POURQUOI UNE CENTRALE THERMIQUE DIESEL DE 100 MW A GOROU BANDA AU LIEU D’UNE CENTRALE SOLAIRE ?

Cette interrogation est revenue à plusieurs reprises dans les écrits et débats des médias et des réseaux sociaux.

Nous nous permettons aujourd’hui d’apporter des éclaircissements à l’opinion nationale quant au choix de la construction d’une centrale thermique 100 MW à Gorou Banda au lieu d’une centrale solaire afin de lever toute équivoque.

Avant toute chose, il est bon de rappeler que le solaire représentait en 2012 seulement 0,5% de la production mondiale d’électricité contre 68,1% pour l’énergie fossile (charbon, pétrole et gaz). En Afrique Subsaharienne, les énergies renouvelables dont le solaire ne représentaient que 1% de la production totale d’énergie en 2012 contre 39 % pour les énergies fossiles et 60 % pour l’hydraulique.

C’est dire que si le solaire était la solution au problème de déficit d’énergie, sa part dans la production totale d’énergie à l’échelle mondiale ne serait pas à ce niveau. Aucun pays au monde n’a basé la satisfaction de ses besoins  énergétiques sur l’énergie solaire. Aussi ensoleillé qu’il soit, le Niger ne saurait constituer la seule et unique exception au monde.

Les contraintes majeures du solaire sont entre autres son intermitence et son coût élevé à l’installation. Il existe deux solutions de génération d’électricité à partir de l’énergie solaire :

  • Les panneaux photovoltaïques (PV) et leur régulateur, qui transforment directement l’énergie solaire en intensité. C’est la technique la plus utilisée aujourd’hui à travers le monde et même dans la sous-région. Les panneaux photovoltaïques ne produisent pas la nuit et le jour produisent avec une puissance variable suivant l’ensoleillement. Ils sont très fragiles et nécessitent de grandes surfaces. Le rendement énergétique est très faible (autour de 19,2% source Etude Préparation d’un Projet PV au Niger par le Cabinet Nodalis) et entraine beaucoup de fluctuations sur le réseau. Les coûts d’installation sont actuellement très élevés mais ont une tendance à la baisse ce qui les rend de plus en plus rentables.
  • Le solaire thermique avec les fours solaires, constitués de miroirs convergeant les rayons solaires sur un récipient contenant un liquide caloporteur. Le liquide caloporteur, stockable dans un conteneur et qui, au travers d’un échangeur vaporise l’eau qui entraine une turbine et l’alternateur associé. L’accumulation de chaleur permet une disponibilité énergétique plus élevée (60 à 80 %). Cette technique est très coûteuse et très compliquée dans sa mise en œuvre. Elle est surtout utilisée dans les pays développés et tout récemment au Maroc. Le coût d’investissement est de l’ordre 8 500 Euros/kWc soit 5 576 000 FCFA/kWc en France en Pour une centrale de 100 MW il faut un montant d’investissement d’au moins 558 milliard de francs CFA.

La technique applicable au NIGER reste les panneaux photovoltaïques mais qui ne produisent que la journée c’est-à-dire au fil du soleil. La nuit il faut trouver une autre source d’alimentation et cela ne peut être pour le moment que les groupes diesel en attendant la mise en service de la centrale hydraulique de Kandadji.

La NIGELEC a été approchée par plusieurs partenaires privés pour l’installation de centrales solaire PV, mais compte tenu du niveau faible des tarifs appliqués au Niger, cela n’a pas pu se concrétiser. Les tarifs constituaient donc un frein à l’introduction du solaire à travers les producteurs indépendants. De plus, le cadre institutionnel n’était pas bien définit pour permettre un bon développement des énergies renouvelables au Niger.

Aujourd’hui, le NIGER dispose d’un cadre institutionnel adéquat et avec les nouveaux tarifs qui viennent d’être adopté, l’environnement devient plus favorable à l’entrée des producteurs indépendants.

Une étude a été menée par le Cabinet français NODALIS qui vise à mettre en place l’ensemble des outils techniques, financiers, juridiques et administratifs permettant au Gouvernement du Niger de programmer et d’accélérer la mise en service de centrales de production d’énergies renouvelables intermittentes, au meilleur coût, au meilleur moment, et aux endroits stratégiques du réseau électrique.

En application des recommandations de l’Etude NODALIS ci-dessus citée sur les projets de centrales solaires photovoltaïques, il a été retenu :

  • La construction d’une centrale solaire PV de 20 MWc à Gorou Banda à Niamey. Ce projet est financé par l’Agence Française de Développement (AFD) pour un coût estimé à 26,3 millions d’Euros soit 17 milliard de FCFA. L’approbation du financement est attendue à fin octobre 2017 ;
  • La construction de centrales solaire PV en partenariat public privé dont :
    • 10 MW à Lossa,
    • 10 MW à Maradi,
    • 10 MW à Zinder (SORAZ),
    • 30 MW à Guesselbodi à Niamey.

D’autres projets de construction de centrales solaires sont en cours. Il s’agit de :

  • Projet de construction d’une centrale électrique hybride solaire-diesel à Agadez. C’est une centrale hybride de 19 MW dont 13 MW solaire PV et 6 MW diesel. Le coût du projet est estimé à 32 millions d’Euros soit près de 21 milliard de FCFA et financé par l’Union Européenne et de l’AFD. Le recrutement de l’Ingénieur Conseil ainsi que le processus de pré qualification des entreprises sont en cours ;
  • Projet d’hybridation solaire PV-diesel de centres isolés à travers le pays. Le projet est financé par la Banque Mondiale. Les contrats de financement sont signés et les études d’exécution sont en cours ;
  • Projet de centrale solaire PV de 7 à 10 MW à Malbaza, financé par Eximbank Inde. Les travaux d’exécution démarreront incessamment.

C’est dire que le Niger en général et la NIGELEC en particulier ne sont pas en reste dans le développement du solaire pour la satisfaction des besoins en énergie électrique des populations nigériennes.

                                                                        Cellule Communication

                                                                                  NIGELEC