Dans la plupart des pays où les peuples ont opté pour l’alternance démocratique dans la conquête et l’exercice du pouvoir, il y’a en général deux camps qui s’affrontent, mais qui sont obligés de coexister pacifiquement. Il y’a d’un côté la majorité au pouvoir et de l’autre l’opposition politique.

Le fait d’être à la majorité ou à l’opposition n’est ni un dictat d’un camp sur l’autre ni un tirage au sort. Une telle configuration est la résultante d’un processus électoral et c’est le peuple souverain qui s’est prononcé in fine.

Presque partout ailleurs, l’engagement politique ambiant fait passer la patrie avant le parti. Ce qui n’empêche pas les contradictions et les contestations constructives et évolutives. Ce qui est sûr avec le suffrage, le même peuple peut décider que la place de l’un aujourd’hui soit celle de l’autre demain et vice-versa. Le fair-play, la patience et le civisme sont de mise.

Au Niger, la situation est toute autre. Elle est pourrie par un regroupement politiquement infréquentable et décadent dont certains des animateurs sont toujours dans la haine et les hostilités. Leur activisme politique extrémiste est unique. Tout le problème réside dans la conception absurde, erronée et étriquée qu’ils ont du pouvoir. Ils pensent qu’il leur est inné et son exercice leur est éternel et exclusif.

Ils sont toujours dans une logique anti-démocratique et rétrograde de la conquête ou la reconquête du pouvoir. Leur obstination émane de leur esprit nostalgique de la dictature. En réalité, ils n’ont jamais voulu de la démocratie et ils n’en veulent pas.  Ils ne croient pas au passage démocratique de témoin.

Ils espèrent arriver au pouvoir par la conjuration et les tumultes tragiques. Leur stratégie est toute simple. Ils opèrent dans une sphère d’intoxication ciblée et circonscrite qui elle-même se réduit comme une peau de chagrin. Conscients du fait qu’ils ne bénéficient pas du soutien populaire, il leur faut permanemment causer la désunion. Peu importe ce que ça peut coûter à la paix et la quiétude sociale. Pour eux, la fin justifie les moyens.

La violence, la vulgarité et le mépris dans leurs propos, leurs écrits et leurs actes sont les ingrédients de leur recette. C’est seulement de cette manière qu’ils entendent s’opposer, conquérir le pouvoir et l’exercer de la manière la plus fasciste. Comme l’a dit Albert Camus : « Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme. »

Réfléchir, analyser, critiquer pour faire des propositions ou des contre-propositions est un processus long, épineux et fastidieux pour eux. Pourtant, dans ce regroupement déplorable, il y’a des personnes sages qui sont étouffées par des manipulateurs « pouvoiristes » et fantoches. Ces personnes raisonnables doivent s’émanciper de l’influence négative des fachos.

Il est grand temps que cette fraction sage prenne ses responsabilités pour s’organiser et constituer une opposition crédible et démocratique. Elle a intérêt à abandonner la position rebelle et belliciste dans laquelle l’ont mise des individus désespérés et égocentristes. Elle doit mettre fin à la « sous-traitance » et arrêter de jouer le jeu des politiciens pétochards et leurs pantins qui persistent dans l’erreur et qui l’induisent en erreur.

C’est à elle d’organiser et de conduire les activités politiques au lieu de les laisser à des « activistes-sous-traitants » qui confondent et amalgament les enjeux, les époques et les combats. Ils sont dans une entente séditieuse où se côtoient et se bousculent des acteurs dont certains jouent plusieurs rôles comme dans un film.

Un véritable marché de dupes où certains ont l’illusion de maîtriser le jeu, tandis que d’autres sont téléguidés pour les leurrer et leur faire jouer un jeu dangereux. En réalité, c’est un cartel d’ethnocentristes, de populistes et de confusionnistes où chaque groupe joue au plus rusé. Ils font un mauvais usage de leurs médias et des réseaux sociaux pour intoxiquer des honnêtes citoyens, les tromper, les mobiliser sur des fausses bases et faire du Niger un pays ingouvernable.

Actuellement, dans notre pays, il n’y a pas une vraie opposition, c’est du semblant. En face de la majorité, il n’y a pas de face pour lui faire face. Il n’y a que des masques. La disponibilité et le dévouement doivent prévaloir.  Les manœuvres dilatoires, les faux-fuyants et la politique de la chaise vide sont contre-productifs et ne peuvent être des réponses à des questions liées à la gestion de notre chère patrie. Comme l’a dit Napoléon Bonaparte: « La première des vertus est le dévouement à la patrie. »

Les citoyens dévoués doivent se méfier des chantres de l’incivisme et de « l’impatriotisme ». Ils n’ont ni proposition ni solution, ils ont fait de la confusion et de la subversion leur agenda.

Abdourahaman ZAKARIA