Au Niger, la journée mondiale de l’alimentation édition 2017 a été célébrée à Maradi, ville située à plus de 600 km à l’est de la capitale Niamey, sous le slogan « changeons l’avenir des migrations. Investissons dans la sécurité alimentaire et le développement rural ».

 Placées sous le haut patronage du Ministre d’Etat, Ministre de l’Agriculture et de l’élevage, les manifestations se sont concentrées sur l’exposition des produits agrosylvopastoraux et halieutiques et de transformation, un sketch et un chant de sensibilisation sur la migration et des discours sur le thème de la journée.

Domaine par domaine

A propos de l’exposition, elle a porté sur les produits agropastoraux, halieutiques et de transformation. Dans le domaine de l’agriculture, par exemple, les produits sont entre autres le mil, le sorgho, le niébé, le manioc, la pastèque et plusieurs produits de la région. Dans le domaine de l’élevage, l’exposition a mis l’accent sur la volaille et les œufs. Dans le domaine de l’aquaculture, les produits sont essentiellement constitués du poisson. Quant aux produits transformés, ils sont constitués de plusieurs variétés de jus, des pâtes alimentaires, des pommades, de l’encens, etc.

Concernant le sketch de sensibilisation, Il met en scène un jeune candidat à la migration qui fait ses aurevoirs à ses parents très contents de le voir enfin décidé à partir. Pendant qu’ils lui prodiguaient des conseils et lui faire part de leur rêve ultime de sortir de la pauvreté dans une ambiance festive, un rescapé en détresse surgit dans la scène. Il annonce la mort de ses compagnons d’infortune et raconte leur mésaventure. En réaction à cette situation, les parents du jeune candidat renoncent à soutenir leur fils dans son aventure en l’encourageant à s’investir dans l’agriculture. Finalement, ils se décident à sensibiliser les parents des futurs candidats à la migration en les invitant à aider leurs enfants à pratiquer l’agriculture à cause des énormes avantages qu’elle procure.

Quant au chant populaire, il a mis l’accent sur le triste sort des migrants dans le désert nigérien et attire l’attention des candidats à la migration sur le fait que cette pratique n’est pas la seule solution face à la pauvreté. Il a enfin loué les avantages de l’agriculture qui peut se pratiquer en dehors de la saison pluvieuse à travers les cultures irriguées.

La célébration de la JMA à Maradi a enregistré la participation de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme Alimentaire Mondial (PAM), le Fond International de développement agricole (FIDA),  le gouvernorat de la région de Maradi, le conseil régional, le Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, le Ministère de la Promotion de la Femme et de  la Protection de l’Enfant, le Haut-Commissariat à l’Initiative 3N « les Nigériens Nourrissent les Nigériens », les forces de défense et de sécurité, les chefs traditionnels, les enseignants et étudiants de l’Université de Maradi et un nombreux public, etc.

Dans son message prononcé à l’occasion de la JMA, le Ministre d’Etat, Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage M. Albadé Abouba a rappelé les efforts déployés par le gouvernement nigérien pour stabiliser la jeunesse à la fin des campagnes agricoles et lui éviter des migrations vers des destinations inconnues et dangereuses. Dans ce sens, il a insisté sur la généralisation des cultures irriguées avec la subvention des intrants nécessaires, l’achat de la production à prix rémunérateur, la vente des vivres à prix modéré, la promotion de l’entreprenariat des jeunes, les centres de formation et de réinsertion des jeunes, le cash for work, le cash transfert, le food for work et la création des services sociaux de base. Enfin, il a déclaré que « la migration peut effectivement être prévue à travers un développement durable inclusif, qui offre des opportunités d’emplois à travers une agriculture productive, des activités de soutien telles que la recherche semencière de variétés précoces, à haut rendement, résistantes à la sècheresse, tolérantes aux maladies et aux ravageurs, les crédits à taux étudiés et les entreprises agroalimentaires. »

Pour le Représentant Adjoint de la FAO qui a lu le message du DG de la FAO, il a rappelé que « les conflits, la pauvreté rurale et le changement climatique sont autant des facteurs qui exagèrent les migrations de détresse lesquelles engendrent tout un entrelac des problèmes d’ordre moral, politique et économique pour les migrants, leurs communautés d’accueil éventuels et de transit. Le développement rural inclusif peut contribuer sur tous les fronts notamment en atténuant, les conflits, en renforçant la durabilité et en faisant de la migration une question de choix et non de désespoir.»

La migration au Niger

 

Le Niger constitue un pays de transit par excellence des candidats à la migration vers l’Europe, de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, ce sont 90% des migrants ouest africains qui passent par le Niger pour rejoindre l’Europe. Selon le rapport sur les migrations de 2012 de l’Institut National de la Statistique du Niger (INS), le pays compte 1 996 164 migrants internes dont 905 016 femmes, 1 243 496 migrants dits de « duré de vie » dont 643 149 femmes. L’importance de la migration est de 11%, l’incidence 7% et l’intensité 62,2%. Au Niveau des migrations internationales, le Niger enregistre 123 886 migrants dont 63 264 femmes.

A. M