Membre de la diaspora nigérienne en Belgique, Boubacar Dan Zourmani vient de séjourner au Niger. Il a rendu visite à Niger Inter. Nous avons recueillis son point de vue sur la marche du Niger et son approche de certaines préoccupations de notre pays.

Niger Inter : Présentez-vous à nos lecteurs et internautes.

Boubacar Dan Zourmani : Je m’appelle Boubacar Dan Zourmani. Je suis un membre de la diaspora nigérienne résidant en Belgique, activiste sur les réseaux sociaux, très connu par les facebookeurs nigériens, je réside en Belgique depuis 2001. Je suis actif dans les associations des nigériens en Belgique, notamment SONIBEL ASBL (Solidarité Niger Belgique). J’ai grandi entre Bouza mon village natal et la capitale Niamey où j’ai passé mes années d’adolescence.

Niger Inter : Vous êtes un membre de la diaspora nigérienne en Belgique. Comment est organisée votre communauté dans ce pays ?

Boubacar Dan Zourmani : Comme dans d’autres pays où les nigériens sont installés, la communauté nigérienne de Belgique qui est une des plus importantes diasporas nigériennes en Europe est organisée à plusieurs niveaux. D’abord nous sommes très liés à notre Ambassade à Bruxelles qui nous apporte le soutien nécessaire pour mieux nous organiser. Puis il y a différentes associations locales et fédérales qui ont vocation à unir les Nigériens vivant sur le territoire belge et au-delà, dont une des plus actives est SONIBEL ASBL (solidarité Niger Belgique). Nous avons aussi des organisations partisanes, presque tous les grands partis politiques nigériens sont présents en Belgique (PNDS, Lumana, MNSD, MPN, MPR, AMEN,) et plusieurs autres petits partis.

Niger Inter : Quels sont les défis auxquels font face nos compatriotes en Belgique ?

Boubacar Dan Zourmani : Nos compatriotes nigériens vivants en Belgique connaissent des difficultés liées au séjour, à leur installation et leur intégration dans la société belge. Des problèmes comme l’obtention du titre de séjour, la recherche du travail, le problème d’apprentissage des langues (3 langues officielles et de travail en Belgique : le Français, le néerlandais, l’allemand). Nous avons aussi le problème d’intégration culturelle et sociale.
Il y a également le problème du climat et plusieurs autres problèmes plus ou moins importants.

Niger Inter : Vous venez de visiter le Niger après un séjour à l’extérieur. Quelles sont vos impressions ?

Boubacar Dan Zourmani : Oui, je suis venu cette fois-ci comme mes autres visites annuelles en vacance, pour me ressourcer et faire un plein d’énergie. Je suis vraiment frappé par le nouveau visage de notre capitale Niamey. J’ai vu beaucoup du changement dans cette ville qui, il y a quelques années encore était qualifiée de petite bourgade des capitales africaines. Le Niamey d’aujourd’hui est en chantier, partout où je suis passé je vois des chantiers et des réalisations dignes des grandes villes africaines voir européennes. Je pense que derrière tout ça, il y a une grande volonté politique pour un changement radical de l’image de notre capitale Niamey. J’ai remarqué que Niamey en plus de se faire belle, grandit ; la population vaque à ses occupations dans la tranquillité, la sérénité et la paix. C’est tout le contraire de ce que nous de la diaspora lisons sur les réseaux sociaux. Raison pour laquelle j’ai écrit cette phrase sur mon profil Facebook  » LE NIGER RÉEL EST EN PAIX ET LE NIGER VIRTUEL EST EN GUERRE ». Les informations véhiculées sur les réseaux sociaux sont totalement erronées et alarmantes, j’étais surpris et étonné de voir la sérénité et la paix qui règnent à Niamey et dans le reste du Niger.

Niger Inter : Sur votre profil Facebook vous avez écrit : « J’AI CHERCHÉ « TAYI TAWRI  » À NIAMEY, JE L’AI PAS TROUVÉ », TOUT LE NIGER  » TAYI TABSHI » ». D’aucuns diront que là vous avez pris de liberté avec la réalité. Que répondez-vous ?

Boubacar Dan Zourmani : Oui , j’ai bien écrit ce post sur mon profil Facebook, je me suis permis de me déplacer dans tous les coins de la ville de Niamey pour constater certaines réalités, malheureusement pour les adeptes de ce concept  » TAYI TAWRI » , il y a un fossé entre ceux qu’ils voudraient faire croire aux gens de la diaspora et la réalité dans la ville de Niamey et à l’intérieur du pays. Je crois que c’est un slogan politique ou bien juste la liberté qu’offrent les réseaux sociaux à certains pour écrire du n’importe quoi. Sinon, pour ceux qui sont dans la vie réelle, ils vous diront que « TAYI TAWRI » n’existe que sur le virtuel. En fait, c’était ma façon à moi de dire que l’image que certains donnaient de notre pays était très négative et excessive. Malgré des défis qui restent à relever, je dirais que le Niger avance et on voit toute la vision des autorités de notre pays à vouloir inverser la tendance. Je pense que les citoyens doivent se dire qu’on soit de la majorité ou de l’opposition, il nous faut être positifs. Nous qui vivons à l’extérieur nous avons une idée du fait que les autres nationalités sont très jaloux de l’image de leur pays. Si vous osez parler mal du pays de quelqu’un, il vous fera la leçon que vous n’avez pas le droit de mal parler de son pays. Mais nous voyons des gens attaquer notre pays et ce sont des nigériens qui apportent de l’eau à leur moulin. Dans ce sens, je trouve que c’est à point nommé de créer le ministre de la renaissance culturelle car il y a un travail à faire pour que les valeurs comme le patriotisme, le civisme, l’unité nationale, la solidarité et le sens du vivre ensemble soient de mise pour le bien de notre nation.

Niger Inter : Vous vivez en Occident, selon vous quelles sont les valeurs qui font avancer les pays développés qui nous manquent ici ?

Boubacar Dan Zourmani : Les pays européens ont développé certaines valeurs qui leurs ont permis d’atteindre rapidement des objectifs du développement durable, notamment le travail, chacun a un travail et il le fait bien avec amour, ou s’il n’a pas, il fait tout pour en trouver un. Il y a aussi le civisme, la morale et l’organisation, dans les pays développés tout est organisé de manière à ce que tout un chacun comprenne et collabore dans la mise en place d’un projet par exemple. Au risque de me répéter, il nous faut une bonne organisation, une bonne motivation, de la rigueur, un bon suivi des différents projets, mettre fin au laxisme et à l’impunité. Il nous faut également savoir gérer le temps qui est une ressource négligée au Niger. Nous avons également besoin de l’ordre et la discipline pour avancer comme les autres nations développées.

Niger inter : Après votre bref séjour vous vous apprêtez à retourner à Bruxelles. Quel est votre message à l’endroit des Nigériens d’ici et d’ailleurs ?

Boubacar Dan Zourmani : Mon message à l’endroit de nous les nigériens de l’extérieur et à ceux de l’intérieur, c’est d’être unis partout et à tout moment quand il s’agit de l’intérêt du Niger. Nous devons nous mobiliser autour des objectifs communs et les intérêts du Niger. Nous devons mettre nos différences et nos égos de côté pour travailler ensemble pour notre cher pays, qui a besoin du concours de tous ses fils et filles pour son développement. L’Union fait la force ce n’est pas juste un slogan. Pour certains qui incitent à la division, surtout sur les réseaux sociaux je leur dirais venez au Niger et vous saurez que vous gaspillez votre énergie dans la division pour rien, car le peuple nigérien me donne l’impression qu’il est bien soudé ici au Niger. Œuvrons tous ensemble pour la paix et le développement du Niger !

Niger Inter : avez-vous un mot sur Niger Inter ?

Boubacar Dan Zourmani : Je remercie votre équipe qui m’a accueilli dans vos locaux dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Je souhaite longue vie et beaucoup de succès à votre journal Niger inter, via lequel nous nous informons chaque jour.

Propos recueillis par Elh. Mahamadou Souleymane