisanes ou politiciennes. Car ce qui m’intéresse, c’est le fonctionnement du dispositif institutionnel et juridique, qui régit les élections au Niger. Il y a certes eu des difficultés et incompréhensions au niveau du fichier électoral, qui était une pomme de discorde.

Mais, du moment où un consensus a été trouvé sur le fait de travailler sur la base du fichier classique à défaut du fichier biométrique, il n’y a pas lieu de poursuivre la contestation de ce fichier après le fameux audit de l’OIF. Et je rappelle par rapport au premier tour, tout le monde avait participé et il n’y a pas eu de contestation en tant que telle.

C’est quand il s’est agit d’aller au second tour que certains acteurs politiques de l’opposition regroupés au sein de la COPA, ont stratégiquement décidé d’œuvrer à discréditer le processus en plaidant pour le boycott et en dénonçant le processus en lui-même. C’est de bonne guerre entre politiciens.

Mais, en tant que membre de l’observatoire, car nous avons créé un observatoire appelé Observateur Nigérien des Elections Démocratiques (ONED), nous sommes tenus de dire fidèlement ce que nous avons observé. D’ailleurs, à travers cet observatoire, nous avons été plus loin en procédant à l’observation de tout le processus électoral en amont et en aval.

Nous avons formulé des critiques et des observations, qui viennent d’ailleurs d’être prises en compte à travers la révision récente de la constitution.

Nous avons relevé et dénoncé des manquements et également appelé au respect des lois électorales, qui interdisent aux acteurs un certain nombre de comportements et de libéralités comme l’achat de conscience, la corruption et l’usage des moyens de l’Etat pendant la période électorale. Mais, très malheureusement tous les candidats et les partis politiques de tout bord se sont adonnés à ces pratiques illégales au vu et au su des autorités électorales chargées de sanctionner les contrevenants. C’est dans ces conditions que les dernières élections ont été organisées et les résultats ont été validés par qui de droit pour consacrer la réélection du candidat Issoufou Mahamadou et tous les députés de la nouvelle législature.

Niger Inter : Vous êtes membre fondateur du Mouvement pour la Promotion de la Citoyenne Responsable (MPCR). Quels sont vos objectifs à travers ce mouvement ?

Nouhou Mahamadou Arzika : Je disais tantôt que nous avons opté pour l’action société civile citoyenne pour apporter notre contribution à l’œuvre de construction et l’édification de notre nation que nous voulons une République une et indivisible, démocratique et sociale. Pendant que certains choisissent de faire la politique à travers les partis politiques pour concourir à l’expression du suffrage, gagner le pouvoir d’abord avant de faire quelque chose pour le peuple ; Nous avons pensé qu’on n’a pas besoin de dire que pour servir notre pays et notre peuple tel qu’on doit le faire dans le cadre de l’action société civile, qu’il faut attendre une quelconque attribution ou une position de Pouvoir pour agir.

Le seul fait d’être des citoyens est un pouvoir suffisant pour nous permettre d’avoir la possibilité de mener un certain nombre d’actions afin d’apporter notre contribution à la construction nationale pour défendre l’intérêt général, les droits de l’homme et des peuples ainsi que la démocratie.

Le combat que nous avons mené durant les années antérieures nous a permis de créer le Mouvement Patriotique Pour la Promotion de la Citoyenneté Responsable.

Il s’agit pour nous d’œuvrer pour créer une conscience nouvelle au niveau des citoyens nigériens de manière que chacun prenne conscience de la nécessité de la défense et de la construction de la Nation en toute responsabilité citoyenne dans le cadre d’une république, une et indivisible, démocratique et sociale.

Nous refusons le conformisme et le mimétisme inhibant pour toute idée novatrice. D’ailleurs, nous sommes totalement anti conformistes et nous avons une vision de la vie en république dans le cadre de la démocratie  citoyenne que nous prônons et partageons avec tous les concitoyens.

C’est peut-être pourquoi, nous sommes souvent incompris de ceux, qui sont embrigadés par les idées reçues, auxquelles, ils s’y conforment béatement sans aucun esprit critique ni volonté d’adaptation à la réalité de notre contexte.

Nous œuvrons pour une démocratie citoyenne, une démocratie du développement pour garantir le bien être individuel et collectif ainsi que l’épanouissement de tous et de chacun.

Pour nous, chaque citoyen, là où il est, dans toutes les circonstances, doit agir et exercer sa citoyenneté en toute responsabilité, en ayant permanemment  en conscience notre commune volonté de bâtir une République une et indivisible, démocratique et sociale, qui soit un Etat de droit, qui assure à tous l’égalité devant la loi et les services publics.

Niger Inter : Très attaché à la Constitution, comment expliquez-vous votre participation à la démolition de la 5ème République sous le régime de Tandja ?

NouhouArzikaNouhou Mahamadou Arzika : Vous me faites rires. Quand j’entends les gens parler de la démolition de la constitution de la 5ème République, je considère tout simplement que c’est des gens qui ont une insuffisance de la connaissance du contenu même de la constitution qu’ils prétendent défendre.

La constitution de la 5ème République dans son préambule même, elle a proclamé l’attachement du peuple nigérien aux principes de la démocratie pluraliste, aux droits de l’homme tels que définis par la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et  la charte africaine des droits de l’homme et des peuples de 1981 ainsi que tous les textes subséquents. Et la constitution c’est un tout.

Lorsque le problème s’est posé, nous en tant que défenseur des droits de l’homme et de la démocratie, nous n’avons fait que notre devoir d’acteurs de la société civile citoyenne en donnant l’information sur la possibilité légale de changer la constitution pour tenir compte des nouvelles aspirations du peuple, s’il y a lieu.

Il s’agissait notamment de trouver le mécanisme, qui pourrait permettre au Président Tandja de briguer un troisième mandat ou de bénéficier d’une rallonge de trois ans de son deuxième mandat pour lui permettre de finir les grands chantiers qu’il avait commencé. Or ces deux  formules de revendications sont sans réponse possible au regard la constitution en vigueur du 09 aout 1999.

Mais, par contre, il est bien possible de changer de constitution pour passer à une autre, qui pourrait prévoir de rendre possible la suppression de la limitation de mandat et/ou la prolongation du mandat du Président en exercice sous réserve de soumettre le nouveau texte à un référendum constitutionnel pour permettre au peuple de trancher démocratiquement. Je rappelle que nous sommes dans une République, les aspirations du peuple ne sont pas statiques, elles sont dynamiques.

Et c’est en vertu de ce dynamisme là et des textes ci-haut invoqués, que le peuple peut s’arroger le droit de changer d’orientation politique, le droit à disposer de lui-même et le droit de changer sa constitution.

Je le dis aujourd’hui encore, si le peuple souverain veut changer d’orientation par rapport à la démocratie « hasardeuse » actuelle où la principale préoccupation des acteurs politiques est de gagner de l’argent par tous les moyens au détriment de l’intérêt général, si les Nigériens viennent à décider que la situation politique actuelle délétère  mérite d’être changée, alors le peuple a le droit de décider de se restituer sa dignité et sa souveraineté.

Face à une telle situation, en ce qui nous concerne, nous disons qu’en démocratie citoyenne, on doit écouter les citoyens, s’il y a des aspirations nouvelles. Dans le cadre de la gouvernance démocratique, on doit écouter les citoyens et même procéder à un arbitrage par voie référendaire, s’il le faut pour départager les opinions des uns et des autres quelque soit la nature du sujet sans aucun tabou.

 Sans être un juriste constitutionnaliste, j’ai compris qu’en tant que citoyen acteur de la société civile, le travail de défenseur de droits de l’homme et de la démocratie, ne peut se faire que si on a la connaissance et la bonne compréhension des textes juridiques, leurs contenus et leurs enjeux. C’est justement dans ce cadre que nous nous sommes investis pour une bonne appropriation des textes fondamentaux en participant à leur rédaction, notamment la constitution pour mieux assumer notre rôle dans l’action société civile que nous menons.

Par exemple l’article 39 de la constitution actuelle dit que « tout citoyen civil ou militaire a le devoir sacré de respecter, en toutes circonstances, la constitution et l’ordre juridique de la République, sous peine de sanctions  par la loi ». Cela voudrait tout simplement dire que tous les citoyens sont sous la même loi, que l’on soit gouvernant ou gouverné, civil ou militaire conformément à notre commune volonté de bâtir un Etat de droit, qui assure à tous l’égalité devant la loi et les services publics. Chaque citoyen a le devoir de respecter la loi telle qu’elle est en vigueur. Et même si une loi a un problème, elle ne saurait être violée avant qu’elle ne fasse l’objet d’une modification ou d’un remplacement régulier suivant le mécanisme légal prévu à cet effet.

Donc, c’est avec cet esprit que nous avons agi dans notre rôle de citoyen acteur de la société civile, défenseur des droits de l’homme et du peuple ainsi que la démocratie citoyenne, pour lutter contre la volonté de certains groupes d’intérêts partisans d’empêcher le dynamisme de notre vie démocratique en spoliant le peuple de son droit naturel aux nouvelles aspirations pouvant conduire jusqu’au changement de la constitution si nécessaire.  Donc, trêve de polémique inutile.

Niger Inter : Vous avez dit récemment dans une conférence que vous êtes pour la non-violence. Comment expliquez-vous cette option ?

Nouhou Mahamadou Arzika : C’est parce que nous sommes convaincu que rien ne vaut la paix. Et nous sommes également convaincus que même si on tente d’obtenir quelque chose par la violence, il ne saurait être durable ni pérenne. Il n’y a que des anarchistes que rien ne peut satisfaire, qui choisissent la violence aveugle pour aboutir leurs doléances et/ou leurs revendications. Il y a, c’est sûr, des moments où comme, on dit, qui veut la paix prépare la guère. Ça veut dire, qu’on doit pouvoir être dans la position de disposer d’une dissuasion capable de pouvoir faire hésiter les trouble-fêtes, qui sont de nature à provoquer du désordre ou l’anarchie par le recours systématique à la violence comme moyens pour se faire valoir ou pour imposer leur point de vue d’anarchistes.

J’avais suggéré à l’occasion de cette communication à laquelle vous faites allusion, pourquoi ne pas organiser un forum mondial à l’endroit des fabricants et marchands d’armes pour qu’on puisse les amener à changer d’activités, comme cela a été envisagé récemment vis-à-vis des trafiquants des migrants.

Moi je suis un soldat pour une humanité juste. Je fais un combat humanitaire, c’est ça ma vision, c’est ça ma démarche. Dans mon combat, je voudrais faire en sorte que soit protéger le caractère humain de l’homme. Que l’humain puisse être préservé en nous. C’est pour cela que même quand, on était étudiant nous n’avons jamais cautionné la violence. Et toutes les luttes sociales, que nous avions organisées, ont revêtus, un caractère strictement non violent. Car, nous considérons qu’en démocratie citoyenne, la gestion de tout conflit  n’a pas besoin de violence, mais plutôt, le dialogue franc et sincère entre les parties agissant en toute responsabilité citoyenne. Nous avons fait notre preuve en son temps.

Niger Inter : Comment selon vous lutter efficacement contre la corruption dans notre pays et dans le monde ?

Nouhou Mahamadou Arzika : en effet, la corruption est un phénomène mondial. C’est un secret de polichinelle. En réalité c’est difficile pour les gens de lutter contre la corruption parce que ceux sont censés faire la lutte, c’est eux-mêmes parfois les corrupteurs et/ou les corrompus. Dans beaucoup de situations aujourd’hui vous allez voir des gens vous faire des appels de pieds à la corruption non pas parce que vous voulez corrompre, mais on vous y oblige à le faire pour vous tirer d’affaires. Imaginez les dégâts de la grande corruption, des gens à qui, on confie, une parcelle de responsabilité de l’Etat et qui acceptent de pactiser, moyennant quelque chose, avec certains intérêts étrangers pour faire perdre à l’Etat beaucoup d’argent ou d’intérêts. Pour être plus clair, imaginez un ministre de la République, qui accepte des pots de vin pour signer un papier à une multinationale avec laquelle, il est censé traiter pour défendre les intérêts du pays. Celle-ci vient lui faire une proposition d’ouverture d’un compte bancaire ailleurs ou personne ne voit, on lui produit simplement le chéquier contre sa signature, qui pourra par ailleurs sacrifier des milliards pour son pays. Il aura peut-être un milliards ou 500 millions pour lui-même en abusant de la confiance de celui qui l’a placé là où il est et en trahissant la nation. Aujourd’hui, nous avons un pactole de ces gens offshores, qui vivent comme ça dans ce pays et qui sont en train de travestir l’esprit et la lettre de notre constitution.

Il est pourtant clairement dit dans la constitution à l’article 4 alinéa 2 que : « dans l’exercice du Pouvoir d’Etat, le pouvoir personnel, le régionalisme, l’ethnocentrisme, la discrimination,  le népotisme, le sexisme, l’esprit de clan, l’esprit féodal, l’esclavage sous toutes les formes, l’enrichissement illicite, le favoritisme, la corruption, la concussion et le trafic d’influence sont punis par la loi ».

Cela veut dire, quelle que soit votre position de pouvoir au niveau de l’Etat, si vous devez agir, vous devez vous conformez à cette disposition. Vous voyez bien si les gens respectaient ce que dit la loi, notre pays serait une véritable République et un vrai Etat de droit à même de garantir l’exercice des droits collectifs, les libertés fondamentales, le bien-être collectif et individuel tel que défini dans le préambule de notre loi fondamentale. Malheureusement, ce que nous avons pour le moment, est un problème de gouvernance, un problème d’homme, qu’il faut à la place qu’il faut, un problème d’hommes imbus de la conscience citoyenne.

Niger Inter : L’affaire des bébés importés est en passe de connaitre son épilogue avec la condamnation des prévenus qui sont en train de purger leur peine à Kollo et à Say. Quelle est votre opinion sur cette affaire ?

Nouhou Mahamadou Arzika : A propos de l’affaire des bébés importés, nous avons choisi de garder silence jusque là le temps de savoir ce que la justice va dire sur cette affaire. Sinon, pour ma part, je considère que la plupart de ces personnes en cause dans cette affaire sont des victimes. En effet, nous sommes en Afrique et nous savons l’importance de la maternité pour une femme. Ce sont des gens qui ont abusé du désir de maternité de ces femmes sous des fallacieux montages dits ‘’africains’’. Le problème est certes un problème de droit commun mais il y a malheureusement une utilisation de bonne guerre entre adversaires politiques. En tant que musulman croyant, je pense que c’est de Dieu que vient la sanction contre les personnes concernées. Chacun sait ce qu’il a semé.  Je considère que ce n’est pas admissible que de telles pratiques puissent avoir droit de cité dans notre pays surtout que dans certains cas le désir d’avoir des héritiers pour certaines femmes était tel que même quand elles étaient prévenues d’arrêter leur mauvaise démarche, elles n’ont rien voulu entendre. C’est ainsi qu’elles ont embarqué leurs maris dans ce scandale. Mais, maintenant que la justice a examiné l’affaire dans son aspect pénal et elle a pris une décision devenue définitive, on n’a pas de commentaire à faire sur une décision de justice. Au moins l’opinion est édifiée que c’est un problème réel et que plus jamais personne ne va s’orienter dans ce genre de comportement déviant dans notre pays. Maintenant, pour l’intérêt de ces enfants, qui sont des innocents, il faudrait que l’Etat prévoit un mécanisme pour savoir comment gérer tout ça. A partir de ce moment, je considère cette affaire est close et je plaide que le président de la République en vertu des pouvoirs, qui lui sont conférés ait la gentillesse de  gracier tous les condamnés.

Niger Inter : Donald Trump a retiré son pays de l’accord de Paris sur le climat. Quelle est votre réaction ?

Nouhou Mahamadou Arzika : Je pense que cette question est éminemment importante. Le développement de la conscience humaine, de la science et de la technique a permis aujourd’hui à  l’humanité responsable de prendre conscience de certaines choses qui méritent d’être arrêté ou repensé, et c’est cette dynamique que ce processus a été enclenché pour une prise charge commune et collective de tous ces préoccupations liées au changement climatique pour aider tous victimes à s’adapter.

A cet effet, il est attendu de ceux, qui ont le plus polluer, de prendre des mesures pour réduire leurs activités productrices des gaz à effet de serre et de contribuer significativement à la constitution du fond climat pour encourager les actions d’adaptation en faveur des pays victimes.

A cet égard, Tout le monde sait qu’il n’y a pas de surprise par rapport à la réaction récente de Donald Trump sur la question. Mais compte tenu de la nature leur système institutionnel et juridique aux Etats Unis, quelle que soit sa volonté à remettre en cause cet accord sur le climat, il aura des difficultés parce qu’il y a des délais, qui vont aller jusqu’au-delà de son mandat. Son pays s’est engagé, mais ce n’est pas comme ça, on sort d’un tel accord. Tout au plus, il peut faire un blocage dans de la mise en œuvre de cet accord.

Niger Inter : Le président Tandja vous appelait ‘’amali’’(Dromadaire) pendant la lutte contre la vie chère dont vous êtes un des champions. Vous étiez finalement très proche de Tandja. C’était quoi le secret de votre relation avec le président Tandja ?

Nouhou Mahamadou Arzika : Je dois avouer qu’avec le président Tandja en son temps nous n’avions aucune relation suivie ou rapprochée. Il était président de la République, on est citoyen. Et nous avons pensé en tant que mouvement citoyen que notre travail citoyen, nous permet d’établir des rapports citoyens avec le président de la République pour des causes citoyennes à défendre comme l’exemple de la diversification des partenaires. Rien  de plus, rien de moins. Les activités que nous avons menées en son temps sont initiées et conduites par nous même de notre propre chef. Le président Tandja apprenait comme tout le monde nos points de presse et nos déclarations de presse à travers lesquels nos positions sont portées à la connaissance du public sur toute question donnée.  Toutes les actions que nous avions faites, se sont passées  ici même au niveau de notre siège pour l’essentiel. Je vous rappelle que nous avons eu à soulever beaucoup de dossier chauds à son régime qui a mis du temps à comprendre notre démarche d’action société civile citoyenne jusqu’en 2006-20O7 à la suite de la signature du relevé des conclusions au sujet de la plate forme de revendication sociale que nous leur avions soumise. Par la suite, le Président Tandja a commencé à nous respecter et à faire attention à toutes nos activités et nos propositions d’actions citoyennes. Il a pris son courage à deux mains pour engager certaines actions allant dans le sens de nos propositions et cela, nous a amené à défendre et soutenir le combat de la diversification des partenaires et de la valorisation des nous ressources minières et pétrolières.  C’est ainsi qu’on a diversifié nos partenaires en accordant des permis miniers et pétroliers avec des bonus de signature.

 Lorsque nous avions lancé l’idée de la refondation de la République au niveau notre mouvement, le Président Tandja lui-même a été séduit par cette belle trouvaille de reforme politique pour une meilleure prise en charge des fondamentaux, qui constituent les vrais préoccupations de notre peuple. Il était enthousiasmé et attentif à tout ce que nous développions à ce sujet tant et si bien que dans son propre camp politique de soutien, les gens avaient commencé à nous prendre pour leur concurrent vis-à-vis du Président Tandja. C’est peut être cette confusion délibérée qui a fait croire et dire à beaucoup que nous sommes très proche du Président Tandja alors qu’en ce moment nous l’avions tout au plus rencontré deux fois à son bureau durant tout son magistère. Voilà tout !

Pour le reste permettez-moi de rendre hommage à votre journal le Républicain, qui reste et demeure un grand organe de presse, qui a traversé la période de lutte et de conquête de la démocratie au Niger depuis les années 90.

Réalisée par Elh. Mahamadou Souleymane