Le Nigeria vient de demander au Niger d’effectuer des tests ADN dans une affaire de trafic de bébés. Deux mineurs accompagnés d’un ancien diplomate nigérien ont été arrêtés par la police nigériane. Après avoir été inculpé de trafic illicite d’enfants, l’homme a avoué que les deux enfants sont ceux du couple de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Hama Amadou.

Tout a commencé après le jugement devenu définitif de l’affaire dite de bébés nigériens. Une affaire de «supposition d’enfants» [expression juridique pour substitution d’enfants, ndlr] et où plusieurs personnalités et leurs épouses ont été condamnés et emprisonnés. Au nombre de ces personnalités, l’ancien président de l’Assemblée nationale du Niger, Hama Amadou et Hadiza, sa deuxième épouse.

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La justice nigérienne ayant déclaré que les bébés achetés au Nigéria voisin ne leur appartiennent pas, les a retirés et placés dans des orphelinats, à l’exception de deux jumeaux du couple Hama Amadou, qui restaient introuvables.

Quelques mois après cette disparition, les services de l’immigration du Nigeria mettent la main sur un ancien diplomate nigérien, accompagné des deux jumeaux. L’homme tentait de leur établir deux passeports nigérians. Arrêté et inculpé – entre autres le trafic illicite d’enfants – l’ancien diplomate finit par avouer que les deux jumeaux appartiennent au couple Hama Amadou.

Dans une lettre officielle, le procureur général du Nigéria demande alors aux autorités nigériennes une entraide judiciaire pour, dit-il, conduire un test ADN sur madame Hadiza Amadou, pour déterminer la paternité des deux jumeaux. Mais arrivés à Niamey, les enquêteurs qui se sont rendus au domicile de madame Hama ne l’y ont pas trouvée. Celle-ci, qui a purgé sa peine d’un an, est en déplacement à l’extérieur.

On se rappelle qu’au temps fort de cette affaire de supposition d’enfants, le couple Hama Amadou avait refusé tout test ADN, prétextant que leur religion le leur interdit.

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