La renaissance culturelle est le premier axe du Programme de Renaissance du président Issoufou Mahamadou. C’est sur la base de ce Programme qu’il a été réélu en 2016. On comprend dès lors pourquoi le président a créé un ministère dédié à la renaissance culturelle qui va de pair avec la modernisation sociale. Ça c’est pour l’ambition.

 

Dans les faits, que constate-t-on ? Depuis plus d’un an, le gouvernement tente de se doter d’un document de stratégie. Des réunions y sont organisées. Des ateliers régionaux viennent de se tenir dans ce cadre, certainement dans l’objectif de plus d’inclusion sociale. Le ministre chargé de la renaissance culturelle était, la semaine dernière, à l’Assemblée où il a sollicité le soutien de la représentation nationale. Tout ça c’est bien.

Mais pour que la renaissance culturelle soit véritablement sur les rails, il y a un préalable : les gouvernants doivent être les premiers à opérer le changement de mentalités. Ce n’est pas exagéré, dans leur cas, de parler de décolonisation des mentalités tant leurs faits, gestes et paroles trahissent la volonté de changement que le président appelle de tous ses vœux. Ce sont les gouvernants qui foulent aux pieds le mérite pour promouvoir des cadres techniquement incompétents parce qu’ils sont politiquement corrects.

Ce qui ouvre la voie au clientélisme, à la corruption et à la mort lente de l’administration publique. Ce sont eux qui ferment souvent les yeux sur des pratiques non orthodoxes dans l’octroi des marchés en cherchant à favoriser telle relation ou telle autre au point où souvent ceux qui sont dans l’administration sont ceux qui les exécutent provoquant ainsi des délits d’initiés. Ce sont eux qui donnent l’impression de se servir plutôt que de servir le pays au vu et au su de leurs collaborateurs. A tel point où l’Etat est perçu comme une caverne d’Ali Baba.

Ce sont eux qui adoptent un discours quémandeur qui ancre davantage l’assistanat dans nos mœurs. Il suffit qu’un partenaire accorde quelques broutilles pour que des ministres se lancent dans des discours lénifiants qui vantent sa générosité. On demande même à la presse d’en faire une large couverture. Pourquoi les citoyens ne seront-ils pas dans la posture d’éternels assistés lorsque des ministres passent beaucoup de temps à « mendier », à solliciter de l’aide  même pour des choses pour lesquelles l’Etat a les ressources qu’il faut pour faire le travail ?

Il y a lieu de déconstruire le style de discours de nos dirigeants. C’est l’un des premiers actes que doit poser la renaissance culturelle pour réussir.

T.B

Niger Inter

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