L’ouverture en ce mardi 10 juillet 2018 au Tribunal de grande instance hors classe de Niamey du procès des acteurs de la société, arrêtés suite à la manifestation du 25 mars dernier, a permis de faire le constat d’une présence remarquée de l’opposition politique. Cette dernière, à travers les différents fronts qui l’a compose, s’est mobilisée pour prendre d’assaut le Tribunal.

Mais qu’est ce qui explique une telle mobilisation de l’opposition à ce procès ? S’est-elle trompée qu’il s’agit du jugement des acteurs de la société civile et non des militants de son rang ? Ou bien, elle est venue certifier à l’opinion que ce procès est en réalité celui de ses militants qui, sous le parapluie de la société civile, mènent un combat politique à son profit ? Dans tous les cas, il est connu de tous que parmi les acteurs de la société civile qui comparaissent aujourd’hui devant le tribunal, l’appartenance de certains à l’opposition politique n’est un secret pour personne.

C’est d’ailleurs ce qui explique certaines revendications à caractère politique contenues dans les messages livrés par les organisations de la société civile à l’occasion de leurs manifestations dites contre la loi des finances 2018.

Pour beaucoup d’observateurs, entre les revendications de la société civile qui lutte contre la loi des finances 2018 et celles de l’opposition politique, il n’y a pas une grande différence. Tout comme l’opposition politique a demandé au régime en place de « vider les lieux », le cadre de concertation et d’actions de la société civile a lui aussi, demandé au régime démocratiquement élu de la 7ème République de quitter le pouvoir. Sauf que pour le deuxième cas, la société civile a ajouté pour « incapacité à prendre en charge les aspirations du peuple », juste pour camoufler son discours.

Loin d’être une récupération politique, l’opposition est en plein dans son combat contre le régime en place sous le couvert des organisations de la société civile.

Oumar Issoufa