Le lundi 11 mars dernier, la capture de  Mohamed Sidi Mohamed, un membre du Cartel de la drogue au sahel  avec 789 kg de cocaïne en Guinée Bissau a fait le buzz sur les réseaux sociaux. Cette information a été reprise par le New York times et Reuters. Ce trafiquant a été présenté comme Conseiller spécial du président de l’Assemblée nationale (PAN)  avec un passeport nigérien et un badge du cabinet du PAN.

En apprenant cette information, l’opinion publique nigérienne était scandalisée tant cette image est infamante pour l’image du Niger à l’extérieur. Le passeport nigérien et la fonction de la personne en cause gênent plus d’un citoyen. Et quand les médias internationaux parlent d’un trafiquant proche d’une haute personnalité nigérienne, cela est de nature à ternir l’image des officiels nigériens qui vont commencer à intéresser davantage la police et les médias internationaux.

Mais de sources bien informées, cet individu sans foi ni loi n‘est  pas nigérien. Il serait membre d’un  cartel de la Drogue d’un pays voisin qui a profité de la soif du gain facile de nos fonctionnaires pour se procurer facilement les papiers nigériens et aussi se faire nommer Conseiller spécial du président de l’Assemblée nationale.

En cherchant à savoir l’appartenance politique de ce délinquant, une source nous a confié qu’il est militant d’un petit parti politique membre de la MRN qui lui aurait trouvé cette place de Conseiller spécial à l’Assemblée nationale.

Il faut déplorer ici la légèreté des responsables des partis politiques à faire le deal avec n’importe au détriment des intérêts du pays et  la banalisation ou la facilité avec laquelle les pièces d’état civil sont octroyées aux non-nigériens.

D’aucuns dénoncent la corruption de certains services publics nigériens où n’importe quelle personne peut facilement avoir le passeport ordinaire qui est spécifiquement dédié à des Nigériens d’origine ou naturalisé.

‘’Comment un membre d’un cartel reconnu et fiché par les services secrets comme un grand trafiquant de tous stupéfiants se retrouve avec un badge officiel d’une grande institution de la République et pire encore avec un passeport nigérien? ’’, se demande un internaute scandalisé par ces faits.

A l’épreuve des faits, le nommé Mohamed Sidi Mohamed se retrouve avec deux noms contradictoires : sur le badge Mohamed Sidi Mohamed et sur le passeport Mohamed Sidi Ahmed. Des ressources bien informées, ce malfrat qui a usurpé de la nationalité nigérienne serait plutôt né, de son vrai nom Hamadana, à Tabankort à 200 Kilomètres au nord Gao chez Hanoun Ali et Chrayaf Elchappo du Sahel connus comme les barons de la drogue.

Selon nos sources, ce trafiquant de drogue s’installa à Niamey fin 2009 et évoluera dans le commerce des véhicules gros porteurs pour blanchir l’argent de la drogue et utilise ses camions pour faire rentrer en Algérie des tonnes de cannabis et tramadol par la fraude. Cité comme un acteur majeur dans l’affaire de 2,5 tonnes de cannabis, il a trompé la vigilance des autorités en utilisant plusieurs identités pour échapper aux limiers de la police nationale.

Ce scandale de 789 kgs de cocaïne saisis en Guinée Bissau avec le nommé Mohamed Sidi Mohamed met en lumière toute la gravité de la situation et la nécessité de mutualiser nos efforts pour combattre ces terroristes qui se donnent mille et un moyens pour faire de notre espace un no man’s land.

Pourtant, le président Issoufou Mahamadou a sans cesse alerté sur les méfaits des narcotrafiquants comme bailleurs de fonds du terrorisme au Sahel et par conséquent la nécessité de les traquer sans faiblesse. Le Commissaire Divisionnaire de Police Boubacar Issaka Oumarou, Directeur Général de l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (l’OCRTIS) est une voix bien autorisée pour renseigner l’opinion publique : «…. aujourd’hui il est clairement établi un lien très étroit entre le terrorisme qui fragilise les pays sahéliens et le trafic de drogue qui en constitue une source de financement majeure. Les revenus de la drogue dans les pays du sahel servent essentiellement à financer le terrorisme », nous a-t-il confié.

Soutenu par la volonté politique des plus hautes autorités, l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) ne cessent de mettre hors d’état de nuire ces trafiquants par des opérations coup ou de saisies assez régulières.

Disons-le tout net, la situation est suffisamment grave pour mettre en avant l’adversité politique au détriment de l’intérêt général face à ce péril majeur pour le Niger qu’est le trafic de drogue. Il faudrait plutôt s’indigner de voir parler de la drogue au Niger comme en Colombie même si justement la drogue forte est destinée à l’extérieur comme l’atteste l’affaire Mohamed Sidi Mohamed en question.

Si tant est que les uns et les autres sont d’accord qu’il faut combattre ce fléau alors pourquoi ne pas plaider que la police nationale ait davantage de moyens de répression de ce trafic à la hauteur des technologies idoines dans ce domaine ?

A notre humble avis, le moment est à l’union sacrée, ce sursaut national pour accompagner la police nationale à traquer les narcotrafiquants quels qu’ils soient.  Il faudrait par conséquent prendre très au sérieux ce phénomène comme une réelle menace à notre sécurité nationale. Avec cet argent facile et la pauvreté ambiante, autant dire que les terroristes ont plus d’un argument pour recruter des jeunes vulnérables. Au nom du Niger, évitons donc de faire le jeu des narcotrafiquants !

EMS et Abdoul Aziz Moussa

 

Niger Inter

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