Le droit de manifestation est un droit constitutionnel reconnu et garanti aux citoyens. C’est la jouissance de ces droits qui permet d’oxygéner la vie publique et d’assurer la vitalité de la démocratie. C’est pourquoi, la loi a balisé les conditions de jouissance de ces droits. Ces balises valent autant pour l’Etat que pour les citoyens qui font valoir ces droits. Or ne pas respecter les règles du jeu revient à hypothéquer la jouissance de ces droits, à se délester de ces droits.

Malheureusement, certaines organisations de la société civile qui en usaient à volonté, à travers des manifestations de rue, au moins 2 fois dans le mois, ont insidieusement renoncé à ces droits en décidant de tenir lesdites manifestations dans un nouveau format que les autorités municipales ne trouvaient pas en adéquation avec les impératifs de la sécurité publique.

Pourquoi changer de fusil d’épaule alors que les manifestations qui se faisaient le jour selon une tradition bien établie permettaient aux militants de la société civile d’y prendre part ? Pourquoi changer de stratégie alors que celle qui est en vigueur a donné les preuves de son « efficacité » ? En d’autres termes, pourquoi changer les horaires des manifestations alors que jusque-là la société civile se félicitait du niveau de mobilisation contre la loi de finances 2018 ?

Or c’est le changement d’horaires en ramenant les manifestations aux soirées qui a conduit le mouvement à l’impasse avec la destruction des biens publics et privés et la mise sous mandat de dépôt de 23 activistes. Comment se fait-il que les organisateurs de la société civile s’agrippent sur une méthode inopérante comme si l’objectif était de déboucher sur un cul-de-sac, faute de donner des perspectives au mouvement ?

Cela est déroutant. Tout se passe comme si aujourd’hui la loi de finances n’est qu’un heureux prétexte pour mener des agitations sans finalité objective, en rupture avec les professions de foi de départ.

Il est clair qu’en décidant d’organiser des manifestations le 15 avril, de 16h à 00 heure, ceux qui ont lancé le mot d’ordre savent très bien que les autorités municipales ne vont pas déroger à l’argument qu’elles ont mis en avant pour refuser la manifestation de la dernière fois : impératifs de la sécurité publique.

Si tant est que l’objectif est de continuer à mobiliser les gens en vue d’amener le gouvernement à rapporter certaines dispositions jugées antisociales de la loi de finances, pourquoi alors ne pas organiser les manifestations de jour, les week-ends ?

C’est à se demander si les organisateurs croient encore aux fondements de la lutte qui a été engagée par ceux qui sont actuellement en prison. C’est un tel comportement qui fait dire à certains que le mouvement a maintenant une teneur politicienne.

T.B

Niger Inter

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