«… ce procès n’a rien de politique, il y a eu bel et bien violation de la loi et parce que la Loi reste toujours la Loi, la justice a été rendue. Chacun doit en prendre acte et c’est tant mieux pour la République et la Démocratie », déclare DAOUI AHMETT BARINGAYE

Daoui Ahmett BARINGUE est président de l’organisation de la jeunesse Tarayya (OJT). Dans l’entretien qui suit il a abordé des questions majeures d’actualité brûlante comme le procès des acteurs de la société civile, le processus électorale et bien sûr les dynamiques politiques au PNDS Tarayya. Entretien.

 L’ORGANISATION DE LA JEUNESSE TARAYYA(OJT) a tenu son 3ème congrès ordinaire du 3 au 4 mars 2018 à Niamey. A L’issue de ce congrès, un nouveau Bureau Exécutif National a été mis en place. Vous avez été élu  à l’unanimité pour conduire ce nouveau bureau, pouvez-vous nous dire quel a été  votre sentiment ?

 DAOUI AHMETT BARINGAYE : Avant tout propos, il est bon de rappeler que ces assises se sont déroulées dans une ambiance bon enfant, empreinte de convivialité et de camaraderie dans la pure tradition du PNDS. C’est pour nous un réel motif de satisfaction et c’est pourquoi il nous plaît de réitérer nos hommages appuyés aux aînés pour nous avoir légué d’aussi nobles valeurs. Tout comme, il convient de renouveler nos félicitations et nos remerciements au BEN/ OJT sortant et particulièrement au camarade Ibrahim Djibo pour la qualité de l’organisation. A la fin, et tout naturellement, mes camarades du BEN et moi-même tenons à remercier une fois de plus les congressistes pour la confiance qu’ils ont placée en nos personnes. Sachant compter sur leur soutien permanent, nous prions qu’Allah de nous assister afin de ne point trahir leur confiance.

Pouvez-vous nous dire à quoi consiste fondamentalement  la mission de l’OJT et quels sont les défis qui se posent à votre mandat ?

 DAOUI AHMETT BARINGAYE : Il faut rappeler que l’OJT est une organisation de masse du parti créée en 1994 soit 4 ans seulement après la création du parti. Cela traduit tout l’intérêt que revêt la question de la jeunesse aux yeux des responsables du PNDS. Fondamentalement, l’OJT doit constituer un cadre spécifique de prise en charges des préoccupations des jeunes au sein du PNDS de manière à les mobiliser autour des idéaux et valeurs du parti. Bien évidemment, cette mission évolue, du moins en ce qui concerne sa réalisation, en fonction des défis auxquels est exposé le parti tout au long de son histoire. En ce qui concerne notre mandat, nous devons  contribuer à relever deux  défis majeurs : celui de conserver le pouvoir conquis sous la direction des aînés et celui de réussir la relève générationnelle très chère aux aînés

Est-il possible que nos lecteurs sachent comment comptez-vous vous y prendre pour réussir votre mandat ?

DAOUI AHMETT BARINGAYE : Il n’y a pas de secret en la matière, il faut juste travailler, être constamment sur le terrain de la mobilisation en faisant preuve de dynamisme, d’initiatives fortes et  innovantes, savoir écouter les jeunes et savoir parler aux jeunes. Au PNDS nous avons des valeurs essentielles qui expliquent l’ascension fulgurante du parti. Ces valeurs c’est entre autres la discipline, le travail, la solidarité, le dialogue, pour ne citer que ceux-là.

Justement parlant des innovations et des initiatives fortes, on peut retenir l’opération de salubrité que vous avez organisée au quartier Bassora de Niamey, le don des kits de rupture de jeûne aux malades de l’hôpital de Niamey, la rupture collective de jeûne avec les jeunes de la mouvance présidentielle, pour ne citer que celles-là, peut-on dire que l’OJT fait de l’occupation du terrain social un axe de sa stratégie de combat politique ?

 DAOUI AHMETT BARINGAYE : Vous savez et j’ai eu l’habitude de le dire à maintes occasions, nous jeunes réunis au sein de l’OJT avons eu la chance d’avoir des aînés qui nous ont inculqué un certain nombre de valeurs et  qui nous ont aussi appris que la noblesse de la fonction politique réside dans le fait qu’elle  exige qu’on se mette au service de son pays. C’est justement ce que nous essayions d’apprendre à faire en initiant ce genre d’actions.  La rupture collective de jeûne que nous avons eue avec les frères de la mouvance présidentielle s’inspire quant à elle de cette tradition instituée par le Président de la République et à travers laquelle il communie avec ceux de nos concitoyens qui ne peuvent accéder à lui du fait des contraintes liées à sa charge. C’est aussi notre manière de nous approprier cette vision du Président de la République qui appelle au rassemblent de tous les nigériens autour de l’essentiel c’est-à-dire le développement socio-économique de notre pays.

On le voit bien les jeunes sont fortement impliqués dans le combat politique et notamment la conquête et la conservation du pouvoir. Mais pourquoi sont-ils mis à l’écart lorsqu’il s’agit de la gestion du pouvoir?

DAOUI AHMETT BARINGAYE : En me permettant de répondre que dans le cas de notre régime, je dois  vous dire que ce constat, s’il en est un, relève beaucoup plus d’une simple vue de l’esprit que de la réalité.  Vous êtes journaliste, faites juste un effort d’investigation dans ce sens et vous serez agréablement surpris de voir qu’il y a pleins de jeunes aux responsabilités et à des très hautes responsabilités. Le Président de la République croit beaucoup à notre jeunesse ; c’est pourquoi au-delà des encouragements qu’il ne cesse de lui adresser, le Président sait aussi célébrer la jeunesse en lui confiant des très hautes responsabilités. Au nom de l’OJT, je voudrai lui témoigner encore toute notre reconnaissance à cet égard.

 Pouvez-vous nous donner des exemples?

  DAOUI AHMETT BARINGAYE : Une fois encore, je vous recommande de faire l’effort de votre propre investigation et vous serez mieux édifiés. Je veux juste vous rappeler que rien qu’à la fonction publique, ce sont  40 mille jeunes environs qui ont été recrutés de 2012 à aujourd’hui ; beaucoup d’entre eux occupent des postes de responsabilités au sein de notre administration sans oublier ceux qui évoluent dans les différents cabinets, au gouvernement, à l’Assemblée Nationale, dans les différentes institutions de la République et dans les sociétés d’Etat. Comme vous le voyez, les citer serait réducteur et totalement inapproprié.

Le Président de la république est en fin de mandat, nous avons entendus certains jeunes de Zinder appeler à un prolongement de son mandat.

 Pourquoi l’OJT s’oppose à cette proposition faite par les jeunes de Zinder?

 DAOUI AHMETT BARINGAYE : Parce que cette démarche qui nous été attribuée de façon malsaine, outre son caractère illicite au regard de notre constitution, est tout simplement incompatible avec nos valeurs, celles d’un parti profondément républicain et démocrate. C’est fort de cet attachement que le Président de la République a clairement affirmé et réaffirmé son engagement à ne rien ménager pour offrir au peuple nigérien la première alternative démocratique de sa glorieuse histoire. Nous, notre devoir consiste en pareille circonstance, comme en toute circonstance, de lui apporter tout notre soutien. Toute autre attitude serait trahir le Président de la République et le PNDS et c’est assurément un désastre moral que nous ne saurons assumer.

En 2021, il y aura des nouvelles élections et pour la première fois le PNDS ira à la reconquête du pouvoir avec un autre candidat qui ne sera pas le Président Issoufou ; croyez-vous à la chance du candidat du PNDS à succéder à Issoufou à la tête du pays?

DAOUI AHMETT BARINGAYE : (rires).  Écoutez, l’une de notre mission à la tête de l’OJT est justement d’assurer la plus forte mobilisation possible des jeunes autour des idéaux et valeurs du PNDS dans le sens de les pérenniser. Dans cette dynamique, notre rôle immédiat implique l’obligation de la conservation du pouvoir conquis par les aînés. En tout état de cause, je ne fais pas seulement que croire à la chance de notre candidat, j’y travaillerai avec mes camarades de l’OJT à matérialiser cette ambition. D’ores et déjà, il faut bien croire que le Président de la République par la qualité de son bilan fort satisfaisant à la tête du pays nous a offert la moitié du parcours ; le moment venu, l’OJT jouera pleinement sa partition et insha Allah notre parti remportera des nouvelles victoires.

Parlant des élections justement, le processus électoral est bien lancé  avec l’installation d’une CENI permanente dans laquelle l’opposition refuse  toujours de siéger et des polémiques sur le code électoral ; quelle appréciation faites- vous de cette situation ?

DAOUI AHMETT BARINGAYE : Sur la question du refus de l’opposition de ne pas siéger à la CENI tout comme sur le code électoral, notre appréciation a été clairement exprimée par la voix la plus autorisée au PNDS, celle du président du parti SEM BAZOUM Mohamed. Il y a donc juste lieu de dire que ce comportement de l’opposition se veut tout simplement conforme à sa stratégie de départ visant à ne pas reconnaître les résultats des élections de 2016 ainsi que les institutions qui y sont issues. Ainsi, pour l’opposition, participer au processus électoral actuellement amorcé, c’est se faire hara-kiri et reconnaitre de facto ces élections dont elle fait semblant de contester les résultats. Il est tout naturellement aisé de voir qu’alors qu’elle proclame ne pas reconnaitre les institutions issues de ces élections, ses députés siègent normalement à l’Assemblée et y jouissent de tous les droits liés à leur statut. En ce qui concerne, le code électoral, il me semble que les nigériens et nos partenaires ont fini par comprendre qu’il s’agit d’une polémique délibérément entretenue pour des desseins tout aussi bien connus aujourd’hui. L’OJT est fière de savoir que notre parti est disposé à toute discussion franche et sérieuse autour des questions électorales ; nous ne pouvons alors que souhaiter voir nos concitoyens de l’opposition reprendre leur participation au processus électoral dans le seul intérêt du Niger.

 Récemment la CENI a lancé la campagne des audiences foraines pour établir des pièces d’état civil aux citoyens qui n’en ont pas : que fait votre formation politique pour la réussite de cette opération ?

 DAOUI AHMETT BARINGAYE : Franchement pas grand-chose à part appeler les nigériens qui n’ont pas la chance de disposer de ces importants documents d’état civil de saisir pleinement cette opportunité que leur offre la CENI pour se les acquérir ; c’est d’autant plus important que ces documents sont nécessaires à la jouissance de l’essentiel des droits civiques .

L’actualité aujourd’hui c’est le procès des acteurs de la société combattant la loi des finances 2018 ; certains observateurs parlent d’un procès politique. Le verdict est désormais connu, quel commentaire cela vous inspire-t-il ?

  DAOUI AHMETT BARINGAYE : Vous savez dans notre pays, il y a une situation qu’il convient de dénoncer : c’est cette posture à « politiser » les procès dès lors que ces derniers mettent en causes certaines catégories socio-professionnelles. Il s’agit précisément des journalistes, des politiciens et bien évidemment de tous ceux qui se réclament de ce fourre-tout qu’on appelle société civile. Prenez n’importe lequel de ces acteurs et qu’importe la nature ou la gravité du crime, eux ils doivent rester intouchables. Je pense honnêtement qu’il faut arrêter cette attitude qui n’est rien d’autre que du mépris vis-à-vis du peuple. Dans une République, il ne saurait avoir des citoyens justiciables et d’autres qui jouissent d’une immunité naturelle du simple fait de leur profession ou statut.

Pour revenir à votre question, je m’étais déjà exprimé à travers un petit texte que j’avais rédigé à chaud et publié sur la page facebook de l’OJT. Et je continue à dire que ce procès, qu’on le veuille ou non, est bien celui de notre capacité à accepter les exigences de l’Etat de droit dans lequel nous nous sommes librement engagés. En effet, l’Etat de droit exige que toutes nos actions ou réactions soient encadrées par la Loi. Il se trouve que  l’exercice des libertés individuelles et collectives est bien encadré par des lois parmi lesquelles celle régissant les manifestations publiques. Cette loi dispose que tout citoyen ou groupement de citoyens  désirant organiser une manifestation publique, ce dernier doit au préalable requérir une autorisation de l’autorité compétente en la matière dans la localité où il désire tenir sa manifestation. Cette même loi ayant prévu la possibilité chez l’autorité, pour des raisons qui lui sont propres, de ne pas accéder à la demande du requérant, cette même loi a donné la possibilité de faire recours à la justice qui statuera en procédure d’urgence pour soit confirmer l’interdiction de l’autorité administrative ou la sauter. Mais que s’était-il réellement passé dans cette affaire ? L’autorité administrative conformément à la loi avait interdit la manifestation pour les raisons qu’elle avait avancées. En pareil cas, les requérants, au regard de la loi, n’ont qu’un seul choix : attaquer la décision en justice. Visiblement la légalité ne les intéresse plus et on peut même douter si au fond ce n’est pas une confrontation avec la loi qu’ils cherchaient. En tout cas, ils avaient décidé de passer outre l’interdiction du maire tout comme ils avaient refusé de saisir l’opportunité du recours que leur offre la loi. Sans doute ils ne croient pas à la Justice de leur pays ou alors ils avaient juste cette folle envie de défier l’autorité de l’Etat. Devant cette situation, le gouvernement en toute responsabilité et très soucieux de garantir l’ordre public conformément aux exigences une fois encore de l’Etat de droit avait décidé de jouer pleinement sa partition en mettant les contrevenants à la disposition de la justice. Aujourd’hui, la justice a donné son verdict et elle a en toute indépendance donné raison au gouvernement en condamnant les mis en cause. Ainsi, le gouvernement a fait son devoir et il n’y a dans cette attitude aucun relent dictatorial. La justice a  aussi fait le sien et réaffirmer toute son indépendance. Comme on peut bien le voir, nos concitoyens n’ont pas été poursuivis parce qu’ils manifestaient contre la loi des finances ; du reste, ils avaient manifesté plus de 20 fois contre cette loi sans y être inquiétés. Ils l’avaient été parce qu’ils avaient délibérément choisi de sortir leur démarche de la légalité républicaine. Non, ce procès n’a rien de politique, il y a eu bel et bien violation de la loi et parce que la Loi reste toujours la Loi, la justice a été rendue. Chacun doit en prendre acte et c’est tant mieux pour la République et la Démocratie.

Comme mot de la fin, avez-vous un message particulier à lancer à la jeunesse de notre pays ?

 DAOUI AHMETT BARINGAYE : Oui je voudrai rappeler à l’ensemble de la jeunesse  qu’il est de  notre responsabilité  et de notre devoir  de garantir l’avenir de notre pays. Nous devons donc prendre conscience que cette nécessité  de prendre soin de notre destin collectif doit l’emporter sur toute autre considération.  C’est pourquoi, je lance un appel fraternel à la jeunesse du Niger pour qu’elle adhère à la philosophie de la renaissance culturelle engagée par le Président de la République. Nous devons saisir l’opportunité de cette noble vision afin de repenser notre citoyenneté ; et cela dans nos rapports les uns avec les autres, dans nos rapports avec  l’Etat notamment dans le souci permanent de sacralisation de ses biens, dans notre rapport avec le temps et le travail, dans notre volonté inébranlable à refuser les extrémismes et la violence dans toutes ses formes pour enfin promouvoir une citoyenneté responsable, les vertus du travail et du progrès, la culture de la paix. Nous devons faire violence sur nous-mêmes pour résister au désir malveillant de nous soustraire de l’œuvre de construction et de développement de notre nation. Les jeunes doivent non seulement accompagner le président de la République dans ses efforts d’édification de notre pays mais ils doivent travailler à créer les conditions de la poursuite de cet élan. Pour finir, je prie Allah pour qu’Il gratifie notre peuple d’un hivernage fécond et qu’Il descende sur notre pays plus de paix, de sécurité, de quiétude et de cohésion.

Interview réalisée par Tiemago Bizo