En fin de semaine dernière, le Président de la République, Issoufou Mahamadou, avait effectué quelques visites sur le terrain dans la capitale Niamey, déplacements qui l’ont conduit sur le méga-chantier du troisième échangeur de Katako dont les travaux avancent normalement, et ensuite au marché Djamagué situé dans le ravin jouxtant le Trésor et le nouveau siège de la BISIC d’un côté, et de l’autre, l’ancien siège de la BDRN.

Si, sur le premier site visité, à savoir le chantier du troisième échangeur, le Président Issoufou s’est réjoui de l’état d’avancement des travaux, il n’en a pas été de même au marché Djamagué qui gisait sous une montagne d’immondices, sans compter l’écoulement des eaux usées de la ville de Niamey qui se déversent à flots torrentiels sur cette partie du marché des légumes. A ce niveau, le constat du PR est amer : le marché Djamagué est indigne d’une capitale et surtout au regard de son emplacement, c’est- à-dire situé dans une zone administrative et commerciale. Malgré le  »koskorima » (semblant d’embellissement) effectué nuitamment par les autorités municipales ayant eu certainement vent de la visite inopinée du Chef de l’Etat, la situation sanitaire et hygiénique des lieux restait encore totalement déplorable.

Sur place, avec une colère à peine contenue, le premier magistrat du pays avait été amené à fustiger l’absence de conscience civique et professionnelle de la part de ceux qui ont en charge la gestion de la communauté urbaine de Niamey ainsi que des autres communes. Comment en est-on arrivé, là pourrait-on se poser cette question ? Dans ces mêmes colonnes, à maintes reprises, nous avions eu à stigmatiser la gestion catastrophique de la municipalité de Niamey à un moment crucial où le projet Niamey-Niyala était parvenu à sa vitesse de croisière par la seule volonté du Chef de l’Etat.

En effet, ce sont plusieurs milliards de nos francs qui avaient été investis dans ce mirifique projet afin de rendre la capitale Niamey à la hauteur des autres capitales de la sous-région en termes d’attractivité économique et touristique. Par le biais de ce projet rénovateur, la ville de Niamey a pu se doter d’échangeurs modernes et fonctionnels, de nouvelles routes bitumées qui ont totalement désengorgé la circulation urbaine, dont la fameuse ceinture de route longue d’une trentaine de kilomètres s’étendant de Tondibia à la Zone Industrielle sur la route de l’aéroport.

En dépit de ces énormes investissements de grande de grande voirie urbaine, force est de constater que la capitale demeure ce champs de patates impraticable en cette saison des pluies, jonchée de tas d’ordures ménagères, d’eaux usées avec des canalisations d’écoulement bouchées, tout cela sous le regard indifférent et insouciant des autorités municipales. Au risque de nous répéter, nous avions toujours pointé du doigt l’incompétence crasse et notoire de l’actuel Maire central de Niamey, dont personne ne sait comment il a pu atterrir dans cette marmite de l’Hôtel de Ville de Niamey.

Outre sa gestion financière désastreuse, les agents cumulant un chapelet d’arriérés de salaires qui pourrait avoisiner des siècles si on les additionnait, le Maire central actuel aura aussi brillé dans une incapacité indescriptible à faire assainir la ville de Niamey dont certains quartiers sont inondés par des monticules de saletés, exposant parfois les populations riveraines à de graves menaces de maladies. Néanmoins, nous pourrions nous réjouir aujourd’hui de cette sortie du PR, tout comme l’ensemble des habitants de Niamey qui sont, extrêmement, déçus par l’incompétence des autorités municipales de leur ville.

En secouant le cocotier, on peut espé- rer que dans les prochains jours, des changements notables se verront dans la capitale. Toutefois, nous restons sur notre faim, car nous aurions aimé que le Pré- sident Issoufou joignît, automatiquement, l’acte à la parole, c’est- à-dire soit, séance tenante, soit à l’issue d’un Conseil des Ministres Extraordinaire, prendre les décisions énergiques qu’il avait annoncées sur le terrain. Nous avions connu cela sous Kountché qui, à l’issue de ses visites inopinées dans les administrations publiques ou autres démembrements de l’Etat, prenait directement les décisions qui s’imposaient et l’annonce en était faite dans le journal de 13 heures sur la Voix du Sahel !

En annonçant simplement des décisions futures, le Président Issoufou ne nous rend confiants qu’à moitié, car connaissant le Niger d’aujourd’hui, et sa propension à la société de connivence, il est à craindre que des lobbys puissants ne puissent retarder cette prise de décision importante. Nous l’avions toujours dit aussi et écrit que le Président Issoufou est un bâtisseur-né et un nationaliste consommé. Son ambition pour le Niger n’a jamais fait l’ombre d’un doute. Mais seulement, ce que l’on constate chez le personnage, c’est cette impression de grande patience qui confine souvent à trop de mansuétude et qui n’est guère appropriée dans la gestion des ressources humaines dans des pays comme les nôtres où, très souvent, il faut savoir user du bâton et la carotte pour faire avancer les choses.

Nous avons également toujours affirmé et fait nô- tre ce proverbe africain qui enseigne ceci :  »Lorsque le lion vous montre ses dents, il est très imprudent de croire qu’il vous sourit simplement ! »

Les autorités municipales de Niamey viennent de l’apprendre à leurs dépens ! Zaki vient de rugir, et son rugissement a couvert toute la ville de Niamey !

ZAK (OPINIONS N° 375)