Les réseaux sociaux sont les hauts lieux de toutes les arnaques. Nombreux sont ceux qui se laissent piégés par les offres faites à travers eux et qui ont l’air d’être alléchantes, mais, qui ne sont qu’illusions. On ne compte plus le nombre des victimes innocentes qui ont vu leurs rêves voler en éclats suite aux appâts à eux tendus via Facebook, Instagram, Twitter, WhatsApp, LinkedIn, Shtyle, Twoo, etc.  

Ces appâts sont généralement des images de belles dames, des œuvres de charité, des bourses d’études à l’étranger, des visas pour émigrer aux Etats-Unis, au Canada ou en Australie, des voyages organisés en vue d’une conférence internationale, etc.

La question est de savoir comment les escrocs parviennent à se procurer les adresses des internautes, leur envoyer des e-mails dans le but de les arnaquer ? Ils y parviennent, généralement, grâce aux demandes d’amitié sur facebook ou d’autres réseaux du genre.

Mahamadou Garba enseigne les mathématiques, la physique et la chimie aux CEG IV à Niamey. Il raconte : « Un jour j’ai reçu un e-mail de la part d’une dame qui me demandait de l’aider financièrement parce qu’elle est en difficulté quelque part dans la Région de Tahoua où elle ne peut pas appeler. Connaissant la dame et son numéro, je l’ai appelée. J’ai été surpris qu’elle me dise être à Niamey et n’a jamais envoyé un tel e-mail. D’ailleurs, j’ai reçu une demande d’amitié de sa part sur facebook alors même qu’on y était amis depuis longtemps. Cela m’avait beaucoup intrigué ».

Manifestement, la dame en question a été victime d’un arnaqueur qui a copié son profil et a utilisé une photo d’elle qu’elle doit avoir laissée accessible au public. Ainsi, a-t-il emprunté le profil de la malheureuse en s’appropriant ses données sur facebook.

Souvent, ce n’est pas seulement grâce aux demandes d’amitié sur facebook que les escrocs parviennent à copier nos profils, c’est aussi grâce aux fausses offres financières, de fausses promesses de visas pour l’émigration vers un pays étranger ou de fausses publicités.

Boureima Mayaki est technicien de laboratoire à la mine d’or de Samira. Il se plaint qu’un homme s’est servi de l’image d’une jeune femme pour lui faire des promesses mirobolantes. « Je me suis laissé mener en bateau par une soi-disant jeune fille de 28 ans qui vit au Canada. Elle a prétendu être tombée amoureuse de moi et veut m’aider à partir dans son pays parce qu’elle travaille dans une association spécialisée dans l’émigration des professionnels de divers domaines vers le Canada. D’abord, j’ai été surpris que tous ses amis soient noirs et en majorité des nigériens. Ensuite, j’ai compris que c’est un homme dès qu’il s’est agit de lui envoyer de l’argent par Western Union. De l’argent qui doit servir de ‘’frais de traitement de dossier’’ sur une adresse qui se trouve être un numéro de téléphone du Togo. Quand j’ai appelé, l’homme au bout du téléphone cherchait à imiter la voix des femmes. Evidemment, j’ai compris que c’est une supercherie montée pour me siphonner de l’argent ».

En outre, pour appâter les esprits faibles, des femmes se présentent comme veuves sans héritiers et proposent de vous confier leur fortune qui s’évalue à des millions d’Euro. Aman Harouna en a été victime. Il n’a pas su flairer l’arnaque. Il est un infirmier dans une clinique privée de la place. Il raconte comment il a perdu près 375 000 F Cfa pour récupérer du matériel informatique que lui a promis une certaine Dr Sonia. « Elle m’a dit habiter à Basinghall Avenue à Londres en Angleterre et travaille au Département de la Santé du Royaume Uni. Elle m’a dit aussi qu’elle voyage beaucoup dans le cadre des actions de bienfaisance. Un jour, elle m’a donné une adresse de son amie vivant  au Sénégal chez qui elle affirme avoir envoyé du matériel informatique. Elle m’a demandé d’envoyer 568 Euros par Western Union sur Dakar comme je lui ai fait comprendre que je n’ai pas de Carte de Crédit pour lui en envoyer le numéro.

 Quand j’ai appelé la dame dont elle m’a communiqué l’adresse, je n’ai pas prêté attention à son accent prononcé des Béninoises ou Togolaises. Je me suis précipité pour envoyer l’argent. C’était toutes mes économies. J’étais en passe de me marier à l’époque. Malheureusement pour moi, deux jours d’attente après l’envoi du fameux matériel informatique, j’ai eu un mauvais pressentiment qui m’a conduit à lancer l’adresse de Dr Sonia dans le moteur de recherche Google. J’ai découvert des alertes et des mises en garde aux escrocs du ‘’419’’ (lire : Four One Nine) avec leurs images à l’appui. Parmi ces photos, quelques unes que Dr Sonia m’a envoyées. Ensuite, j’ai appelé le numéro de son amie du Sénégal. Personne ne répondait. Je suis allé à Western Union où on me signifia que l’argent que j’ai envoyé a été récupéré. Désarmé et à l’état de choc, je suis rentré chez moi pour ruminer ma mésaventure. J’ai, ainsi, repoussé la date de mon mariage à de nombreuses reprises. C’est seulement deux ans plus tard que j’ai pu faire célébrer mon mariage ».

Les réseaux sociaux sont en ceci une véritable catastrophe pour les esprits non avertis. Aman Harouna n’a pas précisé que c’est avec une autre fille qu’il s’est marié mais non celle qui était sa prétendante au moment des faits. Elle s’était mariée à un autre prétextant qu’elle ne peut pas longuement l’attendre.

Même les entreprises ne sont pas épargnées par les attaques venues des escrocs. Grâce aux réseaux sociaux, les génies de l’informatique et du net, qu’on appelle les hackers, s’en prennent aux sociétés et aux entreprises. D’où il n’est pas rare d’entendre parler de ruines spectaculaires de certaines d’entre elles qui n’ont pas su protéger suffisamment leur système informatique face aux attaques extérieures. Généralement les déconvenues des entreprises sont liées à l’usage abusif des réseaux sociaux de la part de leurs employés sur les lieux du travail. Grâce aux données de ceux-ci, les hackers parviennent à sauter le verrou qui protège leur système informatique.

En outre, c’est aussi le phénomène des réseaux sociaux qui met souvent en péril la sécurité même de certains Etats. Des informations classées secrètes sont dévoilées au public grâce à eux.  Cas de l’affaire WikiLeaks, un réseau social qui a publié de millions de documents classés secret défense par l’armée américaine. Julian Assange qui en est le Directeur Général, a dévoilé à la face du monde des informations très gênantes pour l’Armée Américaine. Des informations liées aux opérations de celles-ci en Afghanistan. Ce qui a valu Julian Assange de se réfugier dans l’Ambassade de l’Equateur à Londres en Angleterre.

Dans les réseaux sociaux, les autorités sont, au quotidien, prises à partie, des images d’une rare violence sont publiées, des terroristes diffusent des exécutions sommaires horribles et des images pornographiques sont exposées de manière éhontée.

Avec les réseaux sociaux, l’Homme a, certes, fait un progrès plus que significatif en matière de communication et d’information propices à réaliser l’unité de l’humanité, mais, il a aussi ouvert la boîte de Pandore qui risque de lui faire perdre le contrôle de sa propre éthique.

 Bassirou Baki Edir       

Niger Inter

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