Dans son traditionnel discours à la veille de la fête nationale ivoirienne, Alassane Ouattara est revenu sur les nombreux dossiers brûlants qui agitent le pays. Le chef de l’État est revenu sur les mutineries, la zizanie politique au sein de la coalition au pouvoir et les questions économiques sociales avec un seul mot d’ordre, « rester unis ».

C’est tout d’abord sur le thème de la sécurité que le chef de l’État a débuté son discours télévisé, ce dimanche 6 août. Sur cette question cruciale qui a défrayé la chronique, entre mutineries du printemps et braquages de l’été, le président ivoirien a affiché sa fermeté contre tout soldat qui commettrait des manquements à la discipline et contre les braquages, « qui doivent être éradiqués ».

Sur le plan social, il s’agit, pour Alassane Ouattara, de privilégier la concertation et de faire en sorte que les usagers des services publics « ne soient pas les victimes collatérales » d’un conflit qui oppose État et syndicats, en attendant un accord.

Rappel à l’ordre

Enfin, s’il est conscient de la grave crise que traverse en ce moment le monde paysan, avec la chute des cours du cacao, c’est sur un chapitre plus politique que le président a conclu son discours. Il est revenu sur la bataille qui s’annonce pour sa succession en 2020 et qui occasionne des remous, principalement dans les rangs de la majorité.

« En tant que responsables politiques, nous n’avons pas le droit de rajouter des moments de doute aux difficultés que nos populations ont vécues depuis le début de cette année », a asséné Alassane Ouattara. « La satisfaction des besoins de nos concitoyens doit être notre seule préoccupation », a-t-il par ailleurs lancé à l’adresse de certains politiques qui se querellent plus pour leur compte que pour celui de leurs électeurs.

Querelles de succession

Le chef de l’État – réélu en octobre 2015 pour un second mandat – a appelé les forces politiques de sa majorité à arrêter d’attiser le débat autour de l’élection 2020. Élection à laquelle, en théorie, lui-même ne se représentera pas.

Un débat parfois houleux secoue la coalition de la majorité du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie en Côte d’Ivoire (RHDP). Au nom de l’alternance, un membre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) devrait postuler à la présidence et un membre du Rassemblement démocratique républicain (RDR) pour la vice-présidence, dans un ticket que la majorité espère gagnant.

Mais pour l’heure, ce n’est pas le débat, selon Alassane Ouattara, qui a suggéré aux politiques de se soucier plus de l’avenir des leurs électeurs que de leurs propres intérêts. « La prochaine élection présidentielle prévue par la Constitution, est dans plus de trois ans et elle mobilise déjà beaucoup d’énergie. De tels comportements attisent les tensions au sein de l’alliance au pouvoir alors que nous devons nous concentrer sur la mise en œuvre de notre programme commun », a insisté Alassane Ouattara.

Appel à l’unité

Le chef de l’État a terminé son discours sur un appel à « rester uni » et « œuvrer pour une plus grande réconciliation ». « Nos populations ne méritent pas ce débat au sein de la coalition au pouvoir ; elles ne le comprennent pas d’ailleurs. Nous devons rester unis dans l’intérêt de notre pays. (…) Je veux dire aux uns et aux autres que pour la prochaine élection présidentielle, tous pourront se porter candidat, selon les dispositions de notre loi fondamentale qui garantit des élections démocratiques et transparentes », a notamment déclaré le président ivoirien.

Il a fallu 20 minutes de discours solennel au président Alassane Ouattara pour rappeler ces préceptes d’unité. Il lui reste désormais trois ans pour les mettre en œuvre.

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