La fête Zinder Saboua fut belle. Une des plus belles des fêtes tournantes du 18 décembre en région. Mais les historiens du présent ont observé une absence notoire : celle de l’ancien président de la République, Mahamane Ousmane leader et natif de Zinder ! Il a préféré encore s’inscrire sur la liste des abonnés absents. Même la présence de Muhammadu Buhari parmi les invités n’a pas pu convaincre Dan Ousmane de vivre ce moment historique avec les Damagarawa.   Certes,  l’homme était en perte de vitesse ou pour le dire prosaïquement en mal de leadership depuis sa gloriole d’après la transition post conférence nationale du Niger. Une sorte de déchéance  traduite d’abord par la dislocation de son parti le CDS Rahama et ensuite par ses insuccès à l’occasion des différents scrutins. Pourtant, au lieu de prendre de la hauteur sur les événements, Mahamane Ousmane, ignorant la sagesse selon laquelle il faut savoir quitter les choses avant qu’elles ne vous quittent, s’était finalement accroché.

Il aime bien jouer aux abonnés absents depuis 2011. Mais plus d’un citoyen avait cru qu’il allait se ressaisir à l’occasion de Zinder Saboua pour venir célébrer la République. Car un homme d’Etat digne de ce nom doit savoir faire la part des choses : entre son ego et sa raison, entre sa subjectivité et l’intérêt général. Si le président Tandja est excusé pour raison de santé à certaines cérémonies officielles, Mahamane Ousmane alias nafarko affiche allègrement le reniement de son statut d’ancien chef d’Etat depuis presque 8 ans. Son attitude frise le boycott actif des activités officielles. L’on se souvient qu’il avait annoncé les couleurs depuis l’investiture du président Issoufou au premier mandat en préférant aller en villégiature au Nigeria voisin.

Pourtant, les fêtes tournantes initiées par le président Tandja et amplifiées par Issoufou Mahamadou en termes d’investissement constituent une affaire d’Etat à plus d’un titre. C’est d’abord et avant tout, symboliquement, la fête de la République du Niger. C’est aussi la fierté des populations qui bénéficient des investissements sur fonds propres de l’Etat nigérien. Mais les Nigériens ne sont guère surpris puisqu’ils sont témoins même du boycott des rencontres religieuses en plein ramadan par l’opposition politique. Mais il faut comprendre ce ringard.  Selon une confidence, Mahamane Ousmane a juré de ne jamais pardonner à Issoufou d’avoir perdu le pouvoir. Ceux qui le fréquentent sont témoins de cette obsession maladive de l’homme qui a oublié que le pouvoir, la vie, la mort, la richesse émanent du décret divin. Inutile donc de garder rancune à une créature. Tout le reste n’est que vanité. Il faut simplement savoir raison garder. Si le sens du pardon et l’amour ne vous élèvent pas, ce n’est pas la haine ou le ressentiment qui feront de vous un homme d’Etat. Simple avis.

Tiemago Bizo

Niger Inter

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