Les leaders du Cadre de Concertation et d’Actions Citoyennes (CCAC), Ce fourre-tout qui  s’avère être le réceptacle de tous les populistes incapables de conquérir démocratiquement le quitus du peuple vient de s’offrir une escapade à l’intérieur du pays. Au regard des moyens utilisés dans le cadre de cette frasque, il y a lieu de se demander à quelle sauce on va être mangé ? Cette incartade en dit long sur la collusion d’intérêts entre ces populistes et ceux qui ont fait le serment de créer l’anarchie dans le pays. Décryptage de la randonnée d’Ali Idrissa et autres.

Après leur libération, Ali Idrissa Nani et autres ou du moins, les principaux acteurs de la société civile nigérienne, ont entrepris une tournée à l’intérieur du pays. Pour avoir voulu causer la chienlit un 25 mars 2018, ils ont été pris et mis sous les verrous quatre mois durant. Quoiqu’au bout de leur procès, ils n’écopèrent que d’une peine de trois mois avec sursis.

Ils disent lutter contre la loi de finances 2018, la mal gouvernance, l’injustice, les détournements des deniers publics, la corruption, la concussion, l’impérialisme, le néocolonialisme, les bases étrangères installées sur le sol du pays, etc. Dans ce cadre, ils envisagent de « contraindre les princes qui nous gouvernent à satisfaire nos légitimes revendications » comme ils l’ont souligné dans une déclaration lue le 25 février 2018 à la Place de la Concertation. Le 11 février 2018, toujours à la Place de la Concertation, ils ont menacé  « les ténors du régime actuel », et ont dit ne leur donner « qu’un seul choix : réviser leur loi de finances ou dégager ! » Une menace prise au sérieux par le pouvoir en place. Etant entendu que la société civile, dans son envolée contre la loi de finances 2018, bénéficie du soutien des partis de l’opposition et des partis non-affiliés.

En même temps qu’un agenda insurrectionnel aurait été planifié bien avant par un parti politique de l’opposition de la place et qu’à cette fin, celui-ci se serait mis en intelligence avec ladite société civile qui, un temps s’est unie dans ce qu’elle a appelé ACTICE (Association de défense des droits des Consommateurs des Technologies de l’Information, de la Communication et de l’Energie), un cadre dirigé alors par  un certain  Abass Abdoul Aziz. Et quand le 25 mars les acteurs de la société civile unie dans le CCAC (Cadre de Concertation et d’Action Citoyenne) envisagèrent de maintenir leur manifestation de 16 heures à 23 heures 59 minutes alors que celle-ci est sous le coup d’une interdiction, le Gouvernement ne fit aucune hésitation pour procéder à des arrestations dans leurs rangs. Jetés en prison, les Ali Idrissa continuèrent à bénéficier du soutien des Ongs internationales et des opposants politiques mais ne s’en sortirent pas moins sans écoper d’une peine de prison quoiqu’avec sursis. Leur liberté retrouvée leur sert actuellement d’occasion de reprendre les battons de la discorde. Ce qui n’étonne personne au sein des observateurs de la scène sociopolitique du pays. En réalité  Ali Idrissa et autres ne peuvent pas faire autrement parce qu’ils sont certainement prisonniers de ceux qui les soutiennent financièrement. Ils sont certainement prisonniers des Secours Catholique, Oxfam, PCQVP, Tournons la Page et bien d’autres groupes d’intérêts sulfureux.

 Peut-être, est-ce là un signe d’avidité, de concupiscence et de manque de retenue face à l’argent dont l’odeur est insaisissable de la part de ces acteurs d’une société civile pourtant très virulente face à tout ce qui est une expression du néocolonialisme et de l’impérialisme ? A moins qu’ils s’en moquent tant assez s’il s’agit d’eux, seulement eux, d’être les dépositaires de ce néocolonialisme et de l’impérialisme. Ils s’en moquent, peut-être, parce qu’ils ne gèrent pas le pays. Quand vous prenez l’argent de quelqu’un, vous êtes obligés de lui faire la révérence et quand celui-ci demande des comptes, il vaut mieux de s’exécuter si vous ne voulez pas qu’il vous coupe le robinet. Là,  Ali Idrissa et autres ont raison de reprendre ce qu’ils considèrent un combat citoyen. Evidemment aux frais de ces organisations qui les soutiennent et qui sont en passe de faire d’eux une classe sociale bourgeoise. Une classe sociale bourgeoise qui s’offre des voyages de luxe. Sans le leur demander, les nigériens se sont réveillés un matin pour constater que leurs soi-disant défenseurs ne sont vraiment pas des citoyens lambda mais font partie d’une classe de privilégiés qui voyagent en avion à l’intérieur des terres nationales. Une escapade qui en dit long sur la ligne de démarcation qui sépare le peuple de ces ‘’illuminés’’ en mal d’inspiration.

 En effet, les autorités régionales et municipales d’Agadez, bien qu’elles aient posé un acte anti démocratique mais aussi anti républicain en interdisant à un des acteurs de la société civile de mettre les pieds sur le sol de leur cité, ont permis aux nigériens de se rendre compte d’une véritable supercherie. Supercherie parce que ces acteurs n’ont aucun commerce ni de métier connu qui leur pourvoie autant de moyens qui leur permettent de s’offrir des voyages qui riment avec une véritable villégiature des stars occidentales. Villégiature au cours de laquelle nos acteurs de la société civile vivent dans des hôtels huppés, s’offrent des bains de foule, des excursions dans les cours de nos chefs traditionnels et sont même invités à visiter les grandes infrastructures publiques réalisées grâce aux efforts du Président Issoufou dont ils combattent pourtant le régime. Attitude significative d’un agenda politique soigneusement préparé de leur part ?

Bien sûr que cela ne les détourne pas moins de leur seul objectif dont ils veulent que les nigériens prennent en compte : donner des conférences virulentes dans lesquelles, ils se plaignent de la pauvreté du peuple, de la loi des finances et de la mal gouvernance du Président Issoufou. Au cours de leur balade, la population les a aperçu rouler dans un véhicule arborant les insignes de l’Union Européenne. Il y a lieu d’interpeler l’Union Européenne de lui demander comment cela a-t-il été possible. Celle-ci joue-t-elle à la carotte et au bâton avec le Gouvernement nigérien ? Est-elle plus exigeante vis-à vis du pouvoir et ferme-t-elle les yeux sur les agissements des acteurs de la société civile insurgée contre la loi de finances 2018 et la collusion avec les partis politiques ? A ne pas oublier que certains acteurs de ladite société civile sont candidats déclarés aux élections présidentielles de 2021 et d’autres entendent même remplacer le Président Issoufou par des voies non démocratiques.

Un comportement qui jure avec l’esprit républicain que des citoyens de leur trempe doivent normalement bannir. Mais cela ne surprend guère les Nigériens. Certains de ces acteurs de la société civile ont même  participé de manière active à la démolition de la Constitution de la Cinquième République. Mais sans vergogne, ils chantent aujourd’hui sur tous les toits qu’ils sont les vrais démocrates et les véritables défenseurs des droits de l’homme. Mais qu’on ne se méprenne pas : ces acteurs de la société civile sont en posture la ‘’fin justifie les moyens’’. Ils ont franchi le Rubicon. Leur collusion avec les politiciens pour la mise en œuvre d’un agenda insurrectionnel au Niger n’est qu’un secret de polichinelle. Leur visée c’est de nous mener en bateau. Vouloir coute que coute faire basculer le pays dans la chienlit ne saurait être cautionné par un républicain. Le petit jeu d’Ali Idrissa et autres est aujourd’hui connu des Nigériens.

C’est pourquoi nous avons alerté nos concitoyens en temps réel des mauvaises pratiques de ce nœud gordien pour ne notre processus démocratique que constitue le CCAC. Ce fourre-tout s’avère être le réceptacle de tous les populistes incapables de conquérir démocratiquement le quitus du peuple. A ces populistes illuminés et tous ceux qui ont fait le serment d’instaurer l’anarchie dans le pays, nous disons simplement que force reste à la loi. Et par ricochet, l’autorité de l’Etat ne saurait être défiée impunément. Un 25 mars 2018 quelques-uns l’ont appris à leurs dépens !

Bassirou Baki Edir

Niger Inter

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