Au Niger, notre démocratie poursuit son petit bonhomme de chemin et il est du devoir de chaque citoyen de ne tolérer aucune tentative de son dévoiement. Pour influencer la gouvernance, les différents acteurs de la démocratie doivent savoir jouer leurs rôles sans fausser ou défier les règles du jeu démocratique. Bizarrement, depuis un certain temps, nous assistons à des hors-jeux flagrants et incessants de la part de certains activistes. Ils sont dans un méli-mélo appelé Organisations de la Société Civile dont la plupart fonctionnent sans aucune démocratie interne.

Il n’est un secret pour personne que parmi ces activistes, certains ont des ambitions hautement politiques déclarées et d’autres sont des militants sous-marins des partis politiques. Certes, Ils ont droit au militantisme politique et à leurs ambitions. Cependant, ils doivent s’abstenir de parler et agir abusivement au nom de la société civile pour défendre leurs intérêts  strictement politiques et partisans. Sans quoi, la société civile deviendra une « nocivité civile » dans la gestion démocratique de la cité.

Il est indéniable que certains parmi eux ont fait leur temps en tant qu’acteurs de la société civile. L’opinion nationale et internationale sont témoins de leur évolution et de leur métamorphose. Force est de constater qu’ils ont aujourd’hui atteint leurs limites. Ils se sont carrément écartés de la ligne pour être dans une posture populiste et démagogique. Nombreux sont ceux parmi eux qui s’agitent dans la société civile pour se servir et non pour servir la société.

Pourtant, les Nigériens avec leur sens du pardon et de la patience les observent pour voir s’ils vont s’amender. C’est ce qu’ils doivent conséquemment faire. Ils doivent tirer leur révérence, quitter la société civile, s’engager pour servir le pays et s’investir dans la conquête du pouvoir qui est leur domaine de prédilection. La supercherie n’a que trop duré. Vivement une véritable société civile au Niger!

Il est grand temps de mettre fin à cette imposture. Ils n’ont qu’à chercher à conquérir le pouvoir à visage découvert et loyalement. Si tant est qu’ils sont sûrs de leur popularité, ils n’ont qu’à entrer dans l’arène politique avec les deux pieds. C’est l’occasion pour eux de prouver comme ils le prétendent, qu’ils peuvent être meilleurs que ceux qu’ils ont toujours voué aux gémonies. De quoi ont-ils peur en ayant un pied dedans et un autre dehors ?

D’ailleurs, leurs manifestations et autres activités ont toujours eu pour but la conquête du pouvoir de manière déloyale et rétrograde. C’est pourquoi ils sont à l’aise dans l’incitation aux émeutes et à l’incivisme. C’est le lieu de rappeler aux quelques suivistes qui les croient qu’il n’y a pas de dynamisme démocratique ni de développement sans civisme. Les manifestations sont utiles pour la gouvernance. Elles entretiennent et alimentent la vivacité de la démocratie. Elles alertent, orientent et contraignent souvent les gouvernants.

Malheureusement, ces derniers temps elles ont pris une autre tournure dans notre pays. Elles ont quitté le domaine de la civilisation pour se réfugier dans la barbarie. Dans une stratégie jusqu’au-boutiste basée sur la subversion et la destruction, elles sont organisées et coordonnées dans le seul but d’aboutir à un renversement des institutions républicaines et démocratiques. Il revient à une prétendue société civile de faire ce sale boulot. D’ailleurs, les conspirateurs ne s’en cachent pas.

Ils ne se gênent pas de prendre leurs compatriotes pour des naïfs. Après chaque manifestation violente, ils prêchent et professent le pacifisme, alors qu’il n’en est rien. En réalité, dans leur projet macabre, ils sont de mèche avec d’autres politiciens désespérés et utilisent leurs nervis qu’ils incitent à la violence, au vandalisme et à la pyromanie. Ils caressent le rêve de  réussir un jour à brûler et à détruire tout sur leur passage pour crier victoire et jubiler. Malheureusement pour eux, les forces de l’ordre ont toujours courageusement et patriotiquement déjoué leur funeste scénario.

Dans notre pays, nous avons des comploteurs qui usent et abusent allègrement de la démocratie tout en appelant en même temps à sa restauration. Ils doivent jouer franc-jeu. L’Etat doit user de son autorité pour mettre fin à la déloyauté, à l’incivisme, au vandalisme et à la violence. Il ne peut y avoir d’Etat sans autorité. N’oublions aussi pas comme l’a si bien dit Max Weber: « Seul l’État détient le monopole de la violence physique légitime » et il doit prendre les dispositions nécessaires pour protéger les personnes et leurs biens dans notre chère patrie.

Abdourahaman ZAKARIA