Les navires qui avaient été arraisonnés pour pêche illégale dans les eaux ouest-africaines ont repris leurs activités comme si de rien n’était. Tel est le constat accablant que dresse le rapport publié aujourd’hui par Greenpeace Afrique à l’occasion de la Journée mondiale de la pêche. Ce rapport, intitulé « Le coût de la destruction des océans », montre que les pêcheurs africains et les communautés locales continuent de subir les conséquences de la surpêche et de la pêche illégale au large de l’Afrique de l’Ouest.

« La situation actuelle en Afrique de l’Ouest est le résultat non seulement de décennies de surpêche et d’inaction, mais aussi de la non-concrétisation, des engagements pris par les gouvernements des États ouest-africains et des États qui pêchent dans les eaux de la région, comme la Chine, la Corée du Sud ou les pays de l’Union européenne. Ces pays doivent changer d’approche et mettre, enfin, en œuvre les mesures essentielles à la survie des communautés », déclare Pavel Klinckhamers, Responsable de projet à Greenpeace.

« Les pays d’Afrique de l’Ouest continuent de signer des accords de pêche opaques avec des pays étrangers sans mettre en place les moyens de surveiller leurs activités, et sans prendre suffisamment en considération les intérêts des pêcheurs artisans. Résultat : ce sont l’environnement marin, les pêcheurs locaux et les populations africaines qui en subissent les préjudices », ajoute Pavel Klinckhamers.

 L’un des principaux acteurs de la pêche dans la région, la Chine, est actuellement en train de revoir sa Réglementation relative à la gestion de la pêche lointaine afin d’y inclure, notamment, des sanctions contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

Envisager des sanctions

Cependant, il est essentiel de garantir la transparence, l’application effective et le renforcement des régimes de sanctions des pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, de nouveaux accords de pêche sont en passe d’être conclus. Le mois dernier, la Chine a signé des accords de pêche à long terme avec la Sierra Leone, alors que l’Union européenne et la Guinée-Bissau sont en pour parler pour un nouvel accord devant remplacer celui qui en cours et qui arrive à échéance ce mois-ci. D’après des informations non confirmées, le Sénégal et la Russie ont également entamé des discussions pour autoriser de nouveau la flotte industrielle russe dans les eaux sénégalaises, desquelles elle avait été exclue en 2012.

« Il n’y a pas de solution miracle. Il faut que tous les acteurs de la pêche dans les eaux ouest-africaines travaillent de concert. Les États africains, en particulier, doivent gérer ensemble leurs ressources communes et veiller à ce que la pêche artisanale, source de nombreux emplois, soit préservée en priorité. Ce secteur emploie directement un million de personnes et génère trois milliards d’euros de revenus par an. En parallèle, les pays étrangers doivent garantir que leurs flottes ne compromettent pas la durabilité des pêcheries des pays dans lesquelles elles opèrent », explique Dr Ibrahima Cissé, Responsable de la campagne océans pour Greenpeace Afrique.

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