L’Afrobeat est un genre musical typiquement africain, même s’il contient des incorporations étrangères. En effet, il faut remonter au début des années 1920 pour retrouver les premiers rythmes folkloriques de ce style, et plus précisément au Ghana.

A l’époque, les musiciens ghanéens, notamment l’orchestre d’Accra, ont essayé le mélange du foxtrot et le calypso avec des rythmes ghanéens comme osibisaba (Fante) et autres, mais sans grand succès. C’est à la fin des années 1960 que le style arrive au Nigéria à travers l’étoile montante de la musique Nigériane, Fela Anikulapo Kuti.

Artiste musicien, saxophoniste et chef d’orchestre, Fela va expérimenter différentes musiques contemporaines de son époque. C’est alors que son génie lui pousse à une composition des éléments afro-américains du funk, du jazz avec plusieurs autres musiques africaines pour donner naissance à l’afrobeat.

Fela, initié au piano dès son jeune par son papa (pasteur Ransome-Kuti) ; le garçon devint un passionné fou du jazz au Trinity College of Music en Angleterre où il s’y était rendu pour ses études supérieures. Avec des amis nigérians et antillais, ils forment le groupe Koola Lobitos qui jouait très souvent dans des cafés en reprenant quelques classiques de jazz et une dose de highlife, un style très répandu en Afrique à l’époque. Après l’Angleterre, Fela entame une série de tournée aux Etats Unis où il rencontre Sandra Smith, une militante noire du groupe Blacks Panther. C’est ainsi qu’il épousa les idéaux de Malcom X. Fort de cette nouvelle façon de voir les choses, et comme un porteur de message, au lieu du Yoruba, Fela composera désormais en Pidgin de manière à être accessible à une bonne partie du public africain.

Créateur incontesté de l’afrobeat et avec une excellente composition, Fela chante des textes engagés et satiriques. A l’instar des autres genres musicaux du pays comme le juju music, l’apala ou le fuji, l’homme au torse nu est d’ailleurs celui qui invente le nom « afrobeat » et compose lui-même les formes musicales avec son batteur Tony Allen. Ce qui vaudra par la suite une popularité fulgurante à travers le continent et un peu partout dans le monde. Des chansons qui seront ensuite interprétées par son groupe Africa ’70, un peu partout sur le continent. L’afrobeat est d’ailleurs représenté un peu partout dans le monde entier (France, Angleterre, Canada, Israël, États-Unis, Chili,etc.) et figure à l’affiche de nombreux festivals de jazz et musiques du monde.

En 2003, le chanteur et guitariste Bruno Blum est le premier Français à composer et publier un album d’afrobeat francophone en collaboration avec le chanteur nigérian Amala (qui y interprète un titre en anglais et un duo avec Blum), enregistré avec une vingtaine d’anciens musiciens de Fela Kuti au studio Afrodisia de Lagos au Nigeria, où Fela enregistra nombre de ses chefs-d’œuvre. Le batteur à l’origine de l’afrobeat Tony Allen se fait remarquer par des concerts de qualité, ainsi que deux des fils de Fela Kuti, d’abord Femi Kuti puis (en 2007) le jeune Seun Kuti tournent dans le monde entier dans les années 2000 en jouant dans ce style. L’afrobeat restera le style musical le plus répandu en Afrique avec notamment des genres musicaux associés comme le Soukous, le Makossa et le Highlife.

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