Le président Issoufou vient d’être élevé à la Dignité de Grand-Croix de l’Ordre International des Palmes Académiques du CAMES. Une cérémonie grandiose a été organisée. D’importantes allocutions du Secrétaire général du CAMES et le récipiendaire lui-même ont été prononcées.

Cette actualité est interprétée de diverses manières. Des crétins aux doctes, chacun va de son commentaire. Mais ce qui est inquiétant au Niger c’est cette tendance à l’incivisme voire nihilisme développée par quelques-uns.

Le CAMES est une institution respectable et respectée qui fait la fierté des chercheurs africains qui ont obtenu son quitus comme gage de la crédibilité et du sérieux de leur posture académique.

Comme toute institution, le CAMES a aussi sa diplomatie et sa voie propre pour atteindre ses objectifs qui sont plus nobles que les états d’âmes et balivernes de  certains en mal d’inspiration et de repère. Ce Conseil a décidé souverainement d’honorer le président Issoufou et par ricochet le Niger qu’il incarne présentement.

Le Secrétaire général du CAMES, Pr. Bertrand Mbattoh a mis en évidence les raisons qui ont motivé la décision du CAMES : « l’amélioration de l’accès  à l’enseignement supérieur ; l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur; la structuration de l’offre de formation ; l’élaboration et la validation d’un plan de formation des enseignants chercheurs et technologues et préparer la professionnalisation locale en LMD ainsi que la concrétisation du système LMD au niveau des juridictions nigériennes. Il y a également l’adoption de la loi portant création d’un centre national de recherche scientifique et technologique ; le financement de 106 projets de recherche relatifs à la mobilisation des ressources en eau,  la sécurité alimentaire, la santé, l’éducation, les arts et culture, la recherche minière et énergétique ; l’organisation des journées scientifiques des Universités et le renforcement des capacités des enseignants chercheurs et technologues en matière de relations d’activités scientifiques ; le développement de programme de formation d’insertion professionnelle des jeunes pour apporter une solution pérenne aux problèmes de chômage des jeunes ;  l’équipement  des facultés en ordinateurs pour permettre un accès aux ressources documentaires virtuelles, à l’enseignement à distance , à la vidéo conférence, etc., sans oublier la création de quatre nouvelles Universités notamment à Agadez, Diffa, Dosso et Tillabéry. »

Mais au lieu de réfléchir et méditer sur ces acquis, ceux qui ne voient que du noir au Niger ont tenté de tourner en dérision cet évènement en s’appuyant sur des conjonctures du moment en oubliant l’essentiel.

Pourtant, il suffit de survoler notre histoire récente pour faire la part des choses en matière d’enseignement supérieur. C’est un fait : sous Issoufou l’Université de Niamey – pour ne considérer que celle-ci – a connu une transformation radicale tant les amphithéâtres et bien d’autres réalisations sont venues encombrées cet espace qui ressemblait à un vaste désert il y a seulement quelques années.

Un citoyen assez vigilant a fait ce commentaire de portée générale : « L’homme, l’homme, l’être humain n’est jamais satisfait. Un adage dit que: « nul n’est prophète chez soi ». On peut dire tout sur MI (NDLR : Mahamadou Issoufou) et demain dès qu’il n’est plus là, on commence à le regretter et à éprouver de la nostalgie comme on le fait pour Baba Tanja. »

Les problèmes d’un pays ne peuvent se régler par un coup de baguette magique, mais reconnaissons que sous Issoufou des efforts consentis sur le budget national et appuyés par la coopération inhérente à sa diplomatie d’avant-garde ont fait bouger les lignes considérablement dans nos universités. N’en déplaisent à ceux qui ont choisi de fermer les yeux face à cette réalité qui crève l’œil.

 On peut dire sans risque de se tromper que si le prochain président du Niger arrive à réaliser au moins ce que le régime du président Issoufou a fait, notre pays sera sans conteste parmi les pays les plus en vue en Afrique en matière de l’enseignement supérieur.

Le paiement des bourses et des subsides aux étudiants ne constituent pas uniquement l’essentiel du fondement des universités. Et nul doute que cette situation conjoncturelle ne saurait perdurer au regard de la vision du président de la République à inverser la tendance pour un Niger renaissant et émergent. C’est un impératif qu’il urge de satisfaire. Nous en sommes conscients et nous appelons de tous vœux les gouvernants à tenir compte des revendications sociales.

Mais il ne faut pas se leurrer. La gestion d’un pays c’est aussi un tout bien complexe où il faut en même temps veiller à la sécurité, la santé, l’école, l’hydraulique, le fonctionnement de l’administration et toutes ces priorités que chacun  pourrait énumérer. Ces besoins humains fondamentaux dont la non satisfaction classe notre pays parmi les derniers de la planète.

Disons-le tout net, autant un père de famille ne peut se permettre de dépenser tout le budget de la famille dans la nourriture, autant un chef d’Etat est tenu d’assurer le juste milieu pour faire rouler la machine.

Ceux qui promettent de régler les problèmes du pays en un mandat ou deux ne sont que des vendeurs d’illusion et menteurs attitrés qui ne cherchent qu’à conquérir le pouvoir pour se servir ou sacrifier l’intérêt général.

Nous l’avons toujours rappelé, les hommes passent quels qu’ils soient mais le Niger reste et demeure et c’est le Niger qu’il faut considérer. Simple avis.

EMS