Le Président de la République s’est rendu à Malbaza ce Mercredi 20 Mars 2019 afin de procéder à l’inauguration de l’usine de production de ciment qui a été construite par la Malbaza Cement Company (MCC SA). A son arrivée sur place, une foule nombreuse lui a réservé un accueil chaleureux et plein d’enthousiasme.

Il a, ensuite, été salué par, entre autres, des membres du Gouvernement, des chefs des missions diplomatiques accréditées dans notre pays, des élus locaux et de nombreux autres invités de marque. A l’occasion de la cérémonie consacrant l’inauguration de cette usine qui a une capacité de 650000 tonnes de ciment par an et qui a nécessité un investissement de 66 Milliards de F Cfa, de nombreuses allocutions ont été prononcées avant la coupure du ruban qui la met en service de manière officielle. C’est ainsi que se sont succédés à la tribune, le Maire de la Commune de Malbaza, Sabi Aboubacar, le Directeur Général du Fonds de Solidarité Africain (FSA), Amadou Abdoulaye Diallo, le Représentant de la BOAD et Moustafa N’Dao, le PDG de MCC SA, Ibrahim Iddi Ango et enfin le Ministre de l’Industrie, Mallam Zaneydou.

Après toutes ses interventions, le Chef de l’Etat, Issoufou Mahamadou a procédé à la coupure de ruban et au dévoilement de la plaque de la MCC SA. Ensuite une visite guidée a conduit le Président de la République et une partie de la délégation qui l’accompagne à différents points névralgiques de l’usine, notamment, la salle de contrôle et le laboratoire. Ce qui lui a permis de constater le bon fonctionnement de cette entreprise d’envergure et se rendre compte qu’elle dispose aussi d’un personnel hautement qualifié. A la fin de la visite guidée, le Président Issoufou, visiblement satisfait, a tenu les propos suivants : « On se rappelle que c’était au mois de Juin 2011, j’avais procédé à la pose de la première pierre de l’usine que nous inaugurons aujourd’hui. Cette usine, d’une capacité nominale de 650OOO tonnes et qui a nécessité un investissement d’environ 66 milliards, permettra de valoriser les matières premières locales dont dispose notre pays. Elle permettra aussi de créer 400 emplois directs et des milliers d’emplois indirects. Elle permettra également de satisfaire aux deux tiers des besoins en ciment de notre pays et ceci en substitution des importations qui se font actuellement. En plus, la cimenterie permettra une augmentation du PIB, de la richesse créée dans notre pays, au moins, environ d’un point du PIB entre 2019 – 2020. Ce qui n’est pas rien une augmentation d’un point du PIB. Ça veut dire que la Malbaza Cement Company va contribuer à enrichir notre pays. De manière générale, il faut savoir, quand dans un pays on produit et on consomme ce qu’on a produit on s’enrichit. Dans un pays quand on produit et on exporte ce qu’on a produit on s’enrichit. Mais, dans un pays quand on importe, on s’appauvrit. Production et consommation de ce qu’on produit ou exportation, c’est l’enrichissement. Par contre l’importation est synonyme d’appauvrissement. Donc, je me félicite du démarrage de cette entreprise qui va enrichir notre pays. Je me réjouis de cela. Je me réjouis encore davantage de ce que le capital de la société est détenu à 95% par des privés nigériens. Cela va, donc, dans le sens que nous, au niveau du Gouvernement, nous voulons ; c’est-à-dire l’émergence de capitaines d’industries. Le DG est un exemple. C’est un pionnier. J’espère qu’il sera suivi par beaucoup d’autres nigériens. Et d’ailleurs, le Gouvernement est en train de travailler avec certains opérateurs économiques pour créer une société de financement en vue, justement, de financer des projets d’investissement à long terme. Parce que notre objectif est de restructurer notre économie, c’est de moderniser notre économie. Et je lance un appel aux opérateurs économiques nigériens de s’inspirer de cet exemple-là et de se mobiliser pour participer à cette bataille de modernisation et de restructuration de l’économie de notre pays. Il faut que le secteur secondaire, le secteur industriel, prenne de plus en plus du poids dans la structure de notre économie. Aujourd’hui, le secteur secondaire représente à peine 6% de notre PIB. Avec la mise en exploitation de cette cimenterie, le secteur secondaire va peser autour de 8% du PIB. Mais, c’est toujours assez faible. Donc, nous avons un chantier devant nous, celui de la modernisation de l’économie, du renforcement du secteur secondaire afin de moderniser l’économie de notre pays. Donc, je renouvelle, encore une fois, mes félicitations aux promoteurs de cette entreprise. Je les encourage et je veux qu’ils sachent qu’ils ont le soutien du Gouvernement, ils ont le soutien du Président de la République et on fera tout pour que cette usine qui est compétitive puisse satisfaire progressivement la demande en ciment de notre pays ».

A propos de l’accessibilité du ciment produit par la MCC SA à tous les nigériens, il a souligné que « 90000 F la tonne, c’est un prix inférieur au prix du ciment importé jusqu’ici. Je suppose que vous savez que la tonne de ciment importé était à 140000 ! Donc, le prix qui est proposé est inférieur de 50000 F par rapport aux prix de la tonne importée. Donc, on est déjà sur la bonne voie. Je suis sûr que les capacités de gestion qui sont en train d’être mises en place et les adaptations qui vont intervenir dans l’avenir comme par exemple : aujourd’hui, la cimenterie est obligée d’importer du charbon, mais si un jour – puisque la cimenterie a demandé un permis de recherche de charbon – la cimenterie trouvait un gisement de charbon au Niger, on n’ira pas chercher le charbon en Afrique du Sud ou ailleurs, le charbon sera à portée de la main et ça va baisser les coûts de fabrication de ciment, surtout quand on sait que l’énergie constitue 75% du coût de production. Donc, vous voyez, c’est un début et on espère que, progressivement, la Malbaza Cement Company aura la possibilité d’améliorer et de faire baisser les coûts afin d’être plus compétitive, parce que les promoteurs sont conscients du fait que nous sommes sur un marché concurrentiel surtout quand on a à l’esprit la mise en place de la Zone de Libre Echange Continentale, la concurrence va se jouer au sein de la CEDEAO où il y a la libre circulation de marchandises et des personnes, mais, au-delà de la CEDEAO. Ça sera à l’échelle du Continent. Donc, il faut être compétitif et je fonde l’espoir que les promoteurs vont créer les conditions de la compétitivité de cette entreprise extrêmement importante pour notre pays. Il s’agit d’un investissement structurant et ce n’est pas tous les jours qu’on a un investissement de 66 Milliards. Il s’agit d’un investissement structurant que nous soutenons et encourageons. Je souhaite une deuxième fois encore, bonne chance à votre entreprise ».

Abdoul Aziz Moussa

 

 

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