Le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS Tarayya) a été créé à  l’issue de l’Assemblée Générale (AG) constitutive tenue à Niamey du 23 au 24 décembre 1990. Une Assemblée qui a permis de mettre en place un Comité Exécutif National Provisoire (CEN/P) et valider la création d’un parti dénommé « Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS-Tarayya) », Tarayya signifiant « Rassemblement ». Au moment où ce parti s’apprête à célébrer son 27ème anniversaire le 13 janvier prochain, faisons un retour rétrospectif sur la genèse de cette formation politique qui a été de tous les combats.

Le premier bureau du parti

Le premier Comité Exécutif National Provisoire (CEN/P) était composé comme suit : Secrétaire Général : Mahamadou Issoufou ;  Premier Secrétaire Général Adjoint : Foumakoye Gado ; Deuxième Secrétaire Général Adjoint : Bazoum Mohamed ; Secrétaire à l’organisation : Kané Souleymane ; Premier Secrétaire Adjoint à l’organisation : Karidjo Mahamadou ; Deuxième Secrétaire Adjoint à l’organisation : Nouhou Sani ; Secrétaire aux relations extérieures : Katambé Issoufou ;  Secrétaire Adjoint aux relations extérieures : Oumarou Inoussa ; Secrétaire à la jeunesse : Harouna Mahamadou ; Secrétaire Adjoint à la jeunesse : Abdou Ibo ; Secrétaire aux affaires économiques et sociales : Goubé Gaoh Moussa ; Secrétaire Adjoint aux affaires économiques et sociales : Abdo Hassan Maman ; Secrétaire aux affaires culturelles : Kelessi Inoussa ; Secrétaire Adjoint aux affaires culturelles : Moudour Badroum ;  Secrétaire à l’information et à la propagande : Massaoudou Hassoumi ; Secrétaire Adjoint à l’information et à la propagande : Ibrahim Laouali ; Trésorier Général : Waziri Maman Trésorier avec comme Adjoint : Marté Daouda.

Idéaux et idéologie

 Le PNDS se veut une force de progrès. Son emblème est un ensemble constitué : d’une roue dentelée symbolisant le progrès ; d’une poignée de mains traduisant l’union et la solidarité ; des épis de mil et de maïs, avec au centre de la roue, l’effigie d’une tête de taureau traduisant la promotion du monde rural. Son idéologie est le socialisme démocratique. Sa devise est : Solidarité, Démocratie, Travail.

Combat politique

Après avoir activement pris part aux travaux de la Conférence Nationale Souveraine tenue du 29 juillet au 3 novembre 1991, le PNDS participe au gouvernement de transition dirigé par M. Cheffou Amadou, avec 4 ministres. Il s’agit notamment de Mohamed Bazoum, Secrétaire d’Etat à la Coopération, Elback Adam, Ministre de la Communication, Badroum Moudour, Secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Ouhoumoudou Mahamadou, Ministre des Mines et de l’Energie. Le premier congrès statutaire du parti a eu lieu en décembre 1993 à Niamey. A la suite des élections générales organisées en février et mars 1993, le parti obtient 190 000 voix aux présidentielles, (soit 16%) et arrive en troisième position, et 180 000 voix aux législatives avec 13 députés (sur 83). Le Parti est alors représenté à l’Assemblée Nationale par  Mohamed Bazoum (Président du Groupe parlementaire), Bourtou Elhadji, Foumakoye Gado, remplacé par sa suppléante Mme Moussa Namata Hamani, Alat Mogaskia, Almoustapha Charfo, Ary Boulama Issa, Issa Hachi, Kalla Ankouraou, Karidjo Mahamadou, Mamane Amadou, Mashoul Yaro Sarki, Salla Souley et Salifou Adamou.

Le PNDS est alors membre de l’Alliance des Forces du Changement (AFC), une coalition de 11 partis politiques qui porte à la tête de l’Etat M. Mahamane Ousmane, candidat de la CDS arrivé en 2ème position aux élections présidentielles. Le 18 avril 1993, le Président du PNDS, Issoufou  Mahamadou  est nommé Premier Ministre. Le 23 avril 1993, le premier gouvernement de la 3ème République est formé. Il comprend 28 ministres et secrétaires d’Etat. Six (6) portefeuilles sont détenus par le PNDS à travers  Abdallah Boureima (Finances) ; Foumakoye Gado (Mines); Issoufou Katambé (Intérieur); Mme Kané Aïchatou (Plan); Mallam Kandine Adam (Justice) ; Massaoudou Hassoumi (Communication).

En septembre 1994, le Premier Ministre Mahamadou Issoufou démissionne de son poste. Le PNDS se retire de l’alliance au pouvoir. Une première dans l’histoire politique du Niger qui n’a jusqu’à ce jour jamais été rééditée. A la suite de la dissolution de l’Assemblée Nationale par le Président de la République, des élections législatives anticipées sont organisées en janvier 1995. Le PNDS recueille 230 000 voix, soit un score de 18%. Le Parti a 12 élus à l’Assemblée Nationale. Il s’agit notamment de : Alat Mogaskia (Président du Groupe parlementaire), Issoufou Mahamadou, Mahamane Goni Boulama, Ibrahim Ousmane, Sabo Saïdou, Bazoum Mohamed remplacé par son suppléant Ibrahim Souleymane, Boubacar Ikhiri, Hama Assa, Imo Wandara, Smaïne Younouss, Bourtou Elhadji, Salifou Adamou. L’alliance des partis MNSD, PNDS, RDA, UDFP obtient la majorité des sièges (43 sur 83). C’est la cohabitation. Le camarade Mahamadou Issoufou devient Président de l’Assemblée Nationale. Le PNDS a 3 portefeuilles au sein du gouvernement dirigé par M. Hama Amadou. Il s’agit de : Mohamed Bazoum (Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération), Kalla Ankouraou (Ministre de la Santé), Rhousmane Ahmed (Ministre de l’Equipement).

Le 27 janvier 1996, un coup d’Etat est perpétré contre le régime de la 3ème République. Le Colonel Ibrahim Mainassara Baré prend le pouvoir et met en place un Conseil de Salut National (CSN). Les partis politiques sont suspendus. Cependant, Mohamed Bazoum est maintenu au poste de Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération et Moussa Aloua a été nommé ministre de la Santé. Une nouvelle constitution est adoptée le 12 mai 1996. C’est la IVème République. Le 20 mai 1996, les partis politiques sont autorisés de nouveau à exercer leurs activités.

Les 7 et 8 juillet 1996, des élections présidentielles sont organisées. Elles donnent la victoire au Général Baré, candidat indépendant. Mais ces élections sont largement contestées par une frange importante de la population et l’ensemble des grands partis (MNSD, PNDS, CDS, …). En effet, elles se sont déroulées de façon anti-démocratique. Il s’agit en fait d’un hold-up électoral !

Le PNDS et 7 autres formations politiques parmi lesquelles figurent le MNSD et la CDS décident alors de créer le Front pour la Restauration et la Défense de la Démocratie (FRDD). Refusant de reconnaître la légitimité du régime Baré, le FRDD mènera ainsi des luttes multiformes. Et le PNDS-Tarayya sera au cœur de toutes les luttes, de tous les combats : Journées d’Initiatives Citoyennes (JID), marches, meetings, débats etc.

En novembre 1996, le pouvoir de l’époque organise des élections législatives. Mais celles-ci sont boycottées par l’opposition du fait non seulement du contentieux électoral né du scrutin présidentiel des 07 et 08 juillet, mais également parce que les conditions de transparence n’étaient pas garanties. Ces élections débouchent finalement sur la mise en place d’une Assemblée nationale monolithique, celle-là même que d’aucuns ont surnommée « Assemblée Balsa ». Des négociations sont engagées avec le gouvernement. Le PNDS y prend part de façon active. En juillet 1998, ces négociations débouchent sur un accord en vue de l’organisation d’élections locales, départementales et régionales dans des conditions de clarté et de transparence.

Ces élections sont organisées le 7 février 1999. Le déroulement du scrutin est caractérisé par la destruction et/ou la confiscation du matériel électoral dans plusieurs bureaux de vote. Ainsi, alors que l’opposition était sur le point de remporter majoritairement ces élections, la Cour suprême annule les résultats de quelques 7 600 bureaux de votes sur les 9 634 installés sur l’ensemble du territoire national. L’Opposition décide de rompre le dialogue avec le Pouvoir. Le Régime opte pour la manière forte. Le pays est dans une situation presque insurrectionnelle. C’est dans ce contexte qu’intervient le coup d’Etat du 09 avril 1999. Il est dirigé par le chef d’escadron Daouda Mallam Wanké, alors commandant de la garde présidentielle. Le Général Baré fut lâchement assassiné dans ce que l’ancien PM Ibrahim Hassane Mayaki avait présenté comme un ‘’accident malheureux’’.

Le 12 avril 1999, Daouda Mallam Wanké devient chef de l’Etat, à la tête du Conseil de Réconciliation Nationale (CNR). Une nouvelle transition est instaurée qui durera 9 mois. Le PNDS a 2 ministres au sein du gouvernement de transition dirigé alors par Ibrahim Assane Mayaki. Il s’agit de : Saïdou Sidibé (Finances) et Akilou Ahmed Baringueye (Education Nationale).

Le 18 juillet 1999, un référendum constitutionnel est organisé. Le « Oui » l’emporte. Une nouvelle constitution (Vème République) est alors promulguée en août 1999. Des élections présidentielles et législatives sont organisées en octobre et novembre de la même année. Le PNDS recueille 435 000 voix au premier tour des présidentielles. Le candidat du PNDS, Issoufou Mahamadou arrive en deuxième position avec un score de 22,79%. Il est malheureusement battu au second tour, recueillant 40,11% des voix. Aux élections législatives, le PNDS recueille 379 000 voix et obtient 16 députés (sur 83). Il s’agit d’ Alkabous Moussa, Katiella Gasso, Sabo Saidou, Massaoudou Hassoumi (Président du groupe parlementaire), Barka Tambari, Souley Oumarou, Issoufou Mahamadou, Ibrahim Nomao, Mahamadou Kado, Magawata Maman Amadou, Hama Assa, Ould Oumadah, Abdoulwahab Aboubacar, Adamou Idrissa, Ada Galabi, Sabiou Mamane.

En juillet 2004, des élections locales sont organisées. A l’issue de celles-ci, le PNDS-Tarayya obtient 821 conseillers (sur 3 683 au niveau national). Cela représente 22,29 % de l’ensemble des conseillers. Tout au long du premier mandat (2000-2004), le PNDS assume son rôle d’opposition avec un collectif de 11 autres partis réunis au sein de la CFD (Coordination des Forces Démocratiques). Le premier tour des élections présidentielles de novembre 2004 place Issoufou Mahamadou, candidat du PNDS en deuxième position avec un score de 24,59% (598 00 voix). Alors qu’un protocole d’accord est signé entre le PNDS et les principaux partis politiques, ces derniers soutiennent le candidat du Mouvement National pour la Société de Développement (MNDS-Nasaara). Issoufou Mahamadou Issoufou obtient finalement 34,47 % des voix au second tour.

Aux élections législatives (organisées le 4 décembre 2004) le PNDS recueille 540 000 voix et obtient 23 députés (sur sa propre liste) ainsi que 2 députés sur liste commune notamment avec le PNA et le RDA.  Le 31 mai 2007, une motion de censure déposée par l’opposition parlementaire (PNDS et alliés), renverse contre toute attente le gouvernement de M.Hama Amadou. M. Seyni Oumarou est alors nommé Premier ministre.

Après les épisodes tumultueux du tazartché qui a débouché sur coup d’Etat militaire le 18 avril 2010, des élections libres sont organisées et voient l’arrivée au pouvoir du Président Issoufou Mahamadou en 2011. Il sera réélu en 2016 pour un second et dernier mandat de 5 ans.

Depuis son accession au pouvoir, le Président Issoufou a permis au Niger d’amorcer son développement et de trouver une place de choix dans le concert des nations. De grandes réalisations continuent de marquer les deux mandats du Président Issoufou Mahamadou pour un Niger renaissant. Le parti est actuellement dirigé par Bazoum Mohamed, un des pères fondateurs du parti.

Garé Amadou (Source : site officiel du PNDS Tarayya)