Tout le monde reconnait combien la fluidité fait défaut dans la circulation routière aux premières heures de la journée. Les heures de pointe ont toujours été très difficiles pour les usagers de la route, notamment ceux de la capitale. Déjà à partir de 7h00 du matin, il n’est guère facile de se frayer un chemin sur les axes très empruntés. Autant tous les usagers se pressent pour rejoindre son lieu de travail, autant la circulation est intense.

Les élèves sont pour la plupart des temps ceux qui doivent être ponctuels aux cours le matin, au risque d’être sanctionnés en cas de retard à l’école. Tôt le matin, ces collégiens et lycéens sont sur leurs engins à deux roues et doivent faire avec les habituels embouteillages pour trouver un passage afin de vite regagner leurs classes respectives. Bon nombre sont-ils à n’avoir pas pris sur eux les pièces justificatives de leurs engins, soit à cause de l’oubli soit parce qu’ils l’auraient égaré quelque part.

Ces derniers temps l’on assiste à pas mal de contrôle policier tous-azimuts sur les routes, surtout à certains carrefours ou rond-points de Niamey. La tendance s’était beaucoup plus ancrée vers les périodes de fin d’année et en début d’année où beaucoup de motos sont tombées dans les mailles de la police routière pour défaut de pièces justificatives.

Au fond, ce genre de contrôle n’est pas du tout une mauvaise chose. Mieux cela contribue à réguler la circulation dans les centres urbains. Il arrive parfois, à travers ces contrôles, les éléments de la police mettent la main sur des individus véreux ou même sur des engins d’origine douteuse.

Quelquefois, c’est à cause des vérifications de pièces que les élèves motocyclistes qui doivent se rendre à l’école le matin, et n’étant pas en règle sont souvent victimes des interceptions policières. Ils sont bloqués et doivent attendre des minutes, voire des heures avant de se faire rétrocéder leurs engins à deux roues. Les plus malchanceux verront leurs motos emportés pour être amener au commissariat ou à la direction de la police routière. Dans ce contexte, il va sans dire que ces élèves ne pourront plus aller rejoindre leurs classes ou au pire des cas c’est le retard  au cours.

Certes, le fait qu’il est question d’élèves ne saurait être un passe-droit pour eux lorsqu’ils sont constatés en infraction. La loi qui régit le code de la route est unique pour tout le monde et doit être appliquée par tous et sans exception. Toutefois, il y a immanquablement une exception en la matière. Les élèves, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, sont la relève de la nation. Une preuve d’indulgence à leur endroit, surtout aux heures de pointe de la journée ne pourrait être interprétée comme étant une faiblesse de l’autorité vis-à-vis de la loi. Une preuve d’indulgence, non pas pour les laisser faire, mais plutôt pour attirer leur attention en la nécessité de toujours se munir de leurs pièces d’identité y comprises celles de leurs motos.

Dans le même sillage, les parents ne doivent point se déroger du devoir qui est le leur. Chaque parent est l’artisan de l’éducation de sa progéniture. Lorsqu’on achète une moto à son enfant, l’on doit également s’assurer de mettre celui-ci en règle. Le mettre en règle, cela suppose de munir l’engin de ses pièces justificatives ou encore de celle que l’on appelle couramment la carte grise de la moto, et bien sûr l’assurance pour servir de parapluie en cas d’incident malencontreux. C’est donc la responsabilité des parents de pourvoir celle-ci à leurs enfants. Se faisant on les met à l’abri de toute tracasserie de quelle espèce que ce soit. En amont les parents qui achètent des motos à leurs enfants ont un rôle important à jouer en matière de sécurité de leurs enfants sur leurs engins à deux roues. Sur la voie publique, ceux-ci constituent pour eux-mêmes un potentiel danger, mais en même temps un danger pour autrui. Conseiller l’enfant de toujours porter le casque chaque fois qu’il est en circulation sur son engin et de se munir des pièces justificatives doit émaner des parents depuis la maison. S’il advenait qu’un élève se fait intercepter par un agent de la police, ce n’est nullement la faute de ce dernier. C’est plutôt la faute à ses parents. Même si d’une manière ou d’une autre l’élève est le premier fautif, il ne faut pas perdre de vue que ses parents depuis la maison ont failli à leur devoir de responsabilité envers celui-ci.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur le port du casque en octobre dernier, les agents de la police ont fait preuve de professionnalisme pour faire respecter la loi aux usagers. C’est une chose qui va dans l’intérêt de tous. Et depuis lors les motocyclistes se sont conformés à cela, en tout cas la majeure partie. Même s’il y a des brebis galeuses qui choisissent de leur propre gré de se démarquer négativement du lot. S’il est important que les parents usent de suivi et de vigilance à l’égard de leurs enfants, il n’en demeure pas moins vrai qu’en cas d’infraction, surtout aux premières heures de la journée, que les agents de la police fassent preuve d’indulgence vis-à-vis des élèves qui doivent se rendre au cours. Une simple question de bon sens si tant est qu’on considère l’éducation comme essentielle pour notre jeunesse. Vivement que la police se ressaisisse !

 

     Koami Agbetiafa                           

Niger Inter

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