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Dans la pratique journalistique au Niger, la tendance c’est que la propagation des fausses nouvelles est en passe d’être la norme. Pourtant dans ce noble métier, s’il y a un principe qui lui confère un cachet scientifique c’est bien celui-ci : « Les faits sont sacrés, les commentaires sont libres’’. En vertu de ce principe, le journaliste doit respecter les faits, il ne les déforme pas tout comme il ne les invente pas. Les informations doivent être recoupées et vérifiées. Sinon le journaliste basculera dans la propagation des fausses nouvelles, la diffamation, les injures etc. Des délits commis par voie de presse réprimés par la loi sur la presse et aussi… le code pénal.

Il est inquiétant de constater que non seulement dans notre presse certains plumitifs ou journaleux, pour parler comme Houphouët Boigny, inventent des gros mensonges mais également déforment sournoisement les faits. Un délit pourtant puni par la loi. Des exemples récents de ‘’fake news’’ ? Justes deux.

Le premier : des confrères ont servi à l’opinion l’information selon laquelle rien ne va plus entre le président Issoufou et le président du PNDS Bazoum Mohamed de sorte que ce dernier aurait même refusé de saluer le chef de l’Etat devant des cameras de télévision.

Le deuxième : une réunion du présidium du PNDS Tarayya aurait eu lieu avec comme ordre du jour la sanction à infliger à Bazoum qui aurait manqué de respect au président de la République. Les mêmes sources précisaient que le ministre de la défense Kalla Moutari aurait été désigné pour assurer l’intérim au PNDS après le limogeage de Bazoum.

Après notre factcheking, ces deux nouvelles amplement reprises dans les revues de presse des télévisons s’avèrent être des mensonges grossiers propagés par une nouvelle race de journalistes qui animent les mêmes organes de presse et qui pensent que reprendre un mensonge dans deux à trois journaux le passera pour ce qu’il n’est pas à savoir la vérité.

C’est Laurent Gbagbo qui a dit lors de sa traversée du désert ‘’je ne demande pas aux journalistes d’être objectifs mais d’être honnêtes’’. Ce vœu de Gbagbo est pris en charge par notre sacro-saint principe : les faits sont sacrés, les commentaires sont libres pour un journaliste digne de ce nom.

En d’autres termes, nous avons la liberté d’exprimer nos opinions à travers divers genres journalistiques mais nous n’avons pas le droit d’inventer ou imaginer des faits juste pour vendre nos ‘’canards’’. C’est très malheureusement une pratique courante, une réelle menace à la crédibilité du journaliste nigérien. Et là où le bât blesse, ces journaleux propagateurs des fausses nouvelles ont tendance à s’ériger en donneurs de leçons de journalisme. Vraiment le monde à l’envers. Le comble du ridicule certains adeptes de ces antivaleurs ont même eu le culot de s’autoproclamer journalistes d’investigation juste le temps d’une villégiature de Niamey à Ouaga !

A notre humble avis, il est urgent que ces brebis galeuses se reprennent. Le journalisme est un métier assez noble. Au niveau national comme mondial des efforts sont faits pour protéger et encourager la saine pratique journalistique. A preuve : le monde entier s’indigne dès qu’un journaliste est inquiété à tort ou à raison. C’est un gage de reconnaissance du rôle du journaliste dans la société. Encore faut-il que le journaliste bannisse certaines mauvaises pratiques aux antipodes de l’éthique et la déontologie de son métier. Les faits sont sacrés, les commentaires sont libres. Si seulement chacun d’entre nous considère ce principe comme un impératif catégorique, le droit du public à la saine information sera garanti.

EMS