Le bouillant Soumana Sanda broie actuellement du noir au sein du Lumana /Fa, le parti qu’il tente de faire vivre depuis l’exil sanitaire
de son leader charismatique Hama Amadou. Contesté et accusé  par une bonne partie du Lumana de vouloir, comme Brutus dans la Rome antique, trucider le père pour prendre sa place, Soumana Sanda est aujourd’hui un responsable politique aux abois.

Convaincu en son for intérieur quela situation politique de Hama Amadou est désormais irréversible, le dauphin présomptif croit que son heure de gloire a peut- être sonné. Face à des concurrences sans envergure comme du petit Issoufou Issaka seulement confiné à son Téra natal, ou celle d’un falot comme Oumarou Dogari fabriqué de toutes pièces par l’usine Lumana hier, hier seulement, Soumana Sanda estime aujourd’hui qu’il a l’étoffe pour prendre  la place du chef.

En effet, un parti politique, par définition, est une organisation qui transcende la vie des membres qui la composent et par conséquent, il a vocation à perdurer. Djermakoye, pèrefondateur de l’ANDP a disparu, et pourtant l’ANDP existe toujours même si, aujourd’hui il est dans de mauvaises mains ! Il en est de même de l’ANC historique en Afrique du Sud qui a survécu à son fondateur, Nelson Mandela, même si, ici aussi la situation est pareille qu’avec l’ANDP. Ainsi, les hommes passent et les institutions demeurent.

Cependant, comme l’a si justement dit le Député Nassirou,  »le Lumana n’est pas un parti politique comme les autres, c’est un comité de soutien à Hama Amadou ». En droit des obligations, ce genre d’institution ont un nom, une appellation contrôlée : ce sont des institutions appelées intuitu personae, cela signifie en considération de la personne.

Le Lumana est un cas typique de ce genre d’institutions : il est fait, et vit uniquement pour une seule personne, celle de Hama Amadou bien entendu ! Si Soumana Sanda a pu occulter un moment cet aspect des choses pour envisager, ne serait-ce qu’un seul instant, remplacer le chef, empêché juridiquement, très tôt, il a été rappelé à l’ordre par les fanatiques du Lumana qui l’auraient même menacé de mort si jamais il persistait dans son entreprise !

Revenu sur terre par la force des choses, pour manifester son soutien indéfectible au gourou Hama Amadou, dare-dare, il organisa une messe de fidélité en guise de rentrée politique. Au cours de ce meeting, i fut contraint de ravaler ses ambitions en déclarant publiquement ceci : »J’aime Hama plus que ma propre personne » ! Les aficionados du Lumana n’en demandaient pas plus, le roi Hama du haut de son trône en exil a dû applaudir cette messe noire. Tout
est enfin rentré dans l’ordre et la vie continue ainsi au Lumana !

Adamu Bako (OPINIONS N° 378 DU 4 OCTOBRE 2017)