Le dimanche 11 novembre dernier, l’Opposition FRDDR et alliés ont battu le pavé pour pompeusement dénoncer la mal gouvernance, l’amateurisme et défendre les acquis démocratiques dont ils entendent en faire leurs ‘’préoccupations premières’’. Mais la vraie motivation de l’Opposition c’est bel et bien le refus de la majorité à garantir l’impunité à Hama Amadou mis hors-jeu par les lois et règlements de la République. Décryptage.

A travers les réseaux sociaux, les citoyens ont exprimé leur déception de voir cette manifestation maintenue malgré la mort subite d’un grand militant du FRDDR, ‘’homme-lige’’ de Mahamane Ousmane, le nouveau porte-flambeau de l’Opposition et son potentiel candidat unique, apprend-on. Feu Amadou Laoual dit Edmond (paix éternelle à son âme) était également un des délégués de l’Opposition au sein du Comité ad hoc chargé de la révision du code électoral et du règlement intérieur du CNDP.

Certains connaisseurs de l’illustre disparu disent c’est par conviction et dignité que le défunt était resté aux côtés de Mahamane Ousmane dans sa posture rancunière au régime d’Issoufou.

Avant le message principal de la manifestation livré par le has-been Mahamane Ousmane, des propos populistes ont été tenus par Soumana Sanda, Mamane Sani Adamou, Ibrahim Yacoubou et Moussa Tchangari. Ceux-là qui veulent peindre tout en noir dans notre pays malgré des réalisations qui crèvent l’œil qu’ils n’ont pas pu réaliser quand ils étaient aux affaires.

Ibrahim Yacoubou pour sa part, mu par le ressentiment oublie qu’il est comptable de la gestion actuelle pour avoir été un acteur majeur pendant sept (7) ans. Très amnésique, ce jeune populiste désormais président du Front patriotique ne se gêne guère d’avoir été sourd, muet et aveugle quand il était aux affaires. Un des meilleurs laudateurs du président Issoufou, Ibrahim Yacoubou défiait hier société civile et Opposition parce qu’il voyait en le président Issoufou un surhomme qui avait fait en moins de 10 ans ‘’plus que tous les régimes précédents réunis’’ (sic). Aujourd’hui, chassé comme un mal propre du gouvernement, il voit autrement le monde. Le gouvernement d’Issoufou sans Ibrahim Yacoubou n’est que quantité négligeable désormais caractérisé par l’arrogance et le mépris du peuple, à en croire le leader du MPN Kiishin Kassa.

Le clou de ce meeting à savoir la déclaration a été rendu par l’ex président de la République Mahamane Ousmane. Resté très longtemps dans sa zone de confort, ‘’Dan Ousman’’ comme l’appellent ses fans avait rendu son texte avec une voix cassée, presque aphone. Il n’a plus rien de ce tribun du CDS d’hier. Après le clin d’œil à toutes les couches de la société (société civile, FDS, hommes et femmes, jeunes, moins jeunes, veuves et orphelins), Mahamane Ousmane a déclaré au nom du FRDDR et alliés : « La conduite chaotique du processus électoral passé ayant pour conséquences l’installation d’institutions en manque de légitimité, l’institution d’une gouvernance polarisée, partisane et clanique ainsi que l’amateurisme grossier qui caractérise la gestion des affaires publiques sont des preuves tangibles de l’incapacité du pouvoir actuel à répondre aux aspirations légitimes du peuple nigérien. Ces tares ont eu sur la vie de notre nation un impact négatif profond. Elles ont fait régresser notre pays de plusieurs années, compromettre les embellies économiques qui s’annonçaient, et annihiler les avancées majeures en matière de justice, de paix, de démocratie, de liberté et de cohésion sociale enregistrées depuis la Conférence Nationale Souveraine. »

Après un chapelet de récriminations à l’encontre du régime d’Issoufou, Mahamane Ousmane a martelé : « Il est donc impératif que les forces vives du pays, les acteurs de tous bords de la scène politique, économique et sociale fassent de la défense des acquis démocratiques leurs préoccupations premières. C’est la condition permettant de créer un environnement politique, économique, social et culturel apte à garantir  la stabilité politique et institutionnelle, le progrès économique et la paix sociale dans notre pays. »

En démocratie, il n’y a rien à redire qu’une opposition manifeste et dénonce les travers d’un pouvoir. Sauf que la sortie du FRDDR et alliés, dimanche dernier, est assez spécieuse puisqu’elle entend contraindre le gouvernement à modifier la loi parce que leur ‘’frère Hama Amadou’’ serait visé par la loi. C’est cela un  alibi pour Mahamane Ousmane appâté par Lumana d’être le candidat unique de l’opposition au cas où Hama Amadou ne bénéficierait pas d’une réhabilitation. Une stratégie pour Lumana de forcer la main à ‘’Dan Ousman’’ à battre le pavé.

L’on se souvient récemment que Amadou Boubacar Cissé avait dit sur une télévision de la place que c’était Hama Amadou qui était le premier à lui souffler  de prendre les commandes du Front Démocratique et Républicain (FDR). Et ce, parce que Mahamane Ousmane ne lutte pas dans le sens attendu par le fugitif à savoir créé la chienlit dans le pays pour qu’il puisse tirer profit de l’incertitude.

Et si Ousmane sait ligne entre les lignes, Lumana en faisant le serment de faire de Hama Amadou son candidat en 2021 n’entend pas mettre en selle un autre candidat. Mais comme Ousmane est apparemment séduit par ce marché de dupes, Soumana Sanda peut l’amadouer jusqu’à se projeter au palais. Et comme il est permis de rêver, Mahamane Ousmane se regarde très certainement d’une certaine manière  dans le miroir ces jours-ci tant l’offre est alléchante et mielleuse. ‘’Un homme très mal placé pour donner des leçons au président Issoufou tant par son style de gouvernance que par ses qualités d’homme d’Etat’’, nous a confié un admirateur du président Issoufou.

Mahamane Ousmane, un has-been comme guide des populistes

Un homme d’Etat digne de ce nom doit savoir faire la part des choses : entre son ego et sa raison, entre sa subjectivité et l’intérêt général. Si le président Tandja est excusé pour raison de santé à certaines cérémonies officielles, Mahamane Ousmane alias nafarko affiche allègrement le reniement de son statut d’ancien chef d’Etat depuis presque 8 ans. Son attitude frise le boycott actif des activités officielles. L’on se souvient qu’il avait annoncé les couleurs depuis l’investiture du président Issoufou en préférant aller en villégiature au Nigeria voisin.

Pourtant, les fêtes tournantes initiées par le président Tandja et amplifiées par Issoufou en termes d’investissement constituent une affaire d’Etat à plus d’un titre. C’est d’abord et avant tout, symboliquement, la proclamation de la République du Niger. C’est aussi la fierté des populations qui bénéficient des investissements sur fonds propres de l’Etat nigérien. Mais les Nigériens ne sont guère surpris puisqu’ils sont témoins même du boycott des rencontres religieuses en plein ramadan par l’opposition politique. Mais il faut comprendre ce ringard, selon une confidence, Mahamane Ousmane a juré de ne jamais pardonné à Issoufou d’avoir perdu le pouvoir. Ceux qui le fréquentent témoignent de cette posture maladive de l’homme qui a oublié que le pouvoir, la vie, la mort, la richesse émanent du décret divin. Inutile donc de garder rancune à une créature.

A entendre le nihilisme de l’opposition nigérienne, son manque d’humilité et la sévérité de sa sentence du régime d’Issoufou, il vient à l’esprit toute la pertinence de cette sagesse du roi Hassan II : « Il ne faut pas perdre son temps à avancer des arguments de bonne foi face à gens de mauvaise foi ».

Tiemago Bizo

Niger Inter

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