Invité hier soir sur Canal 3 TV Niger, le bouillant député Nassirou Halidou de Lumana Fa Africa a déclaré : « La seule différence entre Lumana et les autres partis, c’est que Lumana est un comité de soutien ». Quelle mouche a-t-elle piqué ce député ? Un tel discours rime-t-il avec le politiquement correcte ?

Cette interview annoncée sur les réseaux sociaux Lumana avant sa diffusion a effectivement été diffusée entre 22h et 23h sur Canal 3 TV. A travers l’entretien, le ‘’fou du roi’’ a eu le mérite d’informer l’opinion publique que la prétendue crise au sein de son parti Lumana Fa Africa n’est que de l’intoxication savamment orchestrée par leurs adversaires politiques. A l’en croire, les relations entre les députés Soumana Sanda et Issaka Issoufou sont au beau fixe.

Il a eu également à déverser sa bile sur la gouvernance du président Issoufou. A ce niveau, le ton discourtois et iconoclaste caractérise son speech au mépris de son statut de député.

Sur le retour de l’exilé, il a fait montre d’un peu de réalisme et de retenue cette fois-ci en concédant qu’il est mal placé de parler de ce retour à la place des instances compétentes du parti. Mais, ‘’Hama reviendra’’, a-t-il martelé comme lot de consolation.

C’est dans une envolée lyrique, en voulant affirmer la spécificité, l’identité de son cher Lumana qu’il a déclaré : « La seule différence entre Lumana et les autres partis, c’est que Lumana est un comité de soutien ». Du point de vue de la philosophie politique de ce parti, il dit vrai. C’est une lapalissade. Cette vérité crue que tout le monde chante au Lumana à l’exception d’un seul à savoir le Secrétaire général du parti Mahamane Sani Malam qui a le sens du leadership et du politiquement correct.

Mais à entendre les leaders les plus en vue du Lumana, qu’il s’agisse de Soumana Sanda, Oumarou Dogari, Issoufou Issaka, Hadiza Seyni et consorts, ce sont des hommes assermentés. Ils ont fait allégeance à qui vous savez de sorte qu’ils n’existent politiquement que grâce à lui. C’est comme qui dirait, sans Hama Amadou point de Lumana.

Certes la fidélité aux principes, à la ligne politique du parti est une vertu cardinale mais le culte de la personnalité à Lumana est maladif. Comment d’ailleurs cela pourrait-il être autrement lorsqu’on sait que le fil conducteur de Hama Amadou c’est après moi le déluge. Le prototype du manipulateur narcissique qui sait se mettre dans sa zone de confort en exposant militants, femmes et enfants aux périls majeurs.

Au MNSD d’alors, les cadres écrasés ou qui ont renoncé à toute ambition politique du fait de la folie de grandeur de Sieur Hama Amadou sont légion. N’a-t-il pas affirmé à l’occasion de sa disgrâce sous Tandja que ce serait lui qui aurait créé de toute pièce son ami Seyni Omar ?
Le député a donc tenu un discours intelligible au sein de sa famille politique. A l’épreuve des faits, à Lumana Fa Africa même les crimes et péchés du gourou ont fini par être cautionnés. En effet, ils le disent en privé, nous savons que les bébés étaient importés mais pour rien au monde nous ne pouvons désavouer notre leader.

C’est justement la promotion de cette anti valeur qui fait de Lumana un petit parti idéologiquement parlant. Du moins dans l’optique de Tocqueville. En effet, les partis qui reposent sur un individu, une région, une ethnie ne peuvent prétendre à la dénomination de grands partis même s’ils mobilisent des foules ou tout un peuple.

Que serait un tel parti le jour où son leader viendrait à disparaitre ? Pourtant un mortel doit avoir des idées mortelles. Que serait le ‘’comité de soutien’’ quand le leader bien aimé n’est pas là ? C’est en cela que nous disons que même si la déclaration du député Nassirou ne dérange pas grand monde à Lumana Fa Africa, il aura confirmé aux yeux du monde que leur parti ressemble à bien d’égards à ce que leurs adversaires politiques appellent…..une secte.

Tiemago Bizo