Comme chaque année les femmes du monde entier vont commémorer, le 8 mars, la journée internationale de la femme. Journée qui est, pour cette année encore, une journée de lutte pour les droits des femmes «Nous ne voulons pas de fleurs, pas de cadeaux, nous voulons des droits garantis et protégés : nous voulons l’égalité ».

Pour comprendre ce thème, il est nécessaire de connaitre les origines de la journée internationale des droits des femmes : un devoir de mémoire s’impose, surtout pour nous autres femmes socialistes. En effet c’est en 1910 lors de la deuxième conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, que Clara Zetkin proposa une journée internationale de la femme, idée qui fut renforcée le 23 février 1917 lors d’une manifestation d’ouvrières en Russie. Toutefois, il y a lieu de noter que le mouvement dirigé par Clara Zetkin, journaliste de l’Allemagne, a démarré en 1907 lorsque 58 femmes déléguées venues des pays d’Europe et d’Outre-Mer se rencontrèrent pour la première conférence des femmes socialistes et décident d’établir un secrétariat international sous la direction de Clara Zetkin, qui marqua la création de l’Internationale Socialiste des Femmes. Cette première conférence adopta une résolution sur le droit de vote des femmes, résolution qui devint le point de départ de luttes inlassables pour les droits politiques des femmes.

Le mois de mars des années qui suivirent la proposition de Clara Zetkin fut marqué par diverses manifestations dans différents pays du monde pour réclamer, d’abord le droit de vote pour les femmes, ensuite les droits politiques et la fin de toute discrimination à l’égard des femmes. Dans les années 70, le mouvement féministe s’empare de cette date symbolique du 8 mars. Ce n’est qu’en 1975 que l’Assemblée Générale des Nations Unies proclamât l’année internationale de la femme et la Décennie des Nations Unies pour la femme (1976-1985). Et, en 1977, l’Assemblée Générale des Nations Unies demanda à tous les pays de la planète de s’efforcer de créer les conditions favorables à l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes et à leur pleine participation sur un pied d’égalité, au développement social (résolution 32/142).

La lutte engagée par les femmes socialistes est reconnue et devenue désormais celle des femmes du monde. L’ONU a célébré le 8 mars, journée internationale de la femme pour la première fois en 1975. Ainsi, cette journée est devenue une reconnaissance du monde entier pour l’équité, l’égalité, la paix internationale et le développement durable.

Tant que l’égalité n’est pas atteinte, le 8 mars continue d’être célébré. Il continue d’être célébré, par devoir de mémoire, car, la lutte des femmes pour leurs droits, c’est toute l’année. Car, l’égalité que nous prônons n’est pas tant une égalité numérique, mais, une égalité de conditions, une égalité de situation, une justice équitable, un mieux-être égalitaire pour tous, fille et garçons, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes.

Le retard des femmes sur tous les plans est profond. Même quand on reconnaît le bien fondé et la nécessité, ce n’est pas demain que l’égalité va être consacrée. Car, tant qu’il y a encore des femmes qui courbent l’échine sous le poids des tâches domestiques, tant qu’il y a encore des filles qui ne sont pas scolarisées, le fossé va continuer à se creuser.

Aussi, comme l’a dit Son Excellence Issoufou Mahamadou, Président de la République du Niger : « …. s’il y a un domaine où l’égalité des chances est possible, s’il y a un domaine où une fille vaut un garçon et peut donc rendre les mêmes services à sa famille et à la société, c’est bien le domaine de la connaissance ». Car, avec la connaissance, nous pouvons valablement lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles, lutter contre les mariages et les grossesses précoces, lutter contre toutes les discriminations faites aux femmes et aux filles, un agenda de l’Internationale Socialiste des Femmes.

En mémoire aux femmes pionnières de l’Internationale Socialiste des Femmes, l’Organisation des Femmes Tarayya (OFT) vous invite à faire de tous les jours de l’année, des 8 mars, des journées de « lutte pour des droits garantis et protégés, des journées de lutte pour l’égalité ». Et pour cela, nous nous inscrivons pour la scolarisation et le maintien des filles à l’école, pour l’éducation et l’autonomisation des femmes. Car, c’est ensemble, femmes rurales et femmes citadines, que nous pourrons transformer le monde !

Bonne fête à toutes les femmes du monde

 

Mme Ousseini Hadizatou Yacouba

Présidente Nationale de l’Organisation des Femmes Tarayya (OFT-Niger)

Vice-Présidente de l’Internationale Socialiste des Femmes

Vice-Présidente du Forum des Femmes Africaines Post2015

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