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Le journaliste Gorel Harouna a gagné son procès contre la Société de Transformation Alimentaire (STA) ce Mardi 8 Aout à la suite d’une série d’articles d’investigation contre cette société qui a porté l’affaire au Tribunal de grande instance hors classe de Niamey s’estimant avoir été diffamée par notre confrère.

Dans deux articles d’investigation, notre confrère avait mis en évidence la gabegie, la corruption, le licenciement abusif des travailleurs et bien d’autres mauvaises pratiquent de cette société qui opère dans un secteur aussi vital que l’alimentation.

Contrariée par les accusations accablantes de notre confrère, la Direction de la Société de Transformation Alimentaire dirigée par un français dit très influent avait porté plainte contre Gorel Harouna, Directeur de publication du journal Mutations.

C’est ainsi que notre confrère est passé en citation directe devant le Tribunal Correctionnel de Niamey le 15 mars 2017 à la requête de Madame Cissé née Fatchima Daddy Gaoh, Monsieur Michel Lescanne, Dame Isabelle Lescanne et Monsieur Ismael Barmou Oumarou pour diffamation par voie de presse.

Les quatre plaignants ont demandé chacun cinquante millions (50 000 000) de francs CFA soit deux cent millions (200 000 000) de dommages et intérêts contre le journal Mutations.

C’est ainsi que dans un procès contradictoire au Tribunal de grande instance hors classe de Niamey, notre confrère Harouna Gorel et son avocat ont battu en brèche les arguments des plaignants en démontrant rigoureusement que le délit de diffamation n’est pas constitué au regard de la procédure du journaliste dans son traitement de cette information.

En effet, notre confrère Gorel Harouna, très confiant de ses sources est allé à plusieurs reprises les confronter avec la Direction de la STA qui n’a pas voulu le recevoir ou en discuter. Le journaliste a soutenu objectivement avoir fait ce qui est requis pour l’équilibre de son information mais face au silence voire la méprise de la société en cause, il avait publié ses articles. C’est après coup que la STA avait porté plainte pour mettre ce journaliste qui menace dangereusement ses intérêts hors d’état de nuire. La forte amende demandée en guise de dommages et intérêts (200 000 000 FCFA s’il vous plait !) en dit long sur la volonté de  »clouer le bec » à notre confrère.

Très malheureusement pour la Direction de STA en cause dans cette affaire, le verdict rendu ce 8 aout lave notre confrère de tout soupçon de diffamation en condamnant la Société de Transformation Alimentaire aux dépens.

Mention au journaliste Gorel Harouna

Très confiant de ses sources, Gorel Harouna avait affirmé également sur toute la ligne sa confiance à la justice nigérienne. Face à la presse, il a d’ailleurs salué l’indépendance de notre justice. En effet, selon nos informations au regard des moyens et la capacité de nuisance du patron de la STA, on ne peut que saluer nos juges d’avoir traité cette affaire en toute indépendance.

C’est aussi le lieu d’interpeller les associations des consommateurs sur la vigilance car cette société intervient dans un domaine on ne peut plus sensible qu’est l’alimentation. Et qui plus est, si sa direction prend de liberté par rapport aux normes de la bonne gouvernance, il y a de quoi s’inquiéter sur ses prestations. Pour sa part, Gorel Harouna et son avocat ont la latitude d’agir pour aussi réparer le dommage qui est causé au journal Mutations en le trimballant dans un procès aussi méticuleux.

C’est une première qu’un journaliste ait pu se défendre dans un procès contradictoire face à un puissant acteur qui se prévaut d’avoir des tentacules partout. Comme quoi, il y a aussi sous nos tropiques des journalistes d’investigation qui font leur boulot sans tambour ni trompette car comme dirait l’autre, ‘’le tigre ne dit pas sa tigritude’’.

Nous disons simplement, chapeau à Gorel Harouna qui a été lavé par le juge dans un procès contradictoire. Un exemple à suivre. Bon vent Gorel !

EMS