Plusieurs jours après sa création, le FDR veut se mettre en ordre de combat à travers la mise en place du bureau de la coordination de Niamey. Un combat de positionnement face à l’entrée en lice du Front Patriotique.

Le Front démocratique et républicain (FDR), le nouveau front de l’opposition créé en mai dernier et composé de plusieurs structures de la société civile veut désormais se faire entendre. Il a organisé samedi dernier  à Niamey, une assemblée générale extraordinaire consacrée à la mise en place effective du bureau régional de Niamey.

 Á l’issue de cette assemblée générale, le président de la coordination régionale de Niamey du Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine (MODEN-FA Lumana), Soumana Sanda a été élu président. « La coordination nationale a envoyé des directives. Conformément à ces directives, nous avons mis en place une structure de combat relayeur, mais qui va relever le défi au contexte actuel fait d’oppression, d’étouffement de toute liberté, de mauvaise gestion », a déclaré le président du FDR de la région de Niamey.

Une structure de combat

Il s’agit à travers la mise en place de cette structure de mobiliser les militants en vue de « créer » un rapport de force. « Nous avons décidé de faire cette structure de combat qui va effectivement aller à la rencontre des militants de toute la capitale pour leur dire que notre devoir, notre mission est de créer un rapport de force », a dit Soumana Sanda, rappelant avoir « entendu du président du parti présidentiel, Bazoum Mohamed, dire que dans ce pays désormais pour ce faire écouter, il faut faire comme ailleurs ».

Ainsi, le FDR en a décidé, « conformément à nos traditions de lutte de nous mettre ensemble, de faire face à l’oppresseur et de le faire plier », a-t-il ajouté. Pour le député national au titre du parti Lumana, Soumana Sanda, le pouvoir en place ne leur laisse plus le choix que celui du combat pour que les acquis « arrachés de haute lutte depuis la conférence nationale, ne soient pas arrachés par le régime du PNDS et allié. « Nous avons estimé aujourd’hui que trop c’est trop et qu’il fallait mener le combat pour que ce rapport de force soit créé afin que nous puissions sauver l’état de droit, sauver la démocratie au Niger », a-t-il expliqué.

Pour ce faire, le FDR, au niveau de la région de Niamey, entend dès ce mardi, aller à la rencontre de ses militants dans les cinq arrondissements communaux de la capitale. Á l’issue de cette tournée, une assemblée générale sera organisée à la devanture du siège du RDR Tchangi.

Une lutte de positionnement ?

Pour mémoire, quelques jours après la création du FDR, l’ancien ministre des Affaires étrangères, président du Mouvement patriotique nigérien (MPN Kiishin kasa), Ibrahim Yacoubou, qui a d’ailleurs participé à la cérémonie du baptême de ce nième front de l’opposition a créé aussi son front : le Front patriotique (FP) qui regroupe également des organisations de la société civile et quelques partis politiques.

Quelques jours après la création du FP, le président dudit front et certains membres ont rendu une visite de courtoisie à l’ancien président de la République Mahamane Ousmane, membre du FDR et très proche du RDR Tchangi. Une visite de courtoisie certes, mais qui en dit long sur les ambitions des animateurs du FP, notamment celle de « fédérer » l’ensemble des partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civile. L’engagement du FP d’occuper le terrain face à une opposition en manque de leadership, en l’absence du chef de file de l’opposition, a certainement motivé le FDR, ou du moins certains de ses animateurs, à sortir de l’hibernation pour ne pas se faire ravir la vedette par le nouveau front de l’opposition dirigé par Ibrahim Yacoubou.

Simple mise en œuvre du baroud d’honneur de Hama Amadou

Il vous souvient que récemment Hama Amadou avait rencontré les cadres de Lumana à Cotonou. Le mot d’ordre de cette rencontre n’est rien d’autre que : l’insurrection comme seule espoir  de survie politique du gourou du parti. Pour ce faire, il compte sur les moutons de panurge. Ceux-là qui oseront braver l’autorité de l’Etat pour la cause perdue d’un homme bien placée dans sa zone de confort. L’opinion publique n’est pas du tout surprise car cette posture insurrectionnelle n’est qu’un secret de polichinelle depuis le serment de Lumana Fa de faire de Hama Amadou son candidat aux élections de 2021 avant même que l’affaire ne soit vidée par la justice. Hier les nigériens avaient suivi le député Soumana Sanda peaufiner face à la presse leur plan avec des termes propres aux terroristes de tout acabit. On le sait, il faut dire que les autres leaders du FDR qui accepteraient de s’engager dans ce combat d’arrière-garde de Lumana  risquent gros car il serait périlleux de vouloir braver l’autorité de l’Etat pour la cause perdue d’un homme en conflit avec la loi. Qui plus est, cet homme se croyant plus rusé que tous, a pris des risques mesurés en s’offrant un exil doré.  Il est permis de rêver mais qu’on soit opposition ou société civile, on ne défie pas impunément l’autorité de l’Etat. Cette mauvaise foi de l’opposition FDR s’est illustrée lorsque celle-ci invitée au dialogue par le premier ministre avait simplement demandé la mise en place d’un gouvernement de transition pour organiser des élections. Une demande assez spécieuse et excessive qui a fait dire à Bazoum Mohamed que cette demande irréaliste ne pourrait s’obtenir que d’un rapport de force. Et naïvement Soumana Sanda et consorts refusent de se reprendre en mettant en avant une posture anti républicaine. Le Niger est démocratiquement gouverné. A preuve, les propos excessifs enregistrés à travers les médias audiovisuels et écrits. Le mardi passé, le procès de la société civile a été on ne peut plus contradictoire et démocratique où même ce qui ne devrait pas être dit a été dit. Le comportement de nos magistrats dans la conduite de ce procès a été saluée de tous, n’en déplaisent à ceux qui ont abusivement affirmé que la justice serait aux ‘’ordres’’. Dans ces conditions le Niger est à mille lieues des démocraties bananières. En un mot comme en mille, ceux qui voudraient se prévaloir de leur propre turpitude comprendront que la République ne rime pas avec l’état d’âme de quelques-uns. Simple avis.

Tiemago Bizo