Ce Samedi 8 Avril a eu lieu un important débat sur l’école nigérienne au parlement à la suite de l’interpellation du premier ministre par des députés. En effet, c’est le ministre d’Etat chargé de l’intérieur et président du Comité interministériel pour le dialogue avec les partenaires de l’école, M. Bazoum Mohamed et le ministre de l’Enseignement primaire, de l’Alphabétisation, de la Promotion des Langues Nationales et de l’Education Civique M. Daouda Mamadou Marthé qui ont représenté le Premier ministre empêché.

Cette interpellation, initiative des députés Saadou Dillé (PNDS) et Nassirou Halidou (Lumana FA) a permis un fructueux débat où tour à tour les différentes sensibilités parlementaires se sont exprimées. Les députés ont unanimement reconnu la nécessité de sortir l’école nigérienne de l’ornière.

Le ministre Daouda Mamadou Marthé a brossé un bilan sans complaisance sur les maux qui minent l’école nigérienne et la nécessité des réformes initiées par le gouvernement. Cet état des lieux de notre école a été d’ailleurs bien apprécié au vu de sa rigueur appréciée même par certains députés de l’opposition. Le courage du ministre Marthé a été reconnu de tous.

Le minsitre d’Etat Bazoum Mohamed a pour sa part informé la représentation nationale que le gouvernement a honoré l’essentiel de ses engagements. Il n’y a que le point sur la question des matricules à octroyer aux contractuels que le gouvernement n’a pas pu honorer comme engagement, selon le ministre d’Etat. Et ce problème est en instance de règlement, ont informé les commissaires du gouvernement. Le gouvernement a exprimé sa bonne foi d’avoir engagé les réformes en vue pour le bien de l’école nigérienne. Dans cet ordre d’idée, le ministre Marthé a dit que si on n’y prend garde la situation frise ‘’un génocide intellectuel’’.

En substance, la majorité des députés ont soutenu le principe de la réforme de l’école par le gouvernement à condition de ne mettre en avant rien que l’intérêt général. Sur les ressources qui doivent soutenir cette réforme, le ministre Marthé a déclaré que ces moyens seront pris en charge par les partenaires techniques et financiers du Niger. « La question de l’école telle que moi je la vois ce n’est pas une question politique, c’est une question nationale », a dit le ministre de l’enseignement primaire.

Rappelons que le 26 décembre 2016 le premier ministre a également été interpellé par les parlementaires sur cette question de l’école. A cette occasion l’Assemblée Nationale a formulé les recommandations suivantes :

« Recommande,

Au gouvernement:

1) de poursuivre le dialogue social avec tous les acteurs de l’école et notamment avec les organisations syndicales et l’Association des Parents d’Elèves;

2) d’envisager la tenue d’un débat national sur la qualité de l’éducation, la part contributive des différents acteurs, ainsi que les moyens nécessaires à la bonne réussite et au financement du système éducatif;

3) d’œuvrer, avec les autres partenaires de l’école, à allouer des ressources budgétaires conséquentes au système éducatif ;

4) de résorber le retard dans le paiement des pécules des contractuels, des bourses et aides sociales des étudiants et des allocations scolaires ;

5) de payer à terme échu les pécules des contractuels, les bourses et aides sociales des étudiants et les allocations scolaires;

6) de construire, d’entretenir et renforcer les infrastructures scolaires et universitaires (classes, laboratoires, bureaux etc.) afin d’améliorer la qualité d’accueil et favoriser la mise en œuvre des programmes;

7) de mettre l’accent sur la formation continue et l’encadrement pédagogique des enseignants et d’établir en conséquence des contrats de performance avec eux ;

8) de veiller à la qualité de l’encadrement pédagogique des enseignants et à la qualité de l’enseignement dispensé dans les établissements scolaires publics et privés ;

9) de respecter les engagements issus des négociations avec les syndicats ;

10) d’organiser, dans les meilleurs délais, les élections syndicales afin d’identifier les syndicats les plus représentatifs du secteur en vue de mieux asseoir le dialogue avec les partenaires sociaux ;

11) de prendre des dispositions pour répertorier les chantiers de construction d’infrastructures non achevés et prendre à cet effet des mesures appropriées;

12) de préserver tous les acquis sociaux des travailleurs du secteur de l’éducation;

13) de dépolitiser la question de l’éducation;

14) de prendre les dispositions énergétiques pour lutter contre les fraudes et la corruption dans le système éducatif.

A l’endroit des enseignants, des contractuels, des étudiants, des parents d’élèves et des élèves :

  1. de dépolitiser la question de l’éducation ;
  2. d’œuvrer pour un partenariat sincère et responsable avec l’ensemble des acteurs de l’éducation pour juguler les problèmes de l’école ;
  3. de respecter les textes régissant l’exercice du droit de grève ;
  4. de poursuivre les négociations avec le Gouvernement et d’observer une trêve jusqu’à l’aboutissement à une solution consensuelle ;
  5. de respecter les engagements issus des négociations. »

EMS

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