Après la réplique du Pr Issoufou Yahaha, le sociologue ELHADJI ABALACAN Ahmad ne désarme pas. Il persiste et signe que le Pr Yahaya prend de liberté par rapport aux faits notamment son appréciation de la situation sociopolitique nationale. Le débat continue.

 

Professeur,

Je n’érige personne en « garant » de notre démocratie hormis le peuple nigérien. De quel droit l’aurai-je fais? Dieu merci, les écrits traversant le temps le lecteur se faira au besoin son idée sur mon opinion.

Je vis bien au Niger ou j’entends des nombreuses voix qui se réclament de la société civile et qui n’épousent pas forcement les idées de vos amis « les acteurs représentatifs ». Par ailleurs, Professeur, il ne vous aurait certainement pas échappé que dans ce milieu opaque dit de la société civile l’unanimité est l’exception et la divergence la règle. A partir de quels critères objectifs alors labélisez-vous vos amis « représentatifs de la société civile » ?

Toujours à propos de cet objet volant non identifié (la société civile) pourquoi cette éternelle tendance à faire la morale à toute la nation, tout le temps, même lorsqu’on fait vingt mandats de suite, indéboulonnable président de son ONG. Lorsqu’on ne rend des comptes à personne même pas à sa tutelle? On ne peut pas se réclamer pour la transparence et ne vivre que pour et par l’opacité. Sauf si on fait sien l’adage « ne faites pas ce que je fais, faites plutôt ce que je dis »

Non il n’y a pas de confusion de rôles ou d’acteurs entre la gouvernance stratégique et la gouvernance opérationnelle sous ce régime. La nouveauté ce sont les bilans périodiques du Président auxquels sont allergiques les partisans de la totale opacité. Eux qui n’ont jamais eu de programme politique chiffrés et donc n’avaient jamais eu de compte à rendre à personne.

Nous voilà revenus à l’essentiel Professeur. Les infrastructures routières. Tantôt utiles tantôt investissement non structurant parce que « le goudron ne se mange pas » pour certains. Une sagesse nous rappelle pourtant que « Là où passe la route passe le développement ». La RTA a une histoire Professeur. Elle n’est pas tombée par magie du ciel. De même sa dégradation ne s’est pas faite en un jour.

Je professe mon ignorance quant à « la chose routière » tout de même ma curiosité m’a fait comprendre qu’elle daterait de 1980. Si on considère que sa durée de vie est de plus ou moins 10 ans, en 1990 déjà il fallait penser à son renouvellement. Entre 1980 et 2010 plus d’un quart de siècle s’était écoulé. Cinq régimes se sont succédé. Comble du ridicule, en 2004, la SERTA qui l’entretenait reçut le coup fatal de sa dissolution. Il a fallut 2007 quand la route s’était gravement dégradée pour faire semblant de s’y intéresser. Prétextant l’insécurité, les gouvernants de l’époque avaient très vite fait le choix de suspendre les travaux.

Ce rappel historique juste pour dire que cette route s’était dégradée depuis très longtemps. Elle ne s’était pas dégradé en un seul jour de 2010 comme par enchantement. Elle n’a jamais intéressé en réalité ceux qui font aujourd’hui la morale au régime actuel.

Je réitère encore mon ignorance de « la chose routière » cependant si on considère le coût du kilomètre de goudron à ce jour voir même il y a cinq ans, vous conviendrez avec moi que c’est un investissement lourd demandant la recherche d’investisseurs sérieux, qui ne courent pas la rue. Je suppose. Mais d’ores et déjà, je crois savoir que les marchés sont passés dans le cadre d’un partenariat public privé et qu’il ne reste que quelques détails pour le démarrage effectif des travaux. Je comprends que certains cherchent n’importe quelle bouée de sauvetage et surtout une occasion de canaliser les frustrations et de créer la chienlit. Ne prêtez pas le flanc à ces apprentis sorciers Professeur, qui tentent le tout pour le tout. Ce pays est le seul nôtre hérité de nos ancêtres. Léguons le fort et uni aux générations futures.

A propos du pillage, qui pille quoi Professeur ? Où sont les preuves du pillage claironné chaque matin. Je me rappelle encore une certaine presse sérieuse d’investigation, au début des années 2000. J’en ai presque la nostalgie. Je me souviens encore les unes du Républicain avec en fac-similé les documents originaux des marchés fantaisistes passés de gré à gré avec une certaine Zeinab Dagazaw pour peindre une villa à un coût cinq fois supérieure à celui de celle-ci. Je me rappelle les fac-similés de l’affaire MEBA publiés en une du Républicain. Entre nous Professeur du haut de votre stature d’enseignant et de chercheur vouant un culte à la preuve, croyez-vous aux rumeurs sans fondements (puisse que sans preuves) fabriquées là où vous savez et ventilées par qui vous savez. Vous êtes trop malin pour croire à ses histoires que se racontent certains juste pour se faire plaisir et se faire la preuve de leur propre existence. « Je dénigre donc je suis ».

Sur l’Allemagne vous n’avez pas répondu à mes questions. Vous avez juste rappelé les faits historiques. Je les réitère et j’en rajoute. Pourquoi la Djibouti se bat pour devenir un carrefour des bases militaires étrangères ou se côtoient français, chinois et américains ? Que gagne t-elle ? Pas la recolonisation tout de même ? Pourquoi en 2008 quand Wade a voulu fermer la compagnie militaire française de Cap manuel à Dakar des milliers de Sénégalais avaient protesté dans la rue craignant pour leurs milliers d’emploi. Eclairez nous sur ces questions Professeur. Allez-y au-delà des faits et des clichés développés par le commun des mortels.

Votre opinion de la relation franco-africaine passe après l’intérêt du plus grand nombre, l’intérêt de la Nation cernée, mais debout et qui se bat pour nous savoir dormis en paix.

Nuits débout et chars à Paris. En voilà une curieuse comparaison. En France le ratio policier par habitant est de combien Professeur? Ensuite la France n’est pas frontalière du Mali dont le nord était sous contrôle djihadiste s’il ne l’est pas encore. La France n’était pas frontalière avec le Nigeria dont le sud-est abrite les bases de Boko Haram. La France n’a pas à sa frontière nord un no mans Land appelé Libye. Par conséquent, Le Président français (élu à 66% comme vous le dites) peut librement se promener entre les étales d’une foire agricole avec un dispositif sécuritaire énorme mais discret au risque seulement d’être aspergé de farine ou immaculé du jaune d’œuf. Les français peuvent rester debout toute la nuit, toute l’année au Trocadéro. Comparons le comparable avec des outils de comparaison.

A propos de la Gouvernance au Niger, je ne saurais être plus éloquent, plus objectif (vous non plus d’ailleurs) que la Banque mondiale, Transparency Internationale ou Reporter sans frontières dont les rapports périodiques ne tarissent d’éloges pour notre pays.

Je ne saurai terminer sans souhaiter à vous et à tous ceux qui vous sont chers la traditionnelle bonne fête de Ramadan.

ELHADJI ABALACAN Ahmad

Niger Inter

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