Dan Ousmane (fils de Ousmane), Mahamane alias le premier Ex, est aujourd’hui aux abonnés absents sur la scène politique nationale, complètement disparu des radars de l’actualité, comme s’il avait pris sa retraite de la politique. Cette raréfaction du personnage sur la scène médiatique nationale contraste fortement avec ce qui avait été l’attitude de Dan Ousmane à la naissance du ré- gime de la renaissance, notamment dans le combat épique qu’il avait livré contre le Taureau du Gobir, Abdou Labo, pour le contrôle de la CDS Rahama.

En effet, en plus d’un quart de siècle de carrière politique, le fils de Ousmane ne s’était jamais aussi battu avec bec et ongle, voire ferrailler contre un adversaire politique comme il ne l’a fait contre Abdou Labo. Même pas sous la cohabitation où son fauteuil présidentiel avait été sérieusement menacé, car ayant obtenu le pouvoir sur un plateau en or, il ne s’encombrait guère de sa conservation.

Malheureusement pour lui, il sortit perdant de ce long feuilleton politicojudiciaire face à Abdou Labo qui héritait ainsi des dépouilles d’une CDS Rahama complètement cabossée et agonisante. La mort dans l’âme, Dan Ousmane se ré- solut, en fin de compte, à se chercher et à se trouver un nouveau point de chute en adhérant à un minuscule et obscur parti politique dénommé Hankuri (signifie patience, ça ne s’invente pas !),afin, non pas de peser sur le cours des choses, mais simplement d’avoir une existence physique.

C’est ainsi qu’il se fit élire député national au titre de ce parti à l’occasion des élections législatives de mars 2016. Aujourd’hui, abandonné par Seini Oumarou aux basques duquel il s’était accroché comme un mort-vivant durant tout le premier mandat, ne pouvant pas aussi rejoindre la barque de la renaissance à cause du feu du terrible ressentiment qui le dévore depuis plus de vingt ans contre le Président Issoufou, Nafarko semble être devenu une ombre errante, perdue et comme un vulgaire SDF, il cherche désespérément un asile pour mourir dans la réminiscence d’un passé glorieux à jamais révolu.

Parachuté comme un poids mort à l’Assemblée Nationale, après avoir dirigé cette institution pendant une décennie, Dan Ousmane est une espèce rare en politique qui cultive le génie de mener une carrière politique à rebours, c’est- à-dire du firmament de la république il dégringolera pour n’être, aujourd’hui, qu’un simple et anonyme député parmi 171 ! De toutes les façons, il faut beaucoup plus pour gêner Dan Ousmane !

A l’Assemblée Nationale, il a dé- couvert le filon : les missions à l’extérieur. Ainsi, fuyant allègrement la politique politicienne ambiante, il se sera fait, momentanément, une raison en essayant de joindre l’utile à l’agréable. Contrarié sans doute par l’extrémisme du Lumana a l’opposition, il voudrait s’en dé- marquer par une opposition soft dans la perspective, à défaut de relancer sa carrière politique, de laisser au moins à la postérité une image acceptable de sa personne.

Dans tous les cas, sa carrière politique se conjuguera dé- sormais au passé antérieur. Refusant consciencieusement de mourir politiquement malgré l’expérience du destin divin, jusqu’au bout, peut-être jusqu’à son dernier râle, il voudra s’accrocher vainement à ses illusions désormais totalement perdues. Il n’aura, jusqu’à la fin, rien compris que tout à une fin dans ce monde d’icibas, en dehors de la volonté divine.

En gesticulant pour simplement être, il ne fait, en réalité que retarder l’échéance fatale qui est la retraite dont l’heure sonnera tôt ou tard, de gré ou de force !

Quant à la postérité, elle n’aura retenu d’une telle carrière que la poussière que sera devenue le passage éphémère et somme toute accidentelle de Dan Ousmane à la tête des institutions du Niger. Poussière tu étais, poussière tu es redevenu.

ZAK (OPINIONS N° 375)