En appelant le président de la République Issoufou Mahamadou à briguer un troisième mandat, synonyme de mettre la Constitution entre parenthèses, ces acteurs de la société civile de Zinder ne savaient-ils pas que leur acte est d’une extrême gravité ?

Ont-ils fait sciemment d’ignorer les pertinentes dispositions de l’article 47 de la Constitution du 25 Novembre 2010 qui disposent : « Le Président de la République est élu au suffrage universel, libre, direct, égal et secret pour un mandat de cinq (5) ans, renouvelable une (1) seule fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux (2) mandats présidentiels ou proroger le mandat pour quelque motif que ce soit… » ?.

En outre, ont-ils agi dans le sens de rééditer, sous la 7ème République, ce démon appelé « Tazarcé » ? Autant des questions qui méritent d’être posées au vu de cet appel lancé au président Issoufou à s’accrocher au pouvoir, en violation de la loi fondamentale.

Mais aujourd’hui que ces deux jeunes sont poursuivis devant la justice pour la gravité de la faute commise, certainement qu’ils ont fini par comprendre que sous le régime d’Issoufou Mahamadou qui est totalement différent de celui de Tandja Mamadou, qu’on ne « s’amuse pas avec les lois de la République, qu’on n’incite pas les gouvernants à violer la loi fondamentale où à remettre en cause certains principes démocratiques, telle que la limitation du mandat présidentiel ».

Contrairement donc à Tandja Mamadou sous la 5ème République, Issoufou Mahamadou qui n’a eu de cesse de répéter à l’opinion nationale et internationale qu’il quittera le pouvoir à la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel en 2021, refuse de prêter une oreille attentive aux fossoyeurs de la démocratie, ceux-là même qui ont conduit son prédécesseur à commettre cette grossièreté appelée « Tazarcé ».

Respectueux et défenseur des valeurs démocratiques, le président Issoufou refuse d’écouter toutes ses sirènes qui, pour des intérêts égoïstes, tentent encore de vouloir créer la chienlit dans le pays, à travers ce type d’appel insensé lancé au Chef de l’Etat.

Cette attitude du président Issoufou ne surprend d’ailleurs outre mesure. N’est-ce pas Issoufou Mahamadou lui-même qui déclarait dans son message à la Nation à l’occasion du premier anniversaire de son second mandat à la tête du Niger que « l’une de mes ambitions, c’est qu’en 2021, je puisse organiser des élections libres et transparentes, et que je puisse passer le témoin à celui que les nigériens auront élu » ? Preuve que le Chef de l’Etat n’a aucune intention de s’accrocher au pouvoir à la fin de son second et dernier mandat constitutionnel. A ceux-là qui ont lancé cet appel au président Issoufou pour violer la Constitution, de payer cher, le prix de leur inconséquence.

Oumar Issoufa

Niger Inter

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