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Tenaillé et poussé par la faim et la misère, profondément érodé du   point de vue électoral, fragilisé par une crise majeure  au sein de son Bureau politique national ayant abouti à la fracture du parti avec la création du MPR de Albadé Abouba Jamhuriya et ses camarades, enfin lassé par le mauvais ménage avec le Lumana de Hama Amadou,
le dernier baobab du Sahel, le MNSD Nassara, a fini par craquer avant de jeter l’arme et se résoudre à aller à la mangeoire de la Renaissance. C’est une bonne chose et une bonne prise de guerre dans la besace de l’enfant de Dandaji ! Numériquement, le compte était bon, car la majorité présidentielle venait de se renforcer d’une bonne vingtaine de députés. Le stratège joueur d’échecs qu’il est, le
Président Issoufou n’en demandait pas plus. Le premier africain détenteur du brevet de concassage des partis politiques, bien avant Macron en France, est aux anges : tous ses rivaux politiques, en dehors du petit Tchendjiste, Mahamane Ousmane (il pèse trois députés), ont, à un moment ou à un autre rallié, la cause de l’enfant de Dandadji.

Sacré Issoufou qui a réussi, en l’espace d’une mandature  et demi, à joindre toutes les extrémités les unes aux autres ! Cependant, relativisons ce triomphalisme béat dans la capture du MNSD, car un gibier vivant et un gibier mort n’ont jamais la même odeur, encore moins la même saveur.

Le Président Issoufou le sait lui-même, car on devine aisément un léger sourire sur son visage quand il consulte son tableau de chasse et ses trésors de guerre. Mais, entre-nous, avait-on réellement besoin
d’un baobab flétri par l’âge et le besoin d’eau pour faire tourner la planète ? Nous sommes-là devant la problématique du coq qui pense que c’est son cocorico qui fait l’aube ! Mais à bien réfléchir, à bien se creuser les méninges dans tous les sens, force est de constater que le baobab n’avait d’autre choix que de tomber, comme un fruit mûr, dans l’escarcelle de la Renaissance.

Les plus optimistes des observateurs prédisaient d’ailleurs que tôt ou tard, la Renaissance paierait sa boulimie en mélangeant les nappes et les assiettes.

Aujourd’hui, la réalité est là : l’arrivée du MNSD n’a rien changé, substantiellement, à la situation sociopolitique du pays, car déjà avec 118 députés, la majorité était plus que confortable. Son ralliement
aura entraîné deux choses : le grossissement de la taille du gouvernement et la promotion de quelques individus qui, hier seulement, traitaient de tous les noms d’oiseaux le régime de la
Renaissance. Voilà où peut conduire un mariage sans  amour comme dit Gohou, le célèbre humoriste ivoirien !

Aujourd’hui, non satisfait d’être à la table de la Renaissance, le porte parole du MNSD, Ousseini Salatou, peut même se permettre d’envoyer quelques piques et même jouer parfois au moralisateur
public ! Voilà où nous en sommes à présent avec des alliances sans convictions autres que dictées par la voix de la faim. Le Président  Houphouët avait justement raison quand il affirmait ceci :  »Ventre vide n’a point d’oreilles » !

Zak  (OPINIONS N° 378 DU 4 OCTOBRE 2017)