Par décret pris en Conseil des ministres du lundi 25 mars 2019, les maires des communes rurales de Kanembakaché (Département de Mayahi, Région de Maradi), Liboré et N’Dounga, (Département de Kollo, Région de Tillaberi) sont révoqués pour diverses « irrégularités et pratiques frauduleuses dans la gestion financière, comptable, administrative et foncière) de leurs entités respectives.

Cette révocation fait suite au rapport des missions d’inspection et de contrôle effectuées par l’Inspection Générale de l’Administration Territoriale (IGAT) au niveau de ces communes des Régions de Maradi et de Tillabéri.

Des constats fait par la mission d’inspection et de contrôle à la commune rurale de Kanembakaché, il est reproché au maire, « une gestion financière et comptable caractérisée par de nombreuses insuffisances et irrégularités, notamment : la tenue irrégulière de la comptabilité de la Commune ; plusieurs irrégularités relevées dans l’exécution des dépenses ; une accumulation des arriérés de salaires et d’indemnités des personnels sur plusieurs mois ; une gestion administrative peu orthodoxe caractérisée par divers abus notamment, à savoir : des absences répétitives du maire aux sessions du conseil municipal ; des conflits d’intérêts dans la gestion de l’opération «vente des vivres à prix modéré», mettant en cause le maire de la Commune en responsabilisant un proche parent, en lieu et place du comité mis en place à cet effet, cela en violation des dispositions de l’article 49 du Code Général des Collectivités Territoriales ».

S’agissant du maire de N’Dounga, il est ressorti du rapport : « une mauvaise tenue de la comptabilité caractérisée par de nombreuses irrégularités et autres insuffisances dans l’exécution des dépenses de la commune ; une très faible mobilisation des ressources propres de la commune ; une gestion foncière chaotique marquée par d’intenses activités de lotissements orchestrées et réalisées par des promoteurs privés, le plus souvent en violation de la législation et de la réglementation en vigueur ».

A la commune de Liboré, l’inspection diligentée a fait ressortir de « nombreuses irrégularités dans l’exécution des dépenses de la commune où la quasi-totalité des mandats de paiement examinés par la mission de contrôle est affectée par des irrégularités qui se traduisent par l’insuffisance des pièces justificatives des dépenses ; un déficit de caisse ; des prélèvements fiscaux non effectués et/ou non reversés aux services fiscaux de l’Etat ; la mise en place d’un système malsain de passation des marchés publics au mépris de la réglementation en vigueur ; une gestion foncière confuse dans le cadre de plusieurs opérations de lotissements réalisées par la Commune de Liboré et des opérateurs privés ».

Pour ces différents manquements relevés, informe le communiqué du Conseil des ministres, « les responsables municipaux cités ci-dessus, seuls et/ou solidairement avec les receveurs municipaux et toutes autres personnes mises en cause par les rapports doivent rembourser aux communes, les sommes relevées à leur encontre sans préjudice des poursuites pénales éventuelles ».

Oumar Issoufa

Niger Inter

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