Ce n’est pas exagéré de demander plus d’égards pour la femme (en travail) à la maternité Issaka Gazoby. Au regard du mauvais traitement infligé à la femme au stade du travail et de l’accouchement à la maternité centrale dénommée Issaka Gazoby, il y a lieu de se demander si certaines sages-femmes ou filles de salle n’ont pas un caillou à la place du cœur ?

Le moins qu’on puisse dire c’est que du fait des mauvaises attitudes de ces dames, le séjour de nombreuses mamans vire au cauchemar tant ces dernières subissent des traitements inhumains de la part de celles qui sont censées les accompagner. Chose assez curieuse, comment une femme qui connait la douleur de l’accouchement peut-elle se comporter de façon aussi irresponsable face à sa sœur, se demande B. Hadiza  une accompagnante désorientée par l’indifférence du personnel face aux douleurs éprouvantes de sa sœur en travail ?

Si hier au sein de l’opinion c’était la phobie de la césarienne trop facile à la maternité centrale qui semait la panique au sein de la gent féminine, aujourd’hui c’est une kyrielle de mauvaises attitudes du personnel dans nos maternités notamment la maternité centrale qui défraie la chronique dans les causeries des femmes. Le mauvais accueil, la banalisation, les comportements agressifs, culpabilisants et indifférence sont le lot de mauvaises attitudes que rencontrent les femmes le plus souvent orientées à ce lieu réputé pour son expertise à partir des maternités périphériques.

‘’A mon avis c’est parce que les gens ne portent pas plainte contre  les agents de cette maternité pour négligence et non-assistance à ces femmes en travail que certains comportements continuent d’être observés dans nos maternités’’, nous a confié une ex sage-femme qui déplore la désertion de la conscience professionnelle aujourd’hui. Et cette ancienne sage-femme de s’inquiéter combien de femmes ou bébés ont perdu leur vie ou risque de la perdre du fait de l’insouciance du personnel ?

L’autre face de l’iceberg, c’est aussi l’opacité dans les  conditions d’attribution des lits en catégories qui  constitue une réalité à la maternité centrale. Nous sommes témoins d’une scène où une salle à deux lits était occupée par une patiente et ses accompagnants parce que simplement le mari de la bonne dame aurait payé pour les deux lits comme dans un hôtel alors que d’autres patientes se démènent pour avoir un lit. Et selon une source digne de foi, cette situation est entretenue par quelques agents qui se tirent pas mal d’affaires.

Que dire de cette femme dont le bébé a rendu l’âme selon le constat de décès à 20h05 et qui a dû payer pour un lit au-delà de 22heures ? « J’étais sûre que je leur ai confié le corps sans vie de mon bébé », nous a confié cette dame éprouvée. Celle-ci était scandalisée lorsqu’elle a appris que le constat de décès du bébé concorde bien avec ses prétentions de la veille. Elle avait par avance payé cette facture assez salée pour elle en plus de sa douleur physique et également la perte de son bébé !

Un autre grief des usagers de la maternité Issaka Gazoby c’est aussi le favoritisme selon qu’on connait une sage-femme, une fille de salle ou un agent là-bas. ‘’Si tu arrive avec un look d’une villageoise tu vas connaitre ces comportements agressifs et l’indifférence totale’’, nous a confié une enseignante qui avait fait une fausse couche il y a un an à la maternité Issaka Gazoby. Et d’ajouter : « c’est révoltant de voir ces filles de salle jouer au téléphone sur les réseaux sociaux au moment où la vie d’autres femmes qu’elles sont censées soulager est en danger ».

Pourtant les experts incitent les femmes à se ruer dans les maternités car selon eux la fistule obstétricale s’explique par entre autres un long travail sans assistance médicale à une femme. Alors le déficit de la capacité en salles de la maternité centrale suffit-il à justifier l’indifférence et les risques qu’encourent certaines femmes qui doivent prendre leur mal en patience avant de voir leur cas examiner ? Là où le bât blesse c’est que ces femmes arrivent  le plus souvent en urgence.

Si l’administrateur de cet établissement écoute les cris de cœur des femmes, il urge qu’il revoit sa copie. Il urge d’inverser la tendance du management actuel de la maternité centrale en décidant de combattre résolument les antivaleurs et mauvaises attitudes du personnel qui doit être au service de celles qui méritent tous les soins et égards en venant …donner la vie.

En un mot comme en mille, nous disons simplement qu’il faut humaniser les attitudes et comportements du personnel dans nos maternités. Il faudrait qu’aller accoucher à la maternité centrale cesse d’être un cauchemar pour les femmes et leurs familles. Si seulement on soignait la communication et l’accueil dans cet établissement, ce serait en soi un soulagement. N’est-ce pas ridicule que des femmes infligent à leurs sœurs des traitements inhumains et dégradants ? Des antivaleurs à combattre…sans faiblesse.

Elh. M. Souleymane

Niger Inter

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