Vitres et portes brisées, meubles emportés, une simple visite au siège de la société sise au quartier Liberté à Niamey, traduit si bien la rage sinon le courroux des clients d’hier et victimes aujourd’hui de la supercherie de la canularesque société « Meilleure Vie en Solution ». Quelques mois à peine ont suffi à Richard Bola James originaire du Nigeria et sa bande pour persuader, escroquer puis empocher des centaines de millions de franc CFA aux nigériens, surtout les accrocs du fameux échange numérique dénommé « bitcoin ».

Tout ce qui brille n’est pas de l’or, dit-on. Les promoteurs de cet établissement dont la structure et le fonctionnement ressemblent si peu à ceux d’une structure bancaire, le savent si bien. Autant maximiser davantage d’intérêts sur le dos des clients pour le moins naïfs. La chose était si simple  pour les nombreux clients comme ce jeune que nous avons rencontré, homme d’affaire accroc au bitcoin : « J’ai investi 100 000 francs CFA et une semaine après, je suis venu retirer 130 000 francs ». En clair selon le principe pour chaque mise à partir de 10 000 francs, le client aura à bénéficier d’un intérêt de 30%  en moins d’une semaine. Ainsi affluent au jour le jour des clients de toute catégorie sociale et même parfois avec des sommes exorbitantes dans l’espoir de voir sa mise augmenter en l’espace d’une semaine.

Le sulfureux individu Richard Bola James, puisque c’est de lui qu’il s’agit, PDG de son état de ce simulacre de société, a su user de stratagèmes pour rouler dans la farine les commerçants nigériens. En fait, au départ tout avait l’air du moins ordinaire. Une structure à l’instar de « Meilleure Vie en Solution » n’avait rien à se reprocher vis-à-vis de la loi qui régit le commerce au Niger. D’ailleurs légalement constituée au registre du commerce et du crédit mobilier de Niamey, sous le numéro NE – NIA -2018 – B – 1523 du 23 Mai 2018 et dont l’objectif était l’import-export, le commerce général, la prestation de services et le Trading Business. Voilà ce qui a convaincu des centaines de clients, toutes couches sociales confondues à aller s’enregistrer dans son siège à Niamey dans le quartier Liberté. Beaucoup de ceux contactés par nos soins et qui sont devenus victimes aujourd’hui ont avoué avoir hésité au début. « Moi je suis venu à peine une semaine avant le scandale. Franchement au début je n’y croyais pas du tout. Même avant de m’enregistrer j’ai exigé à ce que le DG me montre un papier qui prouve que ce qu’ils font c’est du vrai. C’est là qu’il m’a montré leur certificat d’immatriculation cacheté par les autorités compétentes du pays. J’ai investi au moins 700 000 francs. Mon frère a investi 1 700 000 francs, une sœur a investi 1 500 000 et une autre sœur a donné 900 000 francs. Dans notre famille au moins 5 000 000 de francs CFA ont été investis », nous confiait ce fonctionnaire visiblement abattu et désemparé.

« J’ai investi 510 000 francs et le lundi 12 novembre je devrais venir faire le retrait. Quand j’étais arrivé c’est là que j’ai vu les portes et les vitres cassées et une grande foule en colère. Beaucoup sommes-nous à avoir fait des prêts chez une tierce pour les rembourser une semaine après. J’ai même appris qu’une victime qui avait déposé 150 000 000 du franc CFA a piqué crise quand il a appris la nouvelle de la fuite du PDG et est décédée après. Wallahi c’est vraiment insupportable », ajouta une autre victime, commerçant de son état. « Pourquoi ne pas aller jusqu’au niveau de la BCEAO, puisque le DG a dit que c’est là qu’ils déposent l’argent », s’est-il indigné.

C’est un séisme, un véritable scandale orchestré par Richard Bola James dans le milieu financier nigérien avec des conséquences désastreuses dans l’économie nigérienne. Pour le moment il est toujours introuvable sur le territoire nigérien, néanmoins les langues se délient pour porter un doigt accusateur sur ces proches collaborateurs nigériens à l’instar du Directeur Général qui, selon nos investigations, se la coule douce ici à Niamey. Quand les autorités pourraient-elles mettre la main sur ce dernier dont la version des faits est importante afin de situer les responsabilités dans cette rocambolesque affaire? Les victimes digèrent encore plus mal le silence coupable des autorités de ce pays. Une société ayant reçu le quitus des autorités en charge du commerce et du crédit mobilier de Niamey, doit avoir été suivie puis scrutée par ceux-là mêmes qui lui ont octroyé le certificat d’immatriculation. Selon nos recoupements, la police judiciaire s’est déjà saisie de l’affaire. Là-bas, les victimes se sont faits enregistrer et des agents commerciaux travaillant pour le compte de la société ont été auditionnés.

Pour l’heure, les centaines de victimes escroquées par le capricieux Richard Bola James et ses complices, végètent dans une impatience totale, espérant le salut auprès des gouvernants, mais jusqu’à quand ? Le sulfureux arnaqueur doit sûrement se trouver quelque part sous d’autres cieux. Et l’apport de l’Interpol dans ce contexte serait la bienvenue.  En attendant, il urge d’arrêter l’hémorragie afin qu’à l’avenir de tel désastre ne survienne plus sur le sol nigérien.

 Koami      

Le Républicain du 22 novembre 2018

Niger Inter

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