Au moment où l’apprend que  le Conseil de sécurité se réunit ce jeudi pour donner le feu vert à la CEDEAO pour une intervention militaire en Gambie, la prestation de serment d’Adama Barrow se tient à l’ambassade de la Gambie au Sénégal. La montagne qui accouche d’une souris tant les attentes étaient fortes quant à la capacité de la CEDEAO à forcer la main au sortant Yaya Jammeh. Ce dernier qui a décrété un état d’urgence et arraché un quitus du parlement qui prolongerait son mandat de trois mois se moque éperdument de la Communauté Internationale.

Et si la CEADEAO savait qu’elle fera profil bas pourquoi ne pas reporter cette investiture pour ne pas l’entacher d’un précédent qui affaiblirait Adama Barrow après une éclatante victoire sortie des urnes ? C’est là un problème réel que la CEDEAO traine depuis toujours. En effet, même lorsque le Mali basculait dans l’incertitude totale sous les terroristes,  la CEDEAO (et même l’Union Africaine) n’a pas décidé en temps réel face au danger.

Pourtant le Sénégal ne cesse de clamer que : « l’instabilité en Gambie pourrait menacer la paix internationale et la sécurité de la région ». Un discours pas assez convaincant puisqu’en son temps au Mali comme en Libye, le président Issoufou Mahamadou du Niger mettait justement en garde sur le risque d’embrasement de la sous-région.

Au bilan, Kadhafi a été liquidé et la crise malienne a eu un traitement partiel. Constat : le Sahel constitue un véritable creuset d’insécurité et de terrorisme. Le monde entier se préoccupe de cette partie du monde alors qu’il fallait une action d’avant-garde donc préventive.

La CEDEAO est partie pour encore se décrédibiliser car n’oublions pas le feu vert du Conseil de sécurité ne constitue en rien une panacée. Encore faut-il avoir les moyens d’agir. Au Mali comme l’a reconnu récemment le président Issoufou sur Africable malgré le quitus des Nations-Unies qui donne à la Minusma la latitude d’être une force offensive, par manque des moyens le terroristes continuent d’éprouver le Nord Mali.

Autant dire qu’Adama Barrow risque de déchanter et se sentir sous les oripeaux d’un président par procuration puisque le téméraire Yaya Jammeh préfère jouer le tout pour le tout en s’agrippant. Est-ce à dire qu’après l’échec diplomatique, la CEDEAO récoltera-t-elle un revers militaire ?

EMS

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