Ce Dimanche 1er Avril 2018, le président de la République Issoufou Mahamadou vient de brosser le bilan de la deuxième année de sa seconde mandature. Face au journaliste Fogué Aboubacar, le président Issoufou a passé en revue son programme dit de la Renaissance acte II. Il s’est également prononcé sur des questions brûlantes de l’actualité nationale.

Les questions de sécurité, d’éducation, de santé, les infrastructures, la renaissance culturelle, les 3N, la démographie, la loi des finances 2018 et la crise à l’Université de Niamey ont constitué le menu de cette communication du chef de l’Etat.

Le président Issoufou avait commencé son bilan en rappelant que le but qu’il s’était fixé à travers son programme de renaissance du Niger visait à instaurer des institutions démocratiques fortes et stables. Et le président de la République a réaffirmé l’effort du gouvernement depuis ses 7 ans au pouvoir à asseoir des institutions fortes pour un Etat démocratique fort. Car sous le sillage du président Obama, pour le président Issoufou l’Afrique a besoin des institutions fortes pas des hommes forts.

Cela passe également par le renforcement de la stabilité macro-économique du pays. C’est pourquoi selon le président Issoufou, le gouvernement a fait des efforts pour maîtriser l’inflation qui se situe présentement à un taux de 6,5%.

Depuis 7 ans le gouvernement est en train de réaliser des infrastructures dans le pays, a dit le chef de l’Etat. Cet effort est poursuivi en 2016 et 2017 avec Agadez Sokni et Tahoua Sakola en plus des autres réalisations dans le cadre des fêtes tournantes comme Dosso Sogha et Maradi Kolliya. Dans ce domaine, le président Issoufou a annoncé l’inauguration de l’échangeur Diori Hamani le 3 Avril prochain. Il a égalé évoqué la réalisation des routes Balayara/Loga et Zinder/Magariya.

Le chef de l’Etat a rappelé l’impact des 3N qui font que désormais au Niger, sécheresse n’est pas synonyme de famine. Dans ce cadre ,  des plans de soutien aux populations ont été mis en œuvre.

Sur le plan social, le chef de l’Etat a survolé les efforts du gouvernement dans les domaines de l’éducation, la santé et la démographie. Ces efforts se mesurent en termes d’amélioration de la qualité de l’éducation y compris l’éducation de la jeune fille ; la gratuité des soins, la santé de la reproduction et la réduction du taux de fécondité selon une récente enquête de l’Institution national de la statistique (INS). Ce qui augure, selon le président Issoufou, une bonne perspective pour la transition démographique de notre pays. Au plan social, c’est aussi 220 000 emplois créés entre 2016 et 2017, a déclaré le magistrat suprême.

A la question du journaliste sur la Renaissance culturelle, le chef de l’Etat a rappelé qu’il s’agit de la modernisation de la vie sociale et politique notamment le changement des mentalités en se démarquant des tares comme la corruption, l’ethnorégionalisme, le népotisme. Bref, le chef de l’Etat a dit que le gouvernement dispose désormais d’une feuille de route pour combattre ces contre valeurs.

Sur le plan sécuritaire, le président Issoufou a dit que la sécurité constitue la priorité des priorités de sa gouvernance. Il a déclaré qu’en 2016 et 2017 c’est respectivement 17 et 21 % des ressources budgétaires qui ont été affectées à la sécurité presque l’équivalent de ce qui a été destiné à l’éducation sur les deux ans de la seconde mandature. Sur ce chapitre, parlant du G5 Sahel, le président Issoufou a annoncé que désormais grâce à l’appui des partenaires, les ressources sont rassemblées pour faire aux défis sécuritaires. Le président continue de plaider que la force G5 Sahel soit mise sous chapitre 7 des Nations-Unies.

Répondant à une question sur la prise en otage des 39 personnes à N’Galewa dans la région de Diffa, le président Issoufou a rappelé l’effort du Niger et des Etats voisins pour vaincre le terrorisme. Sauf que sur la question des bases militaires, le président Issoufou se dit ‘’troubler’’ par ceux qui ne voient que les partenaires qui viennent nous aider dans le cadre de la coopération militaire mais ne voient guère que les terroristes viennent également de l’extérieur.

A propos de la contestation de la loi des finances 2018 par des Organisations de la société civile, le président de la République a déclaré que cette loi répond aux aspirations des Nigériens. Il s’agit pour le président Issoufou du financement de notre développement soutenu par la majorité. Le fait que cette loi soit contestée par d’autres nigériens relève de la vitalité du jeu démocratique au Niger pour le  président Issoufou. A la question de la dérive autoritaire au Niger, le président Issoufou considère qu’il n’y a pas de dérive autoritaire. Il y a plutôt nécessité d’un Etat fort au Niger qui puisse garantir l’ordre et la liberté. Et le président de la République a dit sans ambages : « l’ordre sans liberté c’est la dictature, la liberté sans ordre c’est l’anarchie ».

S’agissant de la crise à l’Université Abdou Moumouni, le président Issoufou a bien voulu reprendre la jeunesse en rappelant leur slogan quand ils étaient étudiants : « techniquement compétent et politiquement conscient ». Il faudrait que la jeunesse s’inspire pour faire face aux défis de leur temps. Pour le président de la République, il s’agit d’un problème d’autorité à l’Université de Niamey. Mais le père de la nation a dit que le gouvernement veillera à ce que l’ordre revienne à l’Université pour juguler cette crise.

Abordant une question sur le dialogue politique, le chef de l’Etat a en substance  réaffirmé sa main tendue à l’endroit de l’opposition politique tout en exhortant la majorité et l’opposition à renouer le dialogue au sein du CNDP.

L’entretien bilan de deux ans a pris fin sur le succès diplomatique du président Issoufou sur le PDES 2017/2021 et l’accord sur la zone de libre-échange continental (ZLECAF). Le président Issoufou estime qu’à terme tous les pays africains vont signer cet accord. Du reste, pour le chef de l’Etat cet accord constitue un ‘’succès historique, un tournant pour réparer le miroir brisé et boucher les trous de la jarre percée’’ qu’est la carte de l’Afrique. Il faut surmonter les 84 000 km de frontières qui empêchent aux africains de commercer, a déclaré le président Issoufou.

EMS et Abdoul Aziz Moussa

 

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