Votre mot de passe vous sera envoyé.

La démocratie a ses exigences. Autant elle confère des libertés aux citoyens, autant ces libertés sont encadrées par la loi. Au Niger, l’opposition politique clame comme un perroquet ‘’le départ immédiat de l’usurpateur Issoufou Mahamadou’’ pourtant démocratiquement élu.

Des ‘’plumitifs’’ et acteurs de la société civile appellent ouvertement à l’insurrection contre l’autorité de l’Etat. De proche en proche, il n’est pas exagéré d’affirmer que certains voudraient bien prendre des vessies pour des lanternes sous nos tropiques.

Comble du ridicule, la perte de la réalité chez quelques-uns les fait croire que tout est permis sous la Renaissance. En violation du principe élémentaire du droit, ces coupeurs de cheveux en quatre voudraient bien se prévaloir de leurs propres turpitudes en feignant d’ignorer les garde-fous conçus par le législateur pour ‘’condamner chacun à être libre’’ en n’obéissant qu’à la loi, comme dirait J. J. Rousseau.

Dans cette perspective, il n’y aurait pas de super citoyen pouvant tout se permettre impunément car en obéissant à la loi, le citoyen n’obéit qu’à lui-même puisque la loi est l’émanation de la volonté générale.

Entre les lignes, il faudrait que ces agitateurs de tout acabit comprennent qu’une Ordonnance portant régime de la liberté de la presse n’a pas vocation d’être une panacée, un chèque en blanc qui absoudrait tous les crimes et délits. Il faudrait un peu plus de rigueur et de responsabilité.

Autrement, cela reviendrait à considérer qu’il est possible d’avoir un prototype de citoyen dont les péchés et crimes seraient pardonnés d’avance. Ce serait cautionné a priori une justice à deux vitesses. Cette vision ou disons-le tout net, cette illusion de perspective mène droit à l’impunité, ce que nos zélateurs prétendent combattre.

Pire, ce serait renoncer au bon sens. En démocrates, il nous faudrait inscrire notre bataille dans une rationalité qui tienne compte des valeurs essentielles. Il faudrait tout simplement renoncer à ces illusions de perspective, cette trajectoire empruntée par l’Opposition FRDDR et quelques illuminés qui voudraient prêcher dans le désert.
Et si ces structures de veille démocratique ou contre-pouvoir unissaient leurs efforts à consolider une vraie opinion publique qui est au stade de balbutiement dans nos pays africains ?

C’est ainsi seulement qu’on pourrait faire bouger les lignes. C’est ainsi seulement qu’on se passerait de cette posture burlesque consistant à appeler à l’insurrection, au ‘’balai citoyen’’ ex nihilo. Cette ridicule et mauvaise attitude qui consiste à infantiliser le peuple fait passer très certainement ces ‘’directeurs des consciences’’ en prophètes de malheur.

Vivement pour bannir ces illusions de perspective parce que nocives et contre productives pour une véritable démocratie. Demander le départ d’un président démocratiquement élu ou appeler à la sédition ne peut conduire qu’à l’aporie et à l’impasse deux situations inconfortables pour un individu comme pour un peuple. Autant changer d’aiguillage. Simple avis.

EMS