C’est un mercredi 21 mars 2018, à Kigali au Rwanda que les chefs africains ont au lancé officiellement la Zone de Libre Échange Continentale Africaine(ZLECAF), lors d’un Sommet Extraordinaire de l’Union Africaine (UA).

Le Président Issoufou Mahamadou, Champion de l’UA, a été le premier à signer l’accord établissant la ZLECAF. Il a été suivi dans ce geste historique par le Président rwandais, SEM Paul Kagamé et le Président tchadien SEM Idriss Debby Itno. Au total, 44 Chefs d’État et de délégation, présents à ce Sommet, ont signé ce document.

A l’occasion de cette Conférence de Kigali, les dirigeants africains au rendu un hommage au Président Issoufou Mahamadou en saluant notamment son leadership et en le félicitant vivement pour ‘’son engagement, son dévouement dans la supervision et la conduite des négociations ayant abouti à la création de la ZLECAF’’.

Le tournant décisif…

Parlant de ce tournant décisif qu’est la ZLECAF pour l’Afrique, face à la presse, le Président Issoufou a déclraré : « C’est la fin de la balkanisation, de la division de l’Afrique. C’est l’union de tous les africains qui vont désormais parler d’une même voix, négocier au nom du continent africain, vis-à-vis de l’extérieur.»

En effet, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) s’étendra  sur un marché en pleine croissance doté dès le départ de 1,2 milliard de personnes, représentant un produit intérieur brut (PIB) de 2 500 milliards de dollars et s’étendant sur l’ensemble des 55 États membres de l’Union africaine. Elle permettra d’accroitre le commerce intra-africain qui n’est que de 13% aujourd’hui contre 60% pour l’Europe et 40%pour l’Amérique du Nord.

De l’analyse des relations commerciales intra et extra-africaines, il est ressorti qu’il est plus facile pour les pays africains de commercer avec l’Union européenne, la Chine, l’Inde, etc.… qu’avec d’autres pays africains, apprend-on.

L’Afrique avec ses 55 pays est un marché fort fragmenté et les frontières constituent des barrières au commerce et des difficultés en matière d’investissements avec des réglementations nationales multiples et diverses.

La Zone de Libre Échange Continentale constitue une opportunité pour atténuer la vulnérabilité des économies africaines dans l’ordre économique mondial. Ces vulnérabilités se sont manifestées et renforcées par les déséquilibres et les incertitudes à l’Organisation Mondiale du Commerce et dans les accords bilatéraux et multilatéraux sur le commerce notamment les Accords de Partenariat Economique et les autres Méga-Accords (Transpacifique et Transatlantique).

Le commerce intra régional africain se situe au tour de 17%. Il est très faible notamment en comparaison du niveau de commerce intra-régional en Asie, en Amérique Latine ou en Europe.

L’Afrique pèse seulement 4% dans le commerce mondial…

C’est justement conscient de cette situation peu enviable que les Chefs d’État et de Gouvernement ont décidé de la création de ce vaste marché qu’est la ZLECAF. La ZLECAf vise à créer en Afrique un marché continental des biens et services pour une population de plus d’un milliard trois cents millions d’habitants et dont le PIB s’élève à 3 000 milliards de dollars EU. Dans un appel à l’union sacrée du Continent le Président a déclaré à l’endroit de ses homologues : « En nous unissant comme nous l’avons fait jusqu’ici, nous renonçons implicitement à une partie de notre souveraineté nationale au profit de la prospérité commune et du bien-être de l’Afrique. Ce n’est pas facile, je le sais, mais j’en appelle à tous de voir le bénéfice global de la création d’une Afrique intégrée, prospère et paisible sous la conduite de ses propres citoyens et représentant une force dynamique dans le système international tel qu’envisagé dans l’Agenda 2063 de l’Union Africaine ».

La ZLECAF constitue la première étape pour la construction du marché commun africain du traité d’Abuja de 1991. En janvier 2012, les Chefs d’Etats et de Gouvernements africains lors de la 18ème Session Ordinaire de l’Assemblée de l’Union Africaine ont adopté́ la décision de commencer les négociations relatives à la ZLECAf en 2015 avec 2017 comme date indicative pour la conclusion d’un accord. Lors dudit Sommet, un plan d’action pour stimuler le commerce intra africain (agenda 2063) a également été́ adopté. Très confiant à la mission à lui confiée, le Président d’appeler : « … nous devons donner un signal d’engagement collectif fort, de crédibilité en ratifiant dans les meilleurs délais l’accord relatif à la ZLECAF. Faisons le pari d’obtenir le minimum requis de ratification dans un délai d’un an pour compter de ce jour ».

L’Agenda 2063 de l’Union Africaine considère la ZLECAf comme une étape importante vers la mise en place du marché́ commun africain et l’édification de la Communauté́ Economique Africaine (objectif ultime d’intégration de l’Union Africaine). C’est pourquoi pour atteindre cet objectif, aucune réserve n’est permise pour l’adhésion à la ZLECAF. Et grâce au leadership du président Issoufou, le champion de l’UA de la ZLECAF, le ministre du Commerce du Niger, M. Sadou Seydou nous a confié : « C’est la première fois qu’un texte de l’Union Africaine a suscité une aussi importante adhésion en un laps de temps ».

 

Elh. M. Souleymane

Source : Note sur le Processus de la ZLECA

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