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Paris, la capitale française, a accueilli cette semaine un sommet euro-africain sur la crise migratoire. Des chefs d’Etat des pays de transit et de destination ont été conviés à cette rencontre censée donner un coup d’accélérateur à la lutte contre la migration irrégulière. Des impératifs de sécurité des Etats et de dignité des migrants eux-mêmes sont notamment mis en avant pour justifier le coup d’arrêt qu’il y a lieu de donner à la migration irrégulière.

Le principe de base, c’est celui de la responsabilité partagée entre les pays d’origine, de transit et de destination. C’est pourquoi, des décisions ont été prises au titre desquelles l’accroissement du fonds fudiciaire d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique, l’appui à la présence accrue des structures gouvernementales au nord du Niger et du Tchad, l’amélioration du contrôle des frontières qui induit la lutte contre la traite des personnes, les trafics illicites ainsi que la surveillance, le renseignement et la protection.

Tout ça c’est bien. Le Niger n’étant ni pays d’origine ni de destination mais de transit doit aborder la question avec beaucoup de circonspection pour éviter d’être le dindon de la farce. Depuis le sommet de La Valette, qu’est-ce qui a été fait de significatif par les pays de destination qui semblent marquer plus de préoccupation en accueillant la « misère » du monde et particulièrement de l’Afrique ? Ce n’est pas de la charité mais un exercice gagnant-gagnant. Il s’agit de vaincre la crise du développement. Car la migration irrégulière doit être assimilée à une crise du développement des pays d’origine des migrants. Le Niger a fait des efforts énormes en adoptant des textes criminalisant la migration irrégulière et en mettant à contribution les forces de défense et de sécurité pour traquer les migrants et les passeurs.

Il est absolument important que les pays d’origine et ceux de destination jouent leur partition. Il ne s’agit pas pour les pays de transit de continuer à jouer les sous traitants. C’est en cela que la responsabilité partagée a tout son sens. Chez nous, il faut très vite apporter des réponses concrètes aux passeurs en instance de reconversion. Il leur faut des activités réellement génératrices de revenus et qui portent sur la durée. Il faut éviter les mouvements d’humeur qu’on a connu, la semaine dernière, à Agadez où la sélection des projets des reconvertis a fait polémique. Sur près de 2 000 dossiers présentés, moins d’une centaine ont été agréés.

Le véritable challenge pour le gouvernement et les partenaires qui appuient ces initiatives est d’intéresser un plus grand nombre d’ex passeurs si l’on veut réellement qu’ils fassent désormais autre chose de plus utile pour eux-mêmes et le pays.

Abdoulaziz Moussa