Le lundi 1er octobre, dans l’après-midi, la Session extraordinaire du (Conseil National du dialogue politique (CNDP) s’est tenue dans la salle des banquets de la primature. Les partis politiques de la majorité comme de l’opposition (plus de 80 partis politiques sur les 109) ont participé à cette réunion avec comme unique ordre du jour la ‘’révision du code électoral’’.

Juste après l’ouverture de la réunion, le Premier ministre Brigi Rafini a donné la parole aux leaders religieux (grands témoins) pour la bénédiction de cette rencontre. Après cette invocation, le Premier ministre a rappelé le principal ordre du jour de la session à savoir la révision du code électoral.

Selon le PM Brigi Rafini, il s’agit d’apporter, dans l’intérêt général, les amendements utiles au code électoral dont certaines dispositions n’ont pas eu l’adhésion de certains partis politiques. L’objectif de la rencontre consiste, selon Brigi Rafini, à ‘’remettre sur la table le code électoral pour apporter les correctifs nécessaires’’.

Après son mot liminaire, le PM a demandé à l’assistance s’il y a des observations à l’ordre du jour tel que proposé. M. Sadikou Oumarou, un représentant des partis non affiliés a proposé d’insérer à l’ordre du jour l’examen du règlement intérieur du CNDP. Alkassoum Hindatou, secrétaire permanent de la MRN a dit que la majorité souhaiterait que l’examen du règlement intérieur du CNDP soit reporté à une autre rencontre en ce sens que sa coalition est venue pour discuter d’un ordre du jour très précis. Le Premier ministre a tranché en disant qu’on pourrait convenir d’une date pour discuter du règlement intérieur du CNDP.

Sur ces entrefaites, le Premier ministre a informé la réunion qu’il venait de recevoir une correspondance du FRDDR et il a autorisé le secrétaire permanent du CNDP, M. Yahaya Garba de lire le contenu de cette adresse. La note du président par intérim du FRDDR, M. Falké Bacharou se résume à un certain nombre de préalables jugés nécessaires par cette coalition pour un dialogue politique.

En commentant la correspondance du FRDDR, le Premier ministre a dit en substance que le FRDDR demande une sorte de conférence nationale pour la tenue d’un dialogue national, ce qui ne rime pas avec les principes du CNDP qui met en avant le consensus, la souplesse pour avancer dans l’intérêt général, a-i-il souligné. Le PM a dit que le CNDP se veut une assemblée de concertation et de propositions tout en déplorant la politique de la chaise vide du FRDDR.

Le Premier ministre avait tout de même donné la parole aux participants pour apprécier cette situation. L’on retient en substance que si on procède de la façon du FRDDR, le CNDP serait très vulnérable et inopérant en ce sens que les travaux peuvent être pris en otage sur la base du dilatoire. C’est ainsi que l’assistance a convenu de la tenue de la réunion sur la base de l’ordre du jour exposé à savoir le débat sur le code électoral et la mise en place d’un comité ad hoc.

C’est ainsi que les uns et les autres ont procédé à un débat très ouvert et fructueux avec souvent des propositions écrites (Front patriotique, MRN et non affiliés). Ce qui est constant dans les interventions c’est l’intérêt général qui commande d’organiser des élections consensuelles, inclusives dans un climat apaisé. C’est avec la confiance des acteurs qu’on pourrait prévenir la crise avant, pendant et après les élections, ont fait observer les intervenants.

Il faut dire que le code électoral et la mise en place de la CENI permanente ont été deux décisions majeures issues du consensus de la classe politique même si la mise en œuvre avait constitué le point d’achoppement, avaient estimé certains intervenants. En effet, il était convenu après l’évaluation des textes électoraux en 2016 qu’il est hors de question d’aller aux élections sans la mise à jour du Code électoral et un fichier électoral biométrique.

Au niveau de la CENI, beaucoup d’intervenants ont proposé à ce que chaque candidat à la présidentielle ait un représentant à la CENI. L’idée d’un élargissement de la CENI constitue une forte demande des uns et des autres.

Après ce fructueux débat qui a duré presque 4 heures d’horloge, il est convenu que chaque groupe (opposition, majorité et non affiliés) ait 4 représentants qui composeront le comité ad hoc qui fera des propositions à la plénière sur la révision du code électoral et le règlement intérieur du CNDP. Ce comité sera assisté par les personnes ressources du secrétariat permanent du CNDP et de la primature. Il est donné 72 heures aux différents groupes pour donner mandat à leurs représentants et trois semaines au comité pour déposer son rapport. Les propositions de révision du code électoral seront transmises à la session en cours de l’Assemblée nationale pour adoption.

En clôturant cette session extraordinaire du CNDP, le Premier ministre s’est réjoui du ‘’retour à la sérénité’’ tout en déplorant l’absence de certaines composantes du CNDP. Après quoi, les grands témoins ont prié pour la paix et la stabilité du Niger et appelé la classe politique à mettre en avant l’intérêt général et l’amour de la patrie. Une rencontre on ne peut plus conviviale et décisive.

EMS

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