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DECLARATION DU FRONT POUR LA RESTAURATION DE LA DÉMOCRATIE ET LA DÉFENSE DE LA RÉPUBLIQUE (FRDDR) SUR LA SITUATION SOCIOPOLITIQUE DU NIGER DU 24 JUILLET 2017

Nigériennes, Nigériens, chers compatriotes,

Conformément à son statut républicain, l’opposition politique nigérienne est restée constamment fidèle à sa démarche pédagogique et responsable pour promouvoir le cadre démocratique et la bonne gouvernance dans notre pays.

Depuis la période préélectorale 2016, l’opposition politique nigérienne s’est établie dans la dynamique dune expression politique qui a toujours témoigné du même engagement dans la défense des intérêts du Niger et de son Peuple.

Certes, les défis sont aujourd’hui, plus nombreux qu’hier. En conjuguant l’instrumentalisation de l’Etat et les fraudes multiformes au silence coupable des institutions en charge d’apporter la réponse républicaine attendue, le régime de Issoufou Mahamadou a confisqué le pouvoir d’Etat et s’est aménagé, grâce au chantage et à la corruption, un parlement hyper majoritaire. Il s’inscrit dès lors, de manière flagrante dans une gouvernance dictatoriale, tyrannique et despotique.

Nigériennes, Nigériens, chers compatriotes,

C’est dans cette logique de résistance, face à la dégradation continue de la situation sociopolitique et économique de notre pays que le FRDDR n’a eu de cesse de dénoncer les avatars de ce régime, d’informer et de sensibiliser le Peuple sur son être et son devenir.

Lorsqu’il avertit sur les menaces qui pèsent sur la cohésion sociale du fait des velléités totalitaires du régime, le FRDDR n’appelle pas au chaos et à la violence. Non ! Le FRDDR rappelle juste à notre mauvais souvenir comment l’irresponsabilité, l’insouciance, la légèreté et les provocations à la fois inutiles et stupides des gouvernants actuels ont souvent conduit sous d’autres cieux à la violence politique et sociale.

En dénonçant avec force l’instrumentalisation de l’Etat, de ses structures et la corruption de ses attributs au seul profit des tenants du pouvoir, le FRDDR montre du doigt à l’intention du Gouvernement les sources de l’instabilité politique et sociale dont les conséquences ne sont jamais prévisibles, encore moins maitrisables, mais toujours néfastes.

C’est le lieu pour le FRDDR, de se féliciter de la manifestation de plus en plus grandissante du rejet de la gouvernance actuelle ; rejet porté par des forces politiques et sociales structurées, suffisamment au fait de leurs responsabilités citoyennes. En l’occurrence, la récente création du Front des Partis Politiques Non Affiliés pour l’alternance Démocratique au Niger (FPNAD) en témoigne.
Le FRDDR se réjouit également de la prise de conscience grandissante de l’opinion internationale longtemps bernée par le mensonge des princes qui nous gouvernent, même si nous constatons avec amertume la persistance de comportement de certaines Représentations de puissances étrangères, heureusement en très petit nombre, qui pensent que le Niger est toujours sous tutelle coloniale au point d’afficher publiquement leur parti pris, au mépris du principe de l’obligation de réserve et des règles protocolaires en usage dans notre pays.
Bien sûr, les acteurs du régime, ivres de pouvoirs, restent sourds et muets à nos interpellations ; ils demeurent aveugles devant la dégénérescence du climat sociopolitique. Ainsi :

L’année académique 2016-2017 désarticulée est l’objet de rafistolages tous azimuts pour donner à croire que le système éducatif se porte bien. En réalité elle est irréversiblement compromise par l’itinéraire pédagogique déglingué dune école à qui le Guri System a fait perdre ses repères.

Comment envisager l’année académique prochaine lorsque le gouvernement engage avec les enseignants un bras de fer stérile et enfantin, qui rompt le dialogue et la négociation ?
La responsabilité de cette situation incombe exclusivement au gouvernement dont le seul objectif poursuivi dans l’évaluation est de réduire la masse salariale à hauteur de l’effectif des contractuels démesurément gonflé par les recrutements politiciens populistes malgré de nombreuses alertes répétées.

L’élargissement de l’offre d’enseignement supérieur plus dicté par un marketing politicien que par un programme cohérent de développement de l’enseignement supérieur cristallise les revendications des étudiants, personnels administratifs techniques et enseignants dont les droits et avantages statutaires peinent à trouver satisfaction auprès d’un gouvernement dont les choix hasardeux accélèrent notre descente aux enfers. Pour preuves les évènements du 10 Avril 2017 ayant occasionné mort d’homme.

Les libertés et les droits humains, sont continuellement violés par la dictature qu’impose le régime de la renaissance. De nos jours, il suffit de rien pour se voir embastillé. L’objectif étant d’intimider et de créer une psychose imputable au dysfonctionnement de la justice. La gratuité de l’accusation d « outrage à magistrat » et /ou de « jet de discrédit sur une décision de justice » culmine avec cette psychose. La récente interview accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique ( J.A ) par Monsieur Bazoum Mohamed et sa réponse à Amnesty International en sont la parfaire illustration.

S’agissant des sieurs Seydou Bakary, Idé Kalilou et leurs compagnons d’infortune incarcérés plus d’un an, la supposée instruction du dossier est toujours en cours.

Trois mois de prison, avec sursis pour Monsieur Amadou Djibo Ali, Président du FRDDR pour s’être adressé à ses militants à l’occasion dune réunion politique.

Six mois de prison avec sursis pour Monsieur Abdourahamane Insar acteur de la société civile.

Le fondateur du journal le Courrier, Monsieur Ali Soumana pour avoir dit et publié ce que tout le monde sait est incarcéré à Filingué et garde toujours prison.

Pour l’acteur de la société civile, trois mois avec sursis également.
Monsieur Ali Idrissa Nani est quant à lui tenu en laisse et reste sous la menace permanente dune interpellation.

Deux ans de prison fermes, avec 10 ans de privation de droits civiques et politiques pour Baba Alpha et son père !

Tout se passe comme si les nombreuses pièces d’état civil et autres passeports y compris ceux délivrés à tort à de nombreuses personnes d’origine douteuse, supposées nées au Niger ne constituait pas le même délit ?

De même, des personnalités impliquées dans la fraude aux concours de la fonction publique et vaquent librement à leurs occupations.

Pendant ce temps, la Police Judiciaire (PJ), sur instruction dont ne sait qui, interpelle et emprisonne les sieurs Ibrahim Bana et Gamatié Yansambou pour soi-disant discrédit de cette même justice qui reste pourtant silencieuse s’agissant d’individus bien connus ayant bravé ouvertement la justice sans qu’ils ne soient à ce jour inquiétés.

Comment rester stoïque face à cette même justice qui reste silencieuse devant les manœuvres orchestrées sciemment par l’Assemblée Nationale aux fins de bloquer la demande de levée d’immunité et de mise en accusation de certaines personnalités présumées coupables dans divers crimes et délits.

Comment rester serein lorsque le pouvoir à travers les autorités municipales attend deux heures avant l’heure prévue pour interdire une manifestation légale de l’opposition ou des organisations de la société civile.

Nigériennes, Nigériens, Chers Compatriotes

Comment croire à l’impartialité dans un pays où certains croupissent en prison sans aucune forme de procès tandis que les hautes autorités violent allégrement les dispositions de la Constitution quelles ont pourtant juré de respecter et de faire respecter. Cela se traduit notamment par :

Le refus d’obtempérer aux arrêts de la Cours Constitutionnelle d’organiser l’élection législative partielle de Maradi, fixée par la Cour Constitutionnelle pour se tenir le 30 Juillet 2017.

Les harcèlements, menaces et destitutions des élus locaux déjà engagés présagent d’un vaste complot en vue de remplacer tous azimuts les autorités élues par des fonctionnaires aux ordres, en violation de l’article 164 de la Constitution et de l’ordonnance portant Code général des Collectivités territoriales au Niger.

Aussi, le FRDDR ne saurait se taire ni laisser faire ce qui à l’évidence vise la remise en cause de lune des options fondamentales de l’organisation de l’Etat qui repose sur le principe de la déconcentration et de la décentralisation.

Nigériennes, Nigériens, chers compatriotes.

Aujourd’hui, notre pays est victime d une dérive majeure de la gouvernance fondée sur le « deux poids, deux mesures » ; l’existence dans un même pays de citoyens justiciables et d’autres qui sont au-dessus des lois. De l’existence d’hommes et de femmes qui ont droit à tout, pour qui toutes les facilités et les privilèges d’un accès aux ressources sont garanties, et d’autres concitoyens pour lesquels tout est mis en œuvre pour les confiner à la pauvreté et à la misère.

L’embrasement du front social n’est pas l’unique situation de reculade socio-économique à laquelle nous devrions faire face hélas ! La posture irresponsable et la gestion chaotique des affaires publiques en particulier dans le traitement des questions foncières comme c’est le cas dans la région de Diffa. En décrédibilisant l’Etat, la situation d’insécurité généralisée a conduit les populations dans une précarité sans égale et les écueils se multiplient.

Ces écueils ont, entre autres, pour nom le déclin que connaissent les secteurs sociaux de base, notamment le secteur de la santé dont la situation est des plus dramatiques.

Ces écueils sont également, les dysfonctionnements innombrables que connait l’administration publique, signe évident d’un Etat de non-droit et qui manque de crédibilité.

Ces écueils sont aussi, l’effacement de certaines institutions de veille et de régulation de la vie nationale. Il s’agit ici, entre autres, de la mise en veilleuse du Conseil de la République ; de la mise au placard du Conseil National du Dialogue Social CNDS – ; de l’assassinat du Conseil National de Dialogue Politique – CNDP – ; de la mise à mort du Conseil Supérieur de la Magistrature CSM – ; de la domestication du Conseil Supérieur de la Communication CSC- . Etc etc.

Le piétinement et les violations répétées de la Constitution, des Droits et Libertés, en un mot, du déni de l’état de droit et de la démocratie fait courir aujourd’hui à notre pays le risque de la résurgence de l’intolérance, du sectarisme et de velléités contraires à la nécessaire solidarité qu’implique l’appartenance à une même Nation.

Devant cette escalade d’actes anticonstitutionnels, anti républicains et anti démocratiques notoires dont Issoufou Mahamadou est le seul responsable, il urge d’interpeller notre conscience citoyenne et d’appeler à un sursaut patriotique afin de nous éviter ce que des pays, non loin de nous, ont connu et connaissent malheureusement encore pour certains.
C’est pourquoi, le FRDDR :

Demande une fois de plus, que soient rendues publiques les conclusions du rapport d’enquête sur les évènements ayant eu lieu à l’université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey le 10 Avril 2017. Rapport prévu pour être bouclé en 45 jours. Bagalé ne saurait être enterré une seconde fois.

Demande au groupe parlementaire de l’opposition d’initier instamment une commission d’enquête parlementaire aux fins de faire la lumière sur l’utilisation des fonds affectés à la défense et à la sécurité depuis l’avènement du régime de Issoufou Mahamadou.

Enfin, face à ce péril qui guette notre Nation, et l’incapacité avérée de du régime actuel à gérer le pays, le Front pour la Restauration de la Démocratie et la Défense de la République FRDDR exige une fois de plus, le départ immédiat de l’usurpateur Issoufou Mahamadou pour donner à notre pays une chance de sortir du chaos ;

Nigériennes, Nigériens, Chers Compatriotes.

Pour finir, le Front pour la Restauration de la Démocratie et la Défense de la République, FRDDR, en ce début de la campagne agricole, implore, le Tout Puissant, le Miséricordieux de nous gratifier d’un hivernage fécond et qu’il fasse régner sur le Niger et son peuple, sa grâce et sa paix !

Vive le FRDDR,
Vive la République,
Vive le Niger.