Rentré à Niamey le jeudi 14 novembre 2019, après un peu plus de trois ans d’exil en France, Hama Amadou a été arrêté ce lundi 18 novembre et reconduit à la prison de Filingué, la même qu’il a quitté en 2016 à destination de Paris pour des soins médicaux.

La veille, Hama Amadou aurait reçu une convocation de la gendarmerie lui demandant de se présenter à la brigage. Selon Rfi, c’est très tôt le matin du lundi 18 novembre (vers 6h, selon certaines sources) et accompagné de son avocat Me Boubacar Mossi, qu’il s’est présenté à la brigade de la gendarmerie pour répondre à la convocation. Il a été aussitôt  conduit à la prison de Filingué situé à environ 200 km de la capitale, Niamey, dans la région de Tillabéri.

Rentré à Niamey, le jeudi dans la soirée, Hama Amadou s’est immédiatement rendu au cimetière musulman de Yantala où il s’est recueilli sur la tombe de sa maman décédée il y a quelques jours de cela. Après quoi, il s’est retiré dans son domicile privé dans le même quartier où il a reçu les condoléances des plus hautes autorités politiques, de la société civile entre autres.

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La parenthèse  de l’enthousiasme, né du retour du chef de file de l’opposition après trois ans d’exil, s’est donc refermée avec sont retour à la prison.

Sur les réseaux sociaux, des appels  appelant ses militants à « rester sereins et de ne répondre à aucune provocation » ont été diffusés. Et rappellent que « l’opposition et le Lumana restent sur la même ligne », à savoir « revendiquer des élections libres, transparentes et inclusives et redonner au Niger sa dignité »..

Huit mois de prison ?

Dans cette prison, le chef de file de l’opposition devra purger sa peine de huit mois de prison des douze auxquels il a été condamné par contumace « pour recel d’enfants » dans l’affaire dite « des bébés importés » du Nigeria. Dans cette affaire qui remonte en 2014, une vingtaine de personnes dont Hama Amadou, alors président de l’Assemblée nationale, l’ancien ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, Abdou Labo, des banquiers, un haut gradé de l’armée nigérienne et leurs époux ont été condamnés à un an de prison ferme, tandis que le cerveau de l’affaire est condamné à cinq ans de prison.

Hama Amadou reste le seul condamné qui  n’a jusque-là pas purgé sa peine. Toutes les requêtes de ses avocats ont été déboutées. La dernière est celle intentée auprès de la cour de justice de la CEDEAO qui a vidé son verdict le mercredi 30 octobre dernier. Dans cet arrêt, la Cour « Dit qu’il y a autorité de la chose jugée » et « Dit en conséquence que  la requête de Hama Amadou est irrecevable ».

Après cet arrêt, l’ancien président de l’Assemblée nationale n’avait aucune raison de ne pas rentrer au pays. Le décès de sa maman est donc apparu comme une opportunité de taille pour rentrer au pays et se mettre à la disposition de la justice. Il peut toutefois compter sur la grâce  présidentielle  qui reste du seul pouvoir discrétionnaire du président  Issoufou Mahamadou.

Almoustapha Boubacar

Niger Inter

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