Homme politique, militant du PNDS TARAYYA, c’est avec une ferme conviction, que le député national, SANI BOUKARI dit ZILLI assume la défense du régime du président ISSOUFOU MAHAMADOU face aux assauts de ses détracteurs. Dans cet entretien qu’il a accordé à notre confrère de Canal 3, il apprécie la situation sociopolitique du Niger.

Question : Nous sommes à un an, et quelques mois, de la 2e mandature, du président ISSOUFOU, et selon, certains critiques du régime, cette mandature peine à prendre son envol, parce qu’elle serait plombée par d’énormes problèmes, dont, notamment, la corruption, l’insécurité, et surtout la rareté des ressources financières. Quel commentaire faites-vous ?

Sani Boukari dit Zilli : Je vais commencer par votre conclusion, parce, je me dis que, votre question est pleine de contradictions. Vous dites que la première mandature du président ISSOUFOU, démarre difficilement, à cause d’énormes problèmes, notamment, la corruption, l’insécurité, et la rareté des ressources financières. Je vais m’étaler essentiellement sur le volet sécuritaire. Voyez-vous, le président Issoufou, juste quelques mois après son investiture, face à ce qui se passait en Libye, a eu le courage, d’inviter la communauté internationale de bien réfléchir. Aussi, aux assises des Nations –Unies, il a eu ce courage, de parler de ce qu’il sait, sur les conséquences d’un changement de régime en Libye. Par conséquent, ce qui est arrivé dans notre sous-région, n’est pas la faute du Niger, à plus forte raison, celle de notre régime. Beaucoup de gens, dirons, peut-être, que je suis fataliste, car, chaque fois, que j’interviens sur votre télévision, je demande toujours à notre communauté de prier pour que, DIEU, garde et protège, notre pays et sa population. Le Niger, voyez- vous, fait 1.267 000 km2, et, en dehors du Bénin, notre voisin du sud-ouest, presque, tous les pays limitrophes, connaissent une situation catastrophique et dangereuse du point de vu sécuritaire. Mais, malgré la médisance, malgré ce que certains détracteurs racontent, malgré nos faibles ressources, je crois que, les forces de défense et de sécurité défendent bien le pays, contre la guerre qui a été imposée au Niger. Et, d’ailleurs, avec mon expérience à la commission des finances de l’Assemblée nationale, je trouve même miraculeux les efforts que notre pays déploie dans le domaine de la sécurité, et je me pose encore, la question, comment nous arrivons à faire face à l’achat des armements et au maintien de l’ordre ?

Question : En fait, on reproche à votre régime d’être très corrompu …

Sani Boukari dit Zilli : Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de rage. Ce sont les détracteurs qui racontent ce qu’ils veulent. Je ne parle pas d’opposition, parce qu’au Niger, dès qu’un problème est soulevé, on dit que c’est l’opposition. Moi, je ne parle plus d’opposition, mais, du citoyen, parce qu’il s’agit du régime. Ecoutez, je suis pleinement du régime du PNDS TARAYYA, député à l’Assemblée nationale, mais, qui vous dit, que je suis content, ou, que, j’ai eu ce que je veux. Maintenant, concernant, la rareté des ressources financières, il faut cesser de rêver, et remercions Dieu, qu’au Niger, y a la solidarité. Au nom de DIEU, remercions-le, que notre communauté à 99% soit musulmane. Sinon, ceux qui traitent des affaires au niveau international, savent qu’on se porte mieux au Niger. Ce n’est donc pas une affaire du gouvernement de Monsieur BRIGI, ou une affaire de la 2e mandature du président ISSOUFOU. A ma connaissance, le président ISSOUFOU a été réélu pour un autre mandat de 5 ans, il a été clair, en 2021, il souhaiterait laisser un pays stable, dans de mains sûres, bien que cela tient de Dieu. Ce n’est pas le président ISSOUFOU, qui décide, de qui va lui succéder. Au lieu de travailler, on s’occupe déjà de 2021 comme si c’est dans 24 heures, ou que son mandat finit le 31 juillet prochain. Je dis non !

Question : Justement, 2021, il reste encore, ISSOUFOU l’a dit, il l’a promis, en tout cas, en 2021, il quittera le pouvoir, et déjà, il se raconte, que, votre parti, le PNDS TARAYYA serait traversé par des crises de positionnement, de leadership, est-ce que vrai ou du faux?

Sani Boukari dit Zilli : Je vous affirme que non. Ce ne sont que les intentions des uns et des autres, et c’est la marque de la liberté d’expression, on n’empêche à personne de dire ce qu’il pense. On n’a pas tenu de congrès, et donc, laisser le PNDS tranquille, et puis, je me dis que les problèmes du PNDS, ne sont pas ceux du Niger. Le PNDS n’est qu’un parti politique comme les autres, même s’il est le plus grand de la mouvance au pouvoir, et d’ailleurs, moi, je n’ai pas en tête, que c’est le PNDS qui est au pouvoir, c’est plutôt une coalition, une alliance de partis politiques. Aussi, il n’est pas indiqué, que c’est un gars du PNDS, qui va succéder au président ISSOUFOU, et si même, il sortira du PNDS, ce sont les instances du parti, dont, le congrès statutaire, et celui d’investiture qui en décideront. Que les gens ne se pressent pas. Et puis, savez-vous quelque chose ? Allah, moi ZILLI, personne ne m’imposera un candidat, personne ne me dictera de faire ce qui n’est pas normal, parce que je ne le ferai pas. Pour vous dire qu’il n’y a jamais eu une réunion, où nous nous sommes soucieux de cette question, ou, que, quelqu’un l’ait soulevée. S’agissant du positionnement, même si, l’ensemble des militants du PNDS veulent se présenter, nous savons comment les départager, il y a la désignation, et l’investiture, tout se fera démocratiquement.

Question : Et, pendant que, les partis politiques s’organisent déjà, en prélude à 2021, nous apprenons, qu’au sein de la société civile nigérienne, des acteurs, des leaders, ont annoncé, qu’ils se présenteront à la présidentielle de 2021, est-ce que cela, ne serait pas un échec pour la classe politique ?

Sani Boukari dit Zilli : Mais, pourquoi, parlez-vous de 2021 ? Parlons de demain d’abord ! Nous sommes dans une année budgétaire, le président ISSOUFOU, n’a fait que quelques mois de son second mandat, et l’on crie, déjà, que le ciel va tomber. Mais, ISSOUFOU est président de la république, il a lutté, il a milité, son parti a milité, et Dieu a fait de lui président ; pardon, il faut le laisser gouverner, il faut prier pour le Niger, pour qu’il y ait vraiment une stabilité plus durable.

Question : On a l’impression, quand même, que la classe politique a échouée…

Sani Boukari dit Zilli : Mais, vous êtes pressé, vous êtes trop pressé même. Il est là pour cinq ans, il faut le laissé finir son mandat, il faut le laisser tenir le conseil des ministres de demain, pourquoi vous parlez de 2021 ? Qui verra 2021 parmi nous ? Qui décide de ça ? Non, on n’empêche à personne d’avoir des ambitions, mais, pour le moment, à partir du moment où, il y a une date qui est là, personne ne peut l’a changé, sauf DIEU, attendons, donc 2021.

Question : Vous ne voulez pas vous prononcer sur les candidatures des acteurs de la société civile ?

Sani Boukari dit Zilli : J’étais à l’extérieur, quand je l’ai appris. Ils sont les bienvenus ! Ce qui est sûr, nous n’allons pas les minimiser. C’est très bien ! Eux, sont libres, parce qu’ils ne sont pas liés à un parti, chez eux, on peut dire qu’il n’y a pas de concurrence, chez eux, on peut dire qu’il n’y a pas de démocratie. Ils n’ont pas de ligne de conduite à tenir par rapport à ISSOUFOU ou à un parti, mais, BAZOUM, lui, ne peut pas sortir, se déclarer candidat. C’est le parti qui le déclare candidat, c’est le parti, qui dira, voilà le candidat du PNDS, mais, il est tout naturellement président du parti.

Question : Mais, est-ce que, honorable, cette ambition qu’affichent ces acteurs de la société civile, ne montre pas que la classe politique actuelle, celle qui est née avec l’avènement de la démocratie a échoué ?

Sani Boukari dit Zilli : De tous les temps, ces acteurs ont été des camarades à nous, nous connaissons l’histoire de cette société civile. Nous les attendons, et nous savons comme disent les haoussas « quand tu t’arrêtes devant un trou, si tu ne verras pas ce qui entrera, tu verras ce qui en sortira, et je suis très heureux pour eux. D’ailleurs, que DIEU nous prête longue vie, le moment venu, au nom de Dieu, je leur donnerai ma contribution. Vous savez, les gens pensent que la politique est un exercice facile. En attendant 2021, je leur demande d’être conséquents, de bien gérer leurs différentes entités, et de jouer correctement leur rôle, sans parti pris, parce que les nigériens ne veulent que la paix. Ce n’est pas la peine de créer, ou de sortir des choses, comme quoi, ISSOUFOU MAHAMADOU et BAZOUM ont fait ci, on fait ça. Connaissant ISSOUFOU MAHAMADOU, même pas BAZOUM, en sept ans, est-ce que quelqu’un a vu le président indexé quelqu’un de lui faire du mal ? A mon avis la candidature des acteurs de la société civile ne signifie en rien un échec de la classe politique. Mais, non, au contraire, ils font partie déjà de la classe politique, ils le savent très bien. Vous savez, depuis que YAYI BONI, a accédé à la présidence du Bénin en indépendant, on a entendu qu’il y aura des YAYI BONI au Niger, mais, par après les gens se sont rétractés. Maintenant, avec la nouvelle donne , voyant , ce qui s’est passé en France , et un peu partout, à travers le monde, c’est normal , que ces gens-là , pensent que tout est possible. Au contraire, c’est parce que, la classe politique nigérienne a grandi que ces acteurs de la société civile ont trouvé une ouverture.

Question : Ce ne sont, donc, que des spéculations qu’il n’y a pas de crise au PNDS ?

Sani Boukari dit Zilli : Ce ne sont même pas des spéculations, c’est notre pays, c’est le Niger qui est comme ça, c’est typiquement nigérien. Vous savez, il y a des choses, vraiment nigériennes, et c’est DIEU, qui nous a créés comme ça. On connait le tempérament de chacun de nous. On connait par exemple, le tempérament de BAZOUM, celui du président, de ZILLI, du président HAMA, du président MAHAMANE OUSMANE, de SANOUSSI. il n’y a que DIEU seulement qui puissent les changer.

Question : Votre mot de fin !

Sani Boukari dit Zilli : je prie tout simplement DIEU, qu’il nous gratifie d’un hivernage fécond, qu’il y ait suffisamment de pluie cette année.

Réalisée Djibo Malam Oumarou (Canal3 TV)